Anti G20 : appel pour des actions décentralisées du 1er au 6 novembre

Publié le par dan29000

[Anti-G20] Ami-e-s pas encore rencontré-es, des campagnes et des villes, de France et d’ailleurs

En 2011 la France accueille et préside les sommets des G8 et G20. Le prochain sommet du G20 aura lieu à Cannes début novembre. Ces réunions sont des moments symboliques où une poignée infâme de dirigeants véreux se réunit, s’organise, et se goinfre de toast en peaufinant les règles économiques et politiques asservissantes entre deux coupes de champagne millésimé.

Qu’ils sont beaux leurs sommets, leur cénacles confinés dans des périmètres quadrillés par la police, surveillés par les snipers, désertés par leurs habitants, reléguant celles et ceux qui rêvent d’un autre monde derrière un infranchissable cordon policier ! Ils sont à l’image du monde qu’ils entendent établir. Un monde où des dirigeants concentrent entre leurs mains le pouvoir économique et politique qui devrait être entre celles de toutes et tous.

De nombreuses militant-es, réuni-es à Dijon en novembre 2010, ont fait le choix d’appeler à de nouvelles formes de contestation. L’appel de Dijon proposait de ne pas aller à Deauville pour le sommet du G8 en avril 2011 et de privilégier des actions décentralisées, partout, contre le contrôle social et le système capitaliste, contre l’État et le marché. Ne pas se rendre au lieu dit ne veut pas dire tolérer, céder, subir ce qui s’y décide. Nos villes, nos bourgs, nos campagnes sont saturés de banques, d’assurance et d’instruments de la répression étatique, commissariats, prisons, écoles, hôpitaux psychiatriques… Le pouvoir qui nous aliène est partout, il étale dans chacune de nos localités son intolérable domination.

Plus que jamais nous avons marre de ce rapport gestionnaire au monde et du règne de l’argent.  Nous entrevoyons des possibilités de résistance et d’auto-organisation dans les étincelles émeutières et les luttes durables qui partout sapent le système.

Bien qu’étouffée, canalisée, prise dans les mailles de la répression, la colère existe et gronde.

Nous avons entendu, de par la Terre, des frères mexicains appeler à garder les terres, à ne pas se vendre, à rester digne. Ils on déclaré guerre à l’État qui les opprime. Nous avons entendu l’écho des soulèvements arabes, l’espoir d’un changement, le signal d’un basculement.

Pendant que certain.e.s, en Europe, occupaient des places, se réappropriaient leurs villes en redonnant un sens au politique, d’autres faisaient tomber les dictatures, créant par le soulèvement l’ébauche d’un devenir révolutionnaire.

Cependant rien n’est fini et si les gouvernants et les financiers de la planète se serrent les coudes face à la colère qui monte, face à la faillite de leurs régimes, nous devons nous aussi nous unir, partout, pour enfin les renverser définitivement.

Quand, dans Londres agitée par le mouvement des étudiants, des actions sont coordonnées pour occuper toute la ville au même moment, il y a un signal fort. Quand, il y a quelques mois ce sont ces mêmes quartiers qui se soulèvent suite à une bavure policière et renversent le rapport de force économique en pillant en masse les grandes surfaces, il y a brèche. Quand en Grèce, le peuple se révolte contre un système financier et refuse d’abdiquer face au FMI, il nous invite à intensifier la lutte.

De partout, des braises étincelaient, les fumées mêmes mince annonçaient l’alerte d’un feu latent, des nouvelles qui nous annonçaient que nous n’étions pas seul-e-s…

Parce qu’il ne nous paraît pas nécessaire de se déplacer jusqu’à Nice pour exprimer son refus du g20, nous appelons celles et ceux qui le souhaitent à s’organiser localement. Les cibles sont multiples, les façon de les attaquer nombreuses, quand nous en parlons, cela prend des nuits.

Nous savons que nous ne partons pas de rien, que nombreux sont ceux qui tentent d’œuvrer chaque jour pour améliorer leur paysage et nous savons des poches de résistances existent.

Se réunir permet de se le rappeler. C’est dans cette optique qu’en juillet 2011 s’est tenu un village autogéré long (pour coordonner les luttes contre le G8 et le G20) sur la ZAD (Zone À Défendre), là où Vinci et le Conseil Général projettent de bétonner 2000 hectares de bocage pour construire un deuxième aéroport, au nord de Nantes.  Là où, comme ailleurs, l’État et les multinationales ravagent les paysages, les territoires et les rapports sociaux.

Après 40 ans de lutte, rien n’est fini.

Ce moment de rencontre a permis de faire le lien entre contestation globale du système économique et un territoire local en lutte.

La ZAD est un espace occupé où expérimentation d’alternatives et actions directes contre le capitalisme industriel se conjuguent pour produire une lutte transversale, anticapitaliste et anti-autoritaire. Une lutte comme celles que nous voudrions voir éclore partout afin de construire un mouvement international capable de renverser l’orde établi. Il faut dès maintenant créer des lieux de résistance, défendre, renforcer et élargir ceux déjà existants, développer nos pratiques autonomes, renforcer nos réseaux.

Ce n’est pas seulement du g8 et du g20 dont nous ne voulons plus, c’est de leur monde autoritaire tout entier, et du quotidien qui va avec !

Pour stopper la machine à détruire qu’est le système industriel capitaliste, nous appelons tous les rouages que nous sommes, à sauter en marche et à venir cultiver une autre vie. Où que nous soyons il y a des Zones à Défendre, des terres à se réapproprier, des lieux à occuper, organisons-nous pour les convertir en Zones d’Autonomie Définitive !

