Alternatives : Le revenu de base ou la fin de l'association entre travail et revenu

Publié le par dan29000

Le revenu de base ou la fin d'une association entre TRAVAIL et REVENU

La société capitaliste et productiviste a fondé tous ses outils et ses modèles économiques sur la seule croissance infinie de la richesse. Cette erreur fondamentale, point de départ de toutes les théories économiques de notre société est démontrée aujourd’hui par plusieurs faits indiscutables : d’une part une richesse infinie dans un monde fini est impossible, d’autre part, la sur-monétisation de nos échanges mène notre société vers des déséquilibres économiques et écologiques. En ce sens qu’il ne suffit pas de détenir un moyen d’échange pour décréter pouvoir échanger quelque chose qui n’existe pas.

Eclairés par les dérives d’une économie mondialisée et de moins en moins maîtrisable, notre nouvelle vision du monde exige de redéfinir les contours de nos moyens d’échanges. En ré-affirmant avant toute autre chose, que la monnaie, l’argent, est un moyen d’échange et non une fin en soi.

Il s’agit donc ici de penser et d’inventer un nouveau modèle économique qui intègrerait la finitude du monde et donc de nos ressources tout en favorisant l’équilibre et l’équité social ne notre société.    Ce nouveau modèle économique fonde ses bases sur une limitation des richesses matérielles et de ce fait sur une quantité limitée du moyen d’ échange de ces biens matériels.

En effet, une fois actée la finitude du monde dans lequel s’inscrit notre système d’échange, il suffit, pour mieux définir ce nouveau modèle, d’une simple transposition dans tout autre système physique nous obligeant à penser en circuit fermé et non plus, comme c’est le cas aujourd’hui, dans une économie constamment en croissance.

Ce modèle économique induit, de ce fait, une redéfinition des contours des différentes sphères d’échanges. La co-existence au sein d’une même sphère d’échange de bien matériels finis et de valeurs immatérielles infinies comme les droits d’auteurs, les oeuvres d’art ou même la simple connaissance (création de richesses infinie) sont autant de déséquilibres économiques que de dérives écologiques possibles. En envisageant une séparation entre les échanges matériels et les échanges immatériels, le nouveau modèle économique permet une meilleure appréciation de la limitation de nos ressources et remet à sa place la valeur immatérielle qui, le plus souvent, pourra s’échanger gratuitement (Wikipédia, logiciel libre...). Ces valeurs immatérielles restant indispensable à notre évolution, la seule croissance encore possible pour nous etant celle qui ne nuit pas à notre environnement à savoir, la conscience, la connaissance.

Ce nouveau modèle économique affirme la limitation de la richesse individuelle et inscrit la richesse globale dans une limitation liée aux ressources matérielles. La limitation individuelle permettant une meilleure circulation et une meilleure répartition des richesses sans déséquilibre de valeur au sein de la richesse globale.

Enfin, ce modèle économique affirme qu’une société épanouie et entièrement apaisée base ses échanges sur le don plus que sur l’échange monétisé.  Ainsi, il affirme que la quantité de monnaie est inversement proportionnelle à l’équilibre social et écologique de nos échanges. Sans prétendre à une société sans monnaie, il affirme, qu’à satisfaction équivalente, il est indispensable de faire décroître la quantité de monnaie au sein de nos échanges.

Bien sûr, ce nouveau modèle économique ne peut s’inscrire que dans une nouvelle définition du travail et de sa finalité au sein de notre société. Le travail, comme seule base de création de richesse reste incompatible avec la finitude de nos ressources.  Si aujourd’hui, seul le travail nous donne le droit d’échanger il est aussi démontré que notre travail est aussi la source d’épuisement de nos ressources. 

Ainsi, paradoxalement, si le REVENU DE BASE ne limite pas la richesse individuelle mais en défini plutot un seuil minimum inconditionnel, il pourrait cependant créer ce qu'il manque au sein du système d'échange actuel : le droit universel et inconditionnel à échanger. Inscrit dans ce nouveau modèle économique, il serait la clé pour sortir de l'association qui est faite entre le travail et le revenu. Une première étape vers un nouveau paradigme économique.

A suivre

 

 

SOURCE / MEDIAPART

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