Anna Calvi : envoûtant premier CD et concert à Paris

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

CONCERT A PARIS LE 08 FEVRIER / COMPLET

 

 

 

anna.jpgInterview : Anna Calvi

Rarement chanteuse à texte aura bénéficié d’une telle ascension en si peu de temps dans le monde du rock. Non pas qu’Anna Calvi et la musique soient devenues amies récemment - elle joue et étudie la note bleue depuis son plus jeune age – mais, début 2010, elle était encore parfaitement inconnue sur notre territoire et à peine reconnue outre-Manche. On lit, ici et là, que c’est au cours d’un tout premier concert Londonien que la belle Anna Calvi fit forte impression par ses envolées vocales d’une puissance toute maîtrisée, accompagnée d’un duo minimaliste mais imposant sa marque de fabrique sur chaque mesure.


Depuis, Anna dont le talent est inversement proportionnel à la taille, fait la une des magazines et sites spécialisés qui voient en elle la digne héritière d’une PJ Harvey avec laquelle elle partage une fantasmagorique sensualité vocale. La plus Française des artistes Anglaises du moment – Anna confesse avoir vocalisé des années durant sur Edith Piaf – nous a surpris et submergés sur sa magnifique et inattendue reprise de Jezebel du grand Charles Azanavour. C’est donc avec beaucoup d’impatience que j’attends, un verre à la main dans ce nouveau café de l’angle du Père-Lachaise, Anna Calvi, on the rocks !

J’ai été d’une part surpris et d’autre part épaté par ta reprise et unique single à ce jour, Jezebel de Charles Aznavour. C'est un choix surprenant pour une chanteuse de ton âge ; pourquoi avoir repris ce morceau ?

J’ai toujours écouté la version d’Edith Piaf. Cette chanson dégage une force qui m’a toujours remué les tripes et c’est un titre vraiment intéressant dans sa construction.

Jezebel a été maintes fois reprises au cours des dernières décennies, de quelle version t'es-tu inspirée pour ton interprétation personnelle ?

J’ai surtout écouté la version d’Edith Piaf et celle de Frankie Laine (ndlr : chanteur à la Dario Moreno dans années 50/60).

Tu n'es pas encore très connue en dehors d’un cercle d’initié ; peux-tu nous en dire plus à ton sujet ? Comment es-tu venue à la musique ?

J’ai commencé le violon à six ans et la guitare électrique à huit. J’ai écouté du Jimmy Hendrix et j’ai trouvé ça tellement hallucinant que j’ai voulu faire comme lui. Je rejouais ces titres en déchiffrant sa musique. Puis, j’ai écrit ma première chanson à l’age de neuf ans. À force de pratique, je suis devenue guitariste dans des groupes. C’est plus tard que j’ai décidé de devenir chanteuse. Là aussi, j’ai écouté de grands chanteurs et chanteuses et j’ai répété les chansons d’Edith Piaf pendant des années, faisant des vocalises en cachette dans ma chambre. J'ai travaillé dur pour trouver ma voix. Une fois que j’y étais parvenue, j’ai décidé d’enregistrer mon premier album.

Quand as-tu réellement commencé ta carrière de chanteuse ?

Il y a cinq ans...

Et avant cela, quel était ton métier ?

J’avais la chance de pouvoir travailler à droite à gauche en tant que guitariste...

Tu as toujours été musicienne finalement !

Oui. Mais la musique ne m’a jamais bien nourrie. Je suis toujours extrêmement pauvre (rires) ! Mais ça va de mieux en mieux quand même.

Tout semble être allé très vite pour toi ces derniers mois, quel est ton ressenti sur ce sujet ?

Je n’ai pas l’impression que les choses soient allées si vite. Je suis dans une phase assez inconnue actuellement ; faire de la promotion n’est pas une chose à laquelle je suis habituée. C’est assez étrange.

Est ce que tu apprécies ce statut malgré tout ?

Certains artistes disent détester la célébrité ou le succès ; je ne dirais pas cela, même si je vis des situations nouvelles et étranges depuis quelques temps.

A t-il toujours été évident que tu deviendrais chanteuse et compositrice ? N'as-tu jamais pensé t'investir dans un groupe ?