 

METTRE EN PLACE DES ACTIONS DÉCENTRALISÉES


Agissons ensemble pendant la semaine du G20, du 1er au 6 novembre 2011


Laissons libre cours à notre imagination pour investir l’espace public !


Qu’apparaissent partout des points d’infos sur les luttes existantes !


Occupons des lieux de pouvoir politique (mairie, parlement, commissions, universités, écoles…), de pouvoir économique (banques, entreprises, supermarché, lieux de travail), de pouvoir médiatique (sièges de journaux, irruption dans les journaux télé, émissions radio). Faisons de ces lieux qui nous dressent des lieux d’où se dresser contre leur autorité, attaquons-les là où ils sont, faisons-leur ressentir notre colère ! Attaquons directement les entreprises les plus destructrices dans tous les secteurs, aménagement du territoire, BTP, banques et finance, sécurité, les cibles apparaissent évidentes : Vinci, Bouygues, Unilever, Bolloré, Areva, Monsanto, Pioneer, BNP, agences de notation, et une multitude d’autres entreprises près de chez vous !

 

RENFORCER LES ZONES À DÉFENDRE EXISTANTES, c’est refuser les projets d’aménagement qui bétonnent au nom du profit, créer des espaces autonomes non marchands, solidaires.

Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes c’est à partir du 20 octobre 2011 qu’une partie des lieux sont expulsables. Depuis le camp Action Climat de 2009 la lutte autochtone est renforcée par un mouvement de réappropriation et d’occupation de terrains et de maisons. Ce sont 2000 hectares à squatter, un territoire à défendre, où intensifier la lutte, multiplier les expériences alternatives pour ébranler la fatalité de ce crevard d’ordre des choses.

Dans le Val de Suse, c’est toute une vallée qui se soulève contre le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon Turin qui détruirait l’écosystème en enrichissant les vautours. Malgré le classement de la zone comme insurrectionnelle et donc l’envoi de l’armée, les résistant-es ont refusé de quitter le terrain, le déclarant territoire autonome. Lorsque l’État italien s’est efforcé de stigmatiser  la violence de certain-es c’est tous uni-es qu’ils et elles ont défilé pour dire « Nous sommes tous des Black Block » ! La mobilisation internationale a été forte mais il ne faut pas qu’elle retombe !

L’autoroute que construit Vinci entre Moscou et Saint-Pétersbourg saccage entre autres, à Khimki, la dernière forêt moscovite. Noyé dans la corruption, ce projet d’expansion urbanistique s’impose aux habitant-es et n’avance qu’à coup de violence policière contre les opposant-es. Le campement de résistance installé dans la forêt a été la cible d’attaques, ne les laissons pas faire, renforçons la lutte et la solidarité internationale !

Quelques exemples de zones de luttes devenues visibles parmi bien d’autres existantes et à venir, à rejoindre et à construire.

 

CRÉER DES ZONES D’AUTONOMIES DÉFINITIVES


Leur système n’est pas aménageable, c’est dès maintenant qu’il faut en sortir, refuser leur logique consumériste et mettre en place des pratiques autonomes ! Unissons-nous, organisons-nous ensemble, pour que ces espaces autonomes ne soient pas des fins en soi mais bien des outils concrets pour nous désaliéner et entrevoir d’autres façons de fonctionner !

Il ne s’agit pas de s’y enfermer, d’en faire des îlots d’en dehors d’un monde devenu inhabitable mais plutôt de tisser des liens, de développer des savoirs et des moyens de les transmettre afin de saboter par nos modes de vies le fonctionnement du système existant. En parallèle des pillages de supermarchés des villes, il faut s’organiser pour agrandir les terres potagères. Face à la prise d’otages des chefs d’États, créons des assemblées populaires décisionnelles, par quartiers, par villes.

Restons ouverts, et à l’écoute. Soyons de plus en plus nombreux contre le règne de l’argent, contre les inégalités pour la Justice (et non la défense de leur ordre social) pour la paix (et non la pacification à coup de flics et avec 11 % du PIB pour le budget de l’armée), pour la responsabilisation de chacun, pour la propriété d’usage, pour la fin de toutes les formes d’esclavage, pour la fin de la propagande d’État, contre ses prisons et autres centres au fonctionnement carcéral (jusqu’aux écoles), pour la liberté, pour la curiosité, pour la nature à laquelle nous appartenons, pour la vie, à tâtons.

 

Nous ne détruisons pas pour l’amour des ruines, mais pour la beauté des chemins qui pourraient les traverser. Avant qu’il ne soit trop tard, que l’on soit tous fichés et vendables, qu’il n’y ait plus de terres disponibles, que nos villes deviennent nos prisons, faisons changer la peur de camp ! La fatalité n’existe pas !

Réseau NoG,
des occupant-e-s de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes,
des individu-e-s d’ici et d’ailleurs

 

N’hésitez pas à vous emparer de cet appel, à le signer, le faire tourner !

Pour nous contacter, faire remonter les infos sur les actions décentralisées.

Des sites où s’informer :
- gzero.info (réseau NoG)
- zad.nadir.org (le site d’opposant-e-s de la ZAD de NDDL)
- notav.info (pour les infos sur le Val de Suse)
- khimkibattle.org
- stopvinci.noblogs.org (campagne anti-Vinci)
- et bien sûr les Indymedia !!!

 

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