Argenteuil : décès d'Ali Ziri, la vérité se rapproche de la police

Publié le par dan29000

CP-Partout-copie-1.jpgMort d’Ali Ziri : la thèse de la bavure policière se précise


L’histoire était racontée ici-même le 21 novembre 2009. Le 9 juin 2009, Ali Ziri  un Algérien âgé de 69, se trouvait à bord d’un véhicule conduit par son ami Arezki Kerfali, 61 ans, quand tous deux ont été arrêtés, sortis de la voiture, menottés, et, à en croire le témoignage de ce dernier, frappés. D’après lui, ce sont ces coups qui sont à l’origine de la mort de son ami Ali Ziri, décédé un peu plus tard à l’hôpital. L’enquête avait dans un premier temps été confiée au commissariat d’Argenteuil où exercent les policiers mis en cause par ce récit, et une première autopsie avait écarté tout décès consécutif à un traumatisme (Le Parisien ). Le 24 juin à Argenteuil, une marche pacifique devait réunir plus d’un millier de personnes.

A l’époque, le parquet n’avait pas souhaité donner suite à cette affaire, puisqu’il n’y avait « pas de suspicion de bavure ». Selon le procureur adjoint, « l’autopsie de monsieur Ali Ziri exclut que la cause du décès puisse résulter d’un traumatisme, et conclut qu’elle est due au mauvais état de son cœur ». (Le Nouvel Observateur ). Lire également l’article de Luc Bronner dans Le Monde du 12 septembre “Itinéraire d’un vieil immigré algérien, mort après une interpellation musclée”.

Marine Vlahovic révèle aujourd’hui sur France Info qu’un rapport « accablant » de la commission nationale de déontologie de la sécurité relance la thèse de la bavure policière.

L’explication de première autopsie (crise cardiaque due à un fort taux d’alcoolémie) est mise à mal par une autre expertise. Les médecins, qui ont de nouveau examiné le corps du retraité, découvrent de nombreux hématomes. 27 au total recensés sur le corps d’Ali Ziri. Certains sont très importants. Certains parlent déjà de bavure policière.

Cette hypothèse est renforcée par un rapport de la commission nationale de déontologie de sécurité. Selon ce rapport, le traitement reçu par Ali Ziri après son arrestation a été particulièrement violent. Les images de vidéo surveillance le montrent. On y voit en effet Ali Ziri être expulsé du véhicule de police, jeté au sol, menotté, allongé par terre la tête dans le vomi.

La commission nationale de déontologie réclame des sanctions contre les policiers visibles sur la vidéo. L’instruction du dossier Ali Ziri est toujours en cours. Arezki Kerfali doit quant à lui comparaître devant le tribunal en 2011 pour outrage à agent.

Source : Le Monde

 

Pour plus de précisions sur les exactions policières dans cette affaire, on peut lire aussi :

 

Argenteuil : un retraité de 69 ans décède suite à son interpellation par la police

 

Argenteuil : Ali Ziri décédé suite à un tabassage policier en juin, une instruction enfin ouverte  

 

Argenteuil / Vérité et justice pour Ali Ziri / Rassemblement  

 

Et aussi LIBERATION. FR

 

Un homme de 69 ans, décédé en 2009, victime d'«un traitement inhumain» de la part de policiers

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a demandé «des poursuites disciplinaires» à l’encontre de policiers qui avaient arrêté, il y a un an dans le Val-d’Oise, un Algérien de 69 ans, décédé à l’hôpital quelques heures après.

Ali Ziri, un retraité qui vivait en Algérie mais revenait régulièrement en France, et son ami Arezki Kerfali avaient été arrêtés à Argenteuil le 9 juin 2009 à bord d’un véhicule conduit par ce dernier, qui effectuait des embardées.

Dans un avis du 17 mai 2010, révélé par France Info et consulté par l’AFP, la Commission conclut que M. Ziri, qui avait 2,40 grammes d’alcool par litre de sang, «ne représentait aucun danger, ni pour lui-même ni pour la dizaine de fonctionnaires présents» lorsqu’il est arrivé au commissariat à 20h46, menotté dans le dos et assis à l’arrière d’un véhicule de police.

«La précipitation et la violence» avec lesquelles il a été extrait de cette voiture «étaient disproportionnées et constituent un traitement inhumain et dégradant», estime-t-elle.
Le visage dans leurs vomissures

Elle demande donc l’engagement de «poursuite disciplinaires» contre les policiers l’ayant extrait du véhicule, ainsi que «contre ceux qui