Altermondes, revue de solidarité internationale : dossier colonies en Palestine, l'Europe au pied du mur

Publié le par dan29000

 

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  Nos lecteurs habituels connaissent bien la revue trimestrielle Altermondes. Un des grands intérêts de ce périodique est toujours son dossier central passant un sujet au scanner. Le choix de traiter un sujet délicat, celui des colonies en Palestine et de la responsabilité de l'Europe, ne pouvait que nous motiver à jeter de nouveau un coup de projecteur sur cette revue de solidarité internationale.

 

  L'une des caractéristiques de la question des colonies israéliennes en territoires palestiniens est sa persistance à l'accroissement depuis la guerre de 1967. Et cela au mépris du droit international. Un seul chiffre parle : 500 000 colons y sont aujourd'hui installés !


  Donc un tel dossier tombe particulièrement bien, d'autant que l'on ne peut que constater la grande frilosité des médias français sur ce sujet, en dehors de la presse militante. Deux temps pour ce dossier, d'abord une sorte d'état des lieux de cette colonisation, avec une carte de la Cisjordanie mettant en évidence les zones sous contrôle israélien, les zones territoriales des colonies, la ligne verte et le fameux mur existant ou en projet. Tout ceci entraînant l'asphyxie de l'économie palestinienne. Autre constatation, l'incohérence profonde de l'Union européenne, peu avare en déclarations fortes, comme devant le Conseil de sécurité de l'ONU fin 2011 "Toute activité de colonisation, y compris à Jérusalem-Est, doit cesser immédiatement."


  Certes. Et ensuite ?


  Et ensuite rien... On ne peut que songer alors aux liens commerciaux étroits entre l'UE et Israël, mais est-ce suffisant pour tout expliquer ?

Dans la seconde partie du dossier se pose avec logique, la question des solutions pour résister à cette colonisation qui semble sans fin prévisible. Un entretien avec Nicole Kiil-Nielsen, eurodéputée EELV, à propos de la bataille contre l'ACAA, protocole technique relatif à l'évaluation de la conformité des produits industriels qui va permettre une intensification des relations commerciales entre UE et Israël.


  Autre combat à mener, celui des étiquettes des produits issus des colonies. En droit international, ces colonies implantées dans les territoires occupés ne font pas partie d'Israël, et pourtant sont estampillés "Fabriqués en Israël". En Grande-Bretagne, les consommateurs ont exigé la transparence et ont remporté la bataille. Exemple à suivre. Autre entretien, celui avec Imen Habib, animatrice de la campagne BDS-France et l'exemple du groupe France Telecom qui continue à ne pas vraiment prendre ses responsabilités avec 176 antennes et relais érigés sur des terres confisquées par l'armé israélienne et les colons.


  Enfin un appel à signer issu de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine rappelant que la principale menace contre un futur État palestinien sont les colonies et que la France doit interdire les produits qui y sont fabriqués.

 

  Au-delà de ce copieux dossier, les femmes en Colombie, le règne de l'impunité au Guatemala, un beau reportage sur le cinéma à Fleury-Mérogis, et un très beau portrait d'une femme discriminée mais déterminée, Julia Ramos, quechua, qui fut ministre des terres et du développement rural dans le gouvernement d'Evo Morales et qui revient maintenant dans le mouvement associatif. Une résistance comme nous les aimons.


Dan 29000

 

 

Altermondes

Revue trimestrielle de solidarité internationale

N° 33, 5 euros, 52 p

Dossier : Colonies en Palestine, l'Europe au pied du mur



Dossier réalisé en partenariat avec la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), et le CCFD-Terre Solidaire.

 

Voir le site de la revue


 

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L'EDITO DE  DAVID ELOY, REDACTEUR EN CHEF

 

Edito - N’est-ce pas, Gérard ?

 



« J’ai un passeport russe, mais je suis français et j’aurai certainement la double nationalité belge  ». L’actualité française de ce début d’année a été marquée par les frasques de Gérard Depardieu, le plus célèbre exilé fiscal de France. Mais au-delà du caractère pathétique de l’affaire et du mépris éhontément affiché à l’encontre des démocrates russes, cet épisode interroge aussi sur la question de la citoyenneté. Qu’est-ce qui fait de nous le citoyen d’un pays, dès lors que, par convenance personnelle (et avec un bras un peu plus long que celui des autres), on peut « choisir » le ou les pays dont on désire « acquérir » (les mots sont lourds de sens) la citoyenneté ?

Dans l’interview qu’elle nous a accordée, l’eurodéputée Marie-Christine Vergiat nous le rappelle : « le citoyen est celui qui agit sur les affaires de la cité, qui participe à la vie politique, sociale, associative… La citoyenneté est aussi sociale ». On ne saurait être plus clair. Et, on se demande alors ce qu’attendent les États comme la France pour reconnaître enfin la citoyenneté de résidence et permettre aux résidents étrangers, qui participent pleinement aux affaires de la cité, d’avoir enfin le droit de vote.

L’Union européenne a décidé de consacrer 2013 Année européenne des citoyens. Pour la Commission, « Mieux les Européennes et les Européens connaîtront leurs droits en tant que citoyens de l’Union européenne, plus ils pourront prendre des décisions en toute connaissance de cause […], plus la démocratie sera riche  ». Le refrain est connu, seriné par les politiques trop réfractaires à la démocratie participative ou délibérative : les citoyens ne comprennent pas, prenons le temps de leur expliquer. Et pourquoi pas l’inverse ? Peut-être est-ce le moment approprié, avant les prochaines échéances électorales, d’interpeller les politiques européens, de leur demander d’expliquer, en effet, pourquoi, par exemple, la politique européenne vis-à-vis d’Israël est si complaisante, au détriment des droits de la population palestinienne ? Et si, comme le prétend Gérard Depardieu, « la politique, c’est beaucoup plus compliqué » [1], si les élus ont peur de ne pas trouver les mots, qu’ils gardent confiance : les citoyens peuvent les y aider. C’est un peu ça le sens de la démocratie, n’est-ce pas Gérard ?


Par David Eloy, rédacteur en chef

Notes

[1] Parole tenue à l’encontre de ceux qui prétendent critiquer la politique de Vladimir Poutine.

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