Amy Winehouse, back to black, rejoint le club des 27

Publié le par dan29000

 

Amy_winehouse.jpg«Back To Black», la passion selon Amy

Par Stéphanie BINET

 

«They tried to make me go to rehab and I said no no no». Cette phrase qui débute le deuxième album d’Amy Winehouse aura fait son succès, sa réputation mais aussi son malheur, et peut-être son épitaphe (Ils ont essayé de m’envoyer en cure, et j’ai dit non non non, ndlr).

C’est par ce refrain qu’on la découvre en France en mars 2007. Produit par l’Américain Mark Ronson, Back to Black est l’album qui révèle cette chanteuse à la voix, un brin éraillée et en pleine tourmente amoureuse. Cet album, c’est celui qu’elle écrit pour s’éviter la cure de désintoxication, et pour tenter de récupérer son homme, Blake Fielder Civil, un pilier de bistrot comme elle, rencontré dans une de ces salles de billard du quartier de Camden à Londres, qu’elle affectionnait particulièrement. Elle ne lui raconte pas d’histoire dès le deuxième morceau You know I’m no good et lui raconte qu’un autre l’attend déjà : «Je t’ai dit que je n’étais que des problèmes/Tu sais que je suis mauvaise/En haut, dans mon lit, il y a mon ex/Il est en place, mais il ne peut pas me satisfaire/ Quand il finit par jouir, moi c’est à toi que je pense.» La batterie sonne hip hop.

Ce morceau, elle le chantait déjà sur l’album More Fish de Ghostface Killah, membre du Wu Tang Clan, un an plus tôt. Les cuivres rappellent la soul des labels du Sud des Etats Unis, Stax et Hi Records, dans les années 60. L’effet dub en fin de morceau, l’ambiance de Brixton.

Pour sa reprise  de Me and Miss Jones, elle rend ringard en deux trois mouvements la roucoulerie de Billy Paul, la masculinise et la pimente de quelques «fuckeries». Après un ska jamaïcain Just Friends et un jazz-blues sombre «Back to Black, Amy Winehouse finit par avouer que, de toute manière, «l’amour est un jeu perdu d’avance».

Jamais une chanteuse contemporaine, de Lauryn Hill à Macy Gray en passant par Sade – ne parlons même pas des chanteuses R&B, Beyoncé et Alicia Keys – n’aura chanté avec autant de constance, d’intensité et de modernité sur un album entier les affres de la passion et de l’amour destructeur.

Avant de s’entêter à 24 ans pour un petit macho immature, apparemment aussi turbulent qu’elle, la voix et les textes culottés de cette jeune Juive du Nord de Londres avait déjà fait des émules dans les salles de billards de Camden avec son premier album Frank, produit par Salaam Remi en 2003. A cette époque, Amy Winehouse avait encore les joues bien remplies, fumaient des cigarettes roulées moins mauvaises pour son emphysème pulmonaire que les pipes de crack, et acceptait que ses vieux amants puissent la plaquer comme elle le chantait dans You sent me flying.

Si seulement, Amy était allée en cure un peu plus tôt. Les fans auraient perdu juste un tube Rehab mais aurait gardé cette grande auteur-interprète, un peu plus longtemps, pour les accompagner dans leurs chagrins d’amour.

 

 

 

 

 

 

Amy Winehouse au Panthéon des artistes morts à 27 ans

Par Eric LORET

Au XIXe siècle, les rock stars mouraient à 37 ans. Par exemple Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Rimbaud. Au XXe et désormais au XXIe siècle, le chiffre magique est 27, sans qu’on sache pourquoi. C’est comme pour la chute des cheveux chez les mecs, il y a des âges précis: 25 ou 40.

Amy Winehouse rejoint donc le club prestigieux des «27». Le fondateur en est Brian Jones, guitariste des Rolling Stones, en 1969, alors qu’il tente de faire le sous-marin dans sa piscine. Jaloux de ce succès, Jim Morrison des Doors lui emboîte le pas en juillet 71, par overdose, tandis que Jimi Hendrix attend l’automne pour s’étouffer aux barbituriques, suivi de près par Janis Joplin qui fait à son tour l’héroïne sur l’autel des 27.

Puis c’est la panne de recrutement. La faute au changement de crèmerie. Les années 70 et 80 carburent à la coke, avec laquelle on devient riche et adoré des foules (par exemple Bowie). Il faut donc attendre 1994 pour que Kurt Cobain de Nirvana se suicide à 27 ans. On note une baisse significative dans la qualité du miracle puisque les fondateurs du club mouraient à 27 ans par hasard alors que les deux derniers arrivés ont carrément forcé le destin. Les plus valeureux sont, si l’on en croit les listes fournies par wikipédia, les rappeurs Stretch, Fat Pat et Freaky Tah, tués par balle au même âge. Mais deux autres (peu connus) du club des 27 réussissent à passer l’arme à gauche dans des accidents d’avion : quel snobisme.

 

 

Sources : libération

Publié dans musiques

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