Alternatives : Digital backyards : créer, partager, agir...en réseau

Publié le par dan29000

Créer, partager, agir... en réseau

 

L’Internet est un –aussi– un monde d’idéalistes. Dans ses recoins, les digital backyards comme les a appelés la Berliner Gazette qui organisait la première conférence du nom, du 18 au 20 octobre dernier à Berlin, dans ses recoins donc, plus ou moins exposés, toutes sortes d’organisations développent des projets pour un monde meilleur, et pour le bien commun. Deux journées d’ateliers et une de débats publics ont ainsi rassemblé journalistes, blogueurs, chercheurs, développeurs... pour défricher les nouvelles formes d’organisation sociale du partage des connaissances. Au delà de Google et Facebook.

 

 

Un atelier. Un atelier. © Andi Weiland / berlinergazette.de

La première journée avait pour thème «Intensifier la coopération» et j’ai participé à l’atelier «Digital media for social impact», que chacun traduira à sa convenance. Notre première conclusion fut la contestation de cet intitulé. Non pas un impact mais des impacts à nos actions en ligne, rangés en trois catégories: virtuels (restant sur le réseau), réels (avec des conséquences dans le monde physique ou IRL, in real life), et institutionnels (avec des effets sur l’organisation de la société). Sur Internet, trois catégories d’impacts ont été dégagées: la naissance ou le développement de réseaux, de mutualisation des connaissances; la visualisation des informations, des structures, des réseaux, encore eux; et enfin l’action.

Comment créer un bon réseau? Le consensus se fait sur la transparence, l’ergonomie (facilité d’utilisation), l’indépendance, la possibilité de le faire croître son réseau mais aussi de le resserrer si besoin. Il faut aussi positionner son réseau : avoir la bonne technologie ne suffira pas si ses utilisateurs restent trop peu nombreux – une question qui dépasse le web, quels outils pour quels objectifs? Enfin, comment le succès sera-t-il mesuré? Exemples.



Ushahidi.com

Ushahidi signifie témoignage en swahili. Le site a été développé au début de l’année 2008 au Kenya, après les émeutes qui ont suivi l’élection présidentielle, afin de répertorier et cartographier les violences. Ushahidi propose aujourd’hui un outil –gratuit– permettant d’agréger des informations envoyées par SMS, par mail ou autres canaux (Twitter). Un exemple: https://womenundersiegesyria.crowdmap.com/ tente de répertorier les violences sexuelles contre les femmes en Syrie et produit une carte interactive.

Diaspora

Le réseau social Diaspora est pensé comme une alternative non commerciale (et open source) à Facebook. C’est-à-dire un réseau qui vous laisse l’entière propriété de vos données –vos messages, vos photos...– et n’en tire pas profit. Et enfin c’est un réseau décentralisé: vous pouvez créer le vôtre, et l’héberger sur vos propres serveurs. Bref, c’est plein de réseaux, en fait. En voilà un où s’inscrire.

Mundraub
Particulièrement développé en Allemagne, d’où il est originaire, mais aussi dans l’est de l’Europe et avec quelques pousses en Grande-Bretagne, en France et ailleurs, Mundraub est un réseau spécialisé – et non pas un outil pour créer un réseau – qui cartographie les fruits (les vrais... pommes, poires, pêches, abricots..., mûres, noisettes...) disponibles à la cueillette. Partage de données, partage de récolte.


Secushare
Pourquoi acceptons-nous de communiquer, dialoguer, par mail, sur Facebook ou ailleurs, de façon non sécurisée? C’est-à-dire avec des outils dont la confidentialité est quasi-nulle, que les pouvoirs publics puissent y avoir accès, ou les géants du Web tels Facebook et Google. Secushare propose des solutions pour discuter en paix et se fonde sur huit principes, dont voici le premier: « Mises à jour, commentaires, publications, messages, documents et dialogues ne sont visibles que par leurs destinataires (et pas par les administrateurs des serveurs ou des outils)».


Tactical Tech
Transformer l’information en action: c’est la devise de l’ONG Tactical Tech qui défend la liberté de chacun à s’informer et à s’exprimer dans un objectif de progrès social. Tactical tech propose également une aide concrète, sur le terrain: par exemple dans cette construction d’une cartographie des violences sexuelles envers les prostitués en Inde. Apprendre aux journalistes à sécuriser leurs communications, protéger les opposants dans les pays non-démocratiques (voir le projet Security in a box (en français) développé en partenariat avec la Fondation Internationale pour la protection des défenseurs des droits humains) ... ou encore aider chacun à prendre conscience de la trace qu’il laisse en ligne. Testez la vôtre avec Me and My shadow et apprenez par exemple à supprimer les meta-données (heure, lieu...) cachées dans les photos que vous publiez.


Fuck for Forest
Pour ceux qui ne sont pas jaloux de leur vie très privée... Fuck for forest rassemble photos et vidéos faites maison pour la préservation de la nature. Ils disent avoir recueilli plus de 250.000 euros.

A suivre, les nouvelles pratiques dans les médias

 

 

 

SOURCE / MEDIAPART

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