J’ai fait partie de plusieurs groupes mais j’ai toujours été insatisfaite de leurs compositions car j’avais une forte vision de la musique que je voulais jouer et il m’était impossible de trouver mon espace créatif avec d'autres personnes. J’ai donc vite su qu’il fallait que je chante seule et que je fasse mon chemin.

Sur scène, tu n'as que deux musiciens à tes cotés. Pourquoi ce choix minimaliste ?

En tant que musicienne, j’aime avoir des frontières et même des handicaps. C’est un bon travail de recherche et d’inspiration que de devoir faire sonner un morceau joué par trois personnes comme si un orchestre était derrière ou au contraire, de rendre la chanson très intimiste. Ça me pousse à travailler dur pour être toujours meilleure comme guitariste ou chanteuse et occuper la scène et l’auditoire. J’aime également l’espace dans ma musique et c’est toujours plus difficile d’aérer des chansons. Cela peut te rendre paresseux quand elles sont jouées par de nombreux musiciens. Nous ne sommes pas nombreux sur scène mais toutes les notes et tous les éléments du groupe sont très importants. Ainsi que la façon dont j’écris ou arrange mes compositions. Il n’y a là que le nécessaire à ma musique, pas le superflu.

Mally Harpaz, qui joue de l’harmonium à tes côtés, tient un rôle très important dans ton histoire. Peux-tu m'en dire plus ?

Elle est une de mes plus proches amies depuis des années et je fais autant confiance à son amitié qu’à ses talents de musicienne. Elle fait partie de ces rares personnes capables de tout lâcher quand elles jouent, à être vraies et spontanées sur scène sans se soucier du reste. Je pense que la conjugaison de notre amitié et de nos talents donne quelque chose de très bon. C’est une personne avec qui j’aimerais collaborer longtemps...

Sans vouloir tomber dans des clichés trop souvent servis, on te compare volontiers à PJ Harvey et même à Jeff Buckley ; que penses-tu de ces choix ?

J’adore ces deux artistes. En particulier Jeff Buckley, mais je pense qu’il n’y a qu’une PJ Harvey, qu’un Jeff Buckley et qu’une Anna Calvi. La comparaison, aussi flatteuse soit elle, n’est pas une référence parlante pour moi.

D’où viennent tes influences, tes inspirations musicales ?

Quand j’étais enfant, le premier artiste à m’avoir marquée était David Bowie. Puis, vers seize ans, je me suis intéressée au Flamenco, puis à la musique Indienne via Ravi Shankar, à la musique d’Afrique de l’Ouest, mais aussi Nick Cave & The Bad Seeds. En fait, je suis intéressée par tous les styles de musique !

A propos de Nick Cave (Anna assurait la première partie des Grinderman en 2010), il fait partie de ces personnages qui ont joué un rôle important dans ta carrière, au même titre que Bill Ryder-Jones de The Coral ou Brian Eno pour ne citer qu’eux. Qu’as-tu appris ou ressenti auprès de ces grands artistes ?

Ce sont de grands musiciens qui jouent des compositions complexes et très bien écrites dans un style qui n’appartient qu’à eux. Être une « petite » artiste féminine à leurs cotés m’a beaucoup appris, notamment sur comment faire sortir la masculinité de mes propres compositions.

Est ce qu’un deuxième album est déjà en route ?

Oui. J’ai commencé à penser et à écrire de nouveaux textes et de nouvelles compositions. Mais ce ne sont que des idées jetées en l’air pour le moment. Ce ne sera pas un album avant une année, je pense.

Sais-tu qu'il existe un festival de musique en France qui se déroule en Corse et qui se nomme Calvi On The Rocks ?

Oui, il faudrait vraiment qu’on joue là-bas un jour (rires) ! Et mon père étant Italien, je ne serais pas trop dépaysée...
Date :
06.01.2011
Source : SOUND OF VIOLENCE
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Anna Calvi performs "Love Won't Be Leaving" at The Luminaire in Kilburn, London.

Filmed and edited by
Poppie Sköld
Video Portrait Artist
www.poppieskold.com

www.myspace.com/annacalvi





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