Altermondes, revue de solidarité internationale, le numéro 26

Publié le par dan29000

 

 

 

altermondes.jpg

  Pour ce numéro en vente durant tout l'été, la revue de solidarité internationale "Altermondes" nous propose un gros plan sur le Burkina Faso en relation avec le Festival Lafi Bala, qui en juin dernier, vient de fêter les vingt ans de coopération décentralisée entre les villes de Chambéry et de Ouahigouya. Reportage et entretien avec Cheick O.Kambou, étudiant en Lettres Modernes à Ouagadougou, un des membres d'un jury citoyen, bel outil de démocratie participative.

Malgré de graves tensions sociales, le Burkina Faso ne fait pas la une de l'actualité, ce qui rend encore plus intéressant ces quelques pages. Avec notamment un regard pertinent sur l'expérience enrichissante de deux associations de Ouagadougou qui permirent à des villageois de Perkouan, paysans et ouvriers ensemble, de se former à l'écriture audiovisuelle.

"La société civile est mature et organisée" confie à Bastien Laigle, Moïse Napon, président du Secrétariat permanent des ONG (SPONG), plateforme nationale des ONG.

 

Mais aussi, la Malaisie, avec une interview, hélas un peu brève, de Raja Petra Kamarudin (alias RPK), le blogueur le plus populaire du pays, qui vit aujourd'hui  en exil après avoir connu la prison près de deux mois sans procès. Son site "Malaysia Today" a souvent plus de visiteurs que la plupart des journaux malaisiens.

Ou encore une belle note de lecture signée par le sociologue Razmig Keucheyan sur "Une stratégie alermondialiste", aux éditions de la découverte, de Gustave Massiah, économiste et membre du conseil international du Forum social mondial. Manifestement un livre à lire séance tenante.

 

Et toujours la belle rubrique "Le monde en mouvements", du Sénégal au Cambodge, en passant par le Paraguay et un nécessaire coup de projecteur sur le poète Javier Sicilia, lié au mouvement national contre la violence au Mexique.

 

Mais à son habitude la revue nous offre un copieux dossier ici consacré à la justice pénale, l'histoire en marche :

 

Trois mouvements pour tout savoir sur la justice pénale internationale, en quatre articles chacun.

David Eloy, rédacteur en chef de la revue, nous rappelle que l'idée de justice internationale prit forme en 1998 avec l'adoption du Statut de Rome qui porta création de la Cour pénale internationale. L'impunité trouvait alors, un peu, ses limites. En janvier 2011 114 Etats sont parties au Statut de Rome, mais hélas les grandes puissances en sont absentes, Chine, Etat-Unis, Inde, Russie et Israël. On comprend facilement pourquoi.

Un retour utile sur l'épisode Pinochet arrêté à Londres, et sur la France, patrie de l'impunité organisée depuis 2010 où une loi impose aux juges des conditions invraisemblables pour poursuivre des personnes soupçonnées de crimes graves. (Entretien avec Simon Foreman, président de la coalition française pour la cour pénale internationale, CFCPI).

Plusieurs questions judicieuses dans ce dossier :

Y aura-t-il une fin à l'impunité des puissants ?

Le franquisme sera-t-il jugé ?

Les personnes morales seront-elles un jour responsables ?

Quelle coopération avec les Etats ?

Rappelons qu'à ce jour, il existe six tribunaux mixtes : Bosnie-Herzégovine, Cambodge, Kosovo, Liban, Sierra Leone et enfin Timor oriental.

 

En fin de revue, un entretien avec le romancier sénégalais Boubacar Boris Diop, auteur de "Murambi, le livre des ossements", écrit quatre ans après le génocide des Tutsis. Son livre vient d'être réédité chez Zulma. Rendre justice aux victimes et aussi dénoncer la sinistre politique africaine de la France au Rwanda demeurant une priorité.


Extrait :

"Ce qui me rend le plus malheureux, c'est de voir combien les gens n'ont pas les yeux ouverts. Je souhaite au monde que les victimes ne soient plus complices à ce point de leur aliénation et de leur assujetissement."


Boubacar Boris Diop

 

 

Dan29000

 

=================================================================================

JUSTICE PENALE INTERNATIONALE : 

Dossier réalisé en partenariat avec l’ACAT, Amnesty France, Avocats sans Frontières France, la Coalition française pour la Cour pénale internationale, la FIDH, Sherpa et le Syndicat de la Magistrature.

 

 

A lire aussi, un hors série (Numéro 11), un grand dossier intitulé :

 

altermondes-2.jpgSCIENCES ET DEMOCRATIE, UN MARIAGE DE RAISON

Trois parties :


Au cœur de la recherche

Le Sud a-t-il son mot à dire ?

Science et société : renouer le dialogue

 

52 pages, 5 euros

 

 

 

POUR VOUS ABONNER, c'est ICI

 

Où se procurer ALTERMONDES en librairies, voir ICI

 

 

=========================================

L'EDITO

 

La volonté de notre temps

 



Par David Eloy, Rédacteur en chef d’Altermondes.

 


Quand nous avons décidé de consacrer le dossier de notre numéro de juin à la justice pénale internationale, il y a de cela plus de six mois, nous ne pouvions imaginer à quel point cette question se retrouverait au coeur de l’actualité, de toutes les actualités. Il faut dire que nous ne choisissions pas la facilité pour un numéro d’été. Et pourtant. Le 27 février, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait, à l’unanimité, une résolution demandant que soit saisie la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes commis en Libye par le régime de Mouammar Kadhafi. Le 3 mai, le président ivoirien, nouvellement en poste, Alassane Ouattara, écrivait à la CPI pour demander que « les personnes portant la responsabilité pénale la plus lourde pour [les crimes commis en Côte d’Ivoire] soient identifiées, poursuivies et traduites devant la CPI  ». La série continue (nous nous garderons évidemment de parler de tous les procès en cours). Le 26 mai, Ratko Mladic, surnommé le « Boucher des Balkans », tenu pour responsable du pire massacre commis sur le territoire européen depuis la Seconde guerre mondiale, était arrêté après seize ans de cavale.
La Fontaine nous aurait gratifié d’un sage « Patience et longueur de temps / Font mieux que force ni que rage » (Le lion et le rat). Certes. Et ce ne sont pas les acteurs des sociétés civiles, notamment les défenseurs des droits humains – Amnesty international fête cette année ses 50 ans –, qui diront le contraire, eux qui, envers et contre tout, restent mobilisés pour que l’humanité progresse sur la voie de la justice et de la solidarité. Mais nous préférerons de loin ce mois-ci nous inscrire dans le sillage de Robert Badinter qui déclarait à l’occasion de la création de la Cour pénale internationale : « La fin de l’impunité pour les gouvernants criminels est une volonté de notre temps et pas seulement une espérance ». Une volonté de notre temps qui trouve une heureuse résonance dans l’admirable mobilisation du printemps arabe et dans le mouvement des indignés en Europe… Là aussi, il y a plus de six mois, personne n’y aurait cru. Mais est-ce là le plus important ?


Publié dans lectures

Commenter cet article