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Polémique autour d'une intervention musclée de la gendarmerie contre des manifestants

LEMONDE.FR |

 

 

Une vidéo montrant un gradé de la gendarmerie faisant usage de gaz lacrymogène contre des manifestants apparemment inoffensifs à Anduze (Gard) circule sur internet et sème l'émoi dans la gendarmerie. Mis en ligne le 23 janvier, le document totalise plus de 85 000 vues ce mercredi 2 février et a été cité par le Canard enchaîné.

 

 

 

 

 



Joints par Le Monde.fr, un élu PS présent sur place et une source proche de la gendarmerie donnent des versions divergentes. Des négociations avaient eu lieu entre le gendarme qui gaze les manifestants et les élus, avant l'incident.

La direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) a indiqué mercredi à l'AFP n'avoir "aucun commentaire à faire pour l'instant" sur cette vidéo. Elle a précisé "qu'à ce jour (mercredi) il n'y a pas d'enquête disciplinaire engagée" contre ce gradé. Joint par Le Monde.fr, une source proche de la gendarmerie précise "qu'une enquête est en cours concernant les dégradations" - notamment des "jets de pierre" - survenues au cours des heurts qui ont suivi l'utilisation des gaz lacrymogènes.

Contactée par Le Monde.fr, la gendarmerie d'Anduze renvoie vers l'échelon supérieur, la gendarmerie d'Alès. La gendarmerie d'Alès, dirigée par le commandant Frédéric Warion, le gendarme que l'on voit dans la vidéo faire usage de gaz lacrymogène, "ne communique pas", précisant que la décision est départementale.

VERSIONS DIVERGENTES

Joint par Le Monde.fr, Alain Beaud, président de la communauté de communes d'Anduze et maire PS de Saint-Sébastien d'Aigrefeuille, présent en tête de cortège, raconte : "Notre manifestation était motivée par le fait que le président de l'agglomération voisine - le député-maire UMP d'Alès Max Roustan - souhaitait débuter ses voeux chez nous, en empruntant le train à vapeur des Cévennes, un de nos fleurons. Parce que notre communauté de communes fait l'objet de tentatives de rattachement de sa part, cela a été vécu comme une provocation."

"Nous n'avions pas d'intention d'empêcher le départ du train, simplement de le retarder de quelques minutes", affirme Alain Beaud, qui précise l'avoir dit au commandant Frédéric Warion, avec lequel il négociait. "Quand le délai se serait écoulé, nous avions convenu qu'il me prenne par le bras et qu'on s'écarterait. Mais subitement, il s'est mis à nous gazer."

Joint par Le Monde.fr,  une source proche de la gendarmerie confirme les négociations mais précise : "Au lieu de rester cinq minutes et de partir, comme prévu, des manifestants se sont assis, se sont tenus par les bras... Certains avaient clairement une volonté différente de celle des élus, qui n'ont pas su maîtriser et se sont fait dépasser. Parmi les manifestants, il n'y avait pas que des défenseurs de la communauté de communes. Dans le train, il y avait une vingtaine d'élus, qui étaient attendus par du public à la salle des fêtes de Saint-Jean du Gard. Par ailleurs, la locomotive, qui est classée monument historique, a été dégradée par des jets de pierres."

"LES RUSHES CHEZ UN HUISSIER"

De source proche de la DGGN, on a précisé à l'AFP que cette vidéo était "sans aucun doute parcellaire" et que la "manifestation n'était pas aussi pacifiste qu'on veut bien le dire ou le montrer".

Joint par Le Monde.fr, Alain Beaud, de la communauté de communes d'Anduze, réplique à la DGGN : "Il n'y a eu absolument aucune violence ou dégradation de la part des manifestants, avant l'intervention des gendarmes." Il reconnaît que quelques jets de pierre ont eu lieu mais affirme que le train a commencé presque tout de suite à avancer, lentement, créant un sentiment de panique chez les manifestants.

Joint par Le Monde.fr, le réalisateur de la vidéo ajoute : "J'ai déposé les rushes chez un huissier, via un avocat. Ils sont à la disposition de la justice." Ce retraité, vidéaste amateur et blogueur, se défend d'avoir fait des coupes qui cachent des éléments importants : "Il y a au total une vingtaine de minutes de bande, j'ai coupé parce que c'est trop long mais il n'y a rien qui permette de tricher ou qui montre de violences quelconques." Il reconnaît être un opposant au rattachement de la communauté de communes d'Anduze mais nie que les manifestants ont bafoué le "deal" passé avec la police : "Quand le gendarme s'est mis à arroser, tout le monde a été surpris, même certains gendarmes." Interrogé sur la présence potentielle de fauteurs de trouble en plus des défenseurs de "la 2c2a vivra", il "n'en a pas vu" : "C'était plus une kermesse qu'une manif et on voit qu'il n'y a pas eu de provocations."

L'incident a suscité des vives protestations des élus locaux. Mais aussi sur des blogs et sites de gendarmes — tenus en tant que militaires à un strict devoir de réserve. Sa publication sur le forum Gendarmes et citoyens, dans lequel des militaires et des connaisseurs interviennent, a suscité 120 commentaires, souvent très sévères envers les gendarmes visibles dans la vidéo : "Si c'est vrai, j'aurais honte d'être ce gendarme", écrit le major à la retraite qui a lancé le fil de discussion.
Alexandre Piquard


Tag(s) : #actualités

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