AMACCA...Mais c'est quoi ?

Publié le par dan29000

Ce projet est avant tout un projet de développement d’un nouveau modèle économique.

Au-delà, ce dispositif porte en lui les articulations d’une transformation en terme de pratique sociale et culturelle, en terme de politique culturelle, en terme de valeur et de fonction accordée à la culture. Dans un réseau d’AMACCA la culture est avant tout au service de la démocratie et de la citoyenneté active. Nous verrons que la dynamique est mutuelle, que la démocratie et la citoyenneté active sont aussi au service de ce réseau.

Nous pouvons considérer les AMACCA comme un nouveau bien commun à créer tous ensemble.

Ce modèle économique est viable quelque soit le niveau d’ implication des collectivités territoriales et des entreprises ; c’est l’une des singularités du réseau AMACCA qui s’inscrit dans le champs éthique de l’économie sociale et solidaire.
Réseau AMACCA
Associations pour le Maintien des Alternatives en matière de Culture et de Création Artistique.

Une préfiguration d’organisation sociale alternative, en résonance avec des attentes et des besoins grandissants

Le dispositif socio-économique « AMACCA » est un vecteur de solidarité et d’émancipation sociale à vocation culturelle, constitué en réseau de pôles locaux de diffusion et de création, au service de l’intérêt général. L’AMACCA se donne les moyens financiers de promouvoir la création artistique et la diffusion de cultures alternatives avec des professionnels aujourd’hui écartés ou éloignés des circuits marchands ou institutionnels. Le « concept AMACCA » articule deux passerelles : celle qui relie le citoyen au spectacle vivant, aux artistes, et celle qui relie le citoyen aux chercheurs, à la science, aux observateurs et penseurs de ce monde. Ces passerelles sont là pour reconnaître à tous ce droit fondamental : l’accès à la culture.

Quelques points déterminants
Pôle de diffusion : Organisation de rencontres citoyennes : spectacles, conférences, débats ...
Pôle de création : Soutien à la création artistique à travers l’apport de moyen de production de spectacle et de promotion dans et hors réseau.
Synergie associative : ces pôles constituent des points d’appui (compétences humaine, moyen de communication, équipements divers) sur lesquels la vie associative alternative locale peut s’adosser pour accroître son potentiel en terme d’échange, d’organisation et d’action.

Financement : le micro mécénat

Majoritairement financé par le micro mécénat de « citoyens-spectateurs-producteurs », les AMACCA, constituées en associations loi 1901 et elles mêmes constituées en micro réseau peuvent aussi solliciter le secteur des entreprises locales ou les collectivités territoriales à partir du moment où leur totale indépendance est respectée.

Information et développement

Pour constituer le maillage d’un tel réseau de diffusion, les organisations citoyennes existantes seront sollicitées, invitées à relayer l’information et à accompagner la naissance des premières AMACCA. Ainsi, une AMACCA peut être initiée avec une quinzaine de personnes, et atteindre sa pleine maturité avec 200 à 250 personnes pour un réel rayonnement local. Des associations existantes peuvent trouver un second souffle en se transformant en AMACCA. Un pôle de création peut être porté par une ou plusieurs AMACCA. Une Fédération d’AMACCA est souhaitable pour envisager l’action en terme d’aménagement du territoire, ou pour mutualiser des moyens et coordonner certaines actions de plus grande ampleur.

Partage, démocratie, créativité : Un objectif en soi

Démarchandiser la culture pour la mettre à portée de tous, lui rendre son statut de bien commun. Soutenir les lanceurs d’alerte et autres sentinelles de notre démocratie en leur offrant une tribune. Encourager l’émergence de nouvelles pratiques sociales et économiques, de nouveaux choix de vie en toute connaissance et conscience.
Après les AMAP… les AMACCA

Peut-on croire que la révolution de nos modes de vie ne sera pas consécutive aux déplacements de nos références culturelles ?

Présentation d’un moyen pour les citoyens de se réapproprier une liberté d’initiative en dehors des logiques inadaptées du marché, des aléas électoraux, en dehors des desideratas de potentats locaux, en dehors d’une politique culturelle publique aux marges de manoeuvres contenues elle aussi par l’idéologie économique dominante. Participer au développement des AMACCA c’est vivre une expérience culturelle mais aussi vivre la culture de l’expérimentation sociale. Le défi est passionnant. culture équitable écologie arts information économie solidaire éthique citoyenneté.

Un instrument financier démultiplicateur

En Août 2003, une loi sur le mécénat culturel a été votée avec entre autre la possibilité pour le particulier imposable d’être mécène : chaque fois qu’une personne donne 3 €, l’état lui en rend 2 (défiscalisation) ; elle n’a donc dépensé réellement qu’ 1 € (34% du don exactement) mais en a donné 3 à l’association.

Il serait dommage de négliger un outil de cette importance. Cette loi permet d’infléchir les déviances ou les déficits de notre démocratie en termes de politique culturelle et de politique d’information.

Vous choisissez comment une partie de votre impôt sera utilisé.

Lorsque vous achetez une place de spectacle vous n’apportez pas au producteur ou à l’organisateur trois fois plus que ce que vous dépensez réellement ; c’est toute la différence, et c’est justement ce qui est décisif en terme de faisabilité pour initier ce type de projet culturel d’intérêt général.

Avec des citoyens constitués en réseau de groupes de spectateurs mécènes (micro mécénat), authentiques consom’acteurs de culture, une véritable pratique culturelle ouverte peut renaître en toute indépendance. Ainsi l’AMACCA devient un outil très fonctionnel au service de l’émancipation de tous.

Des citoyens « spect’acteurs » qui s’emparent des politiques culturelles et en deviennent les financeurs

Observons quel champ des possibles s’ouvre à nous :

Sur une zone géographique qui reste locale, prenons un périmètre d’environ 20 à 30 kms (variable en fonction de la densité de population) et sur cette zone recherchons une base de 200 mécènes qui acceptent de dépenser 51 € /an (pour un mécénat à hauteur de 150 €), soit 1 € par semaine.

Libre à celui qui en a les moyens de proposer davantage. Libre aussi à des entreprises et à des commerces locaux de participer pleinement à cette vie sociale. Sur cette base : 200 pers. / 1€ réel par semaine (post défiscalisation) = budget annuel de 30 000 € .

Cela représente un budget qui permet de proposer publiquement et de façon réellement accessible à tous (voire gratuitement) une qualité de programmation de spectacles et de conférences en cohérence avec les questions sensibles de notre temps.

Cela permet de relier expressions artistiques, culture générale, informations et démocratie.

De nombreux chercheurs tirent la sonnette d’alarme, les lobbys industriels tiennent les médias, AMACCA doit pouvoir offrir à ces témoins une tribune pour s’adresser à la population. Nous devons tous avoir accès à de nouvelles logiques de pensées, pouvoir découvrir les nouveaux savoirs ou redécouvrir des fondamentaux oubliés. Ceux qui prétendaient penser à notre place ne pensent manifestement pas comme nous. Citoyens-spectateurs, lanceurs d’alertes, artistes, chercheurs, journalistes, sociologues… unissons nous, devenons acteurs de notre propre politique culturelle, de notre propre information, de notre propre évolution et finalement d’une démocratie encore plus démocratique.

Amorcer un processus de démarchandisation de la culture

Ainsi avec 200 personnes, ce sont 5 soirées concerts-conférences + une participation à un forum social annuel départemental ou régional qui deviennent réalisables (un forum devient envisageable dès que plusieurs pôles locaux sont créés). Un tel budget permet un fonctionnement économique sain : aide à la création (répétitions rémunérées au moins en partie), sonorisation et éclairage réalisé par des professionnels, et surtout bonne communication et respect de la législation en vigueur en terme d’assurance, de salaires, de cotisations diverses et de sécurité, tout en libérant les organisateurs de l’angoisse financière tellement destructrice d’initiative (le marché libre ne garantit rien, la solidarité économique garantit des moyens)- Il s’agit bien d’amorcer un processus de « démarchandisation » de la culture.

Complètement enseveli sous un déluge d’informations diverses, l’homme contemporain devra sa survie à sa manière d’en dégager l’essentiel, de résister aux entreprises de séduction, aux promesses illusoires. Une autre forme de tri selectif.
Source : ECO-SOL-BREST
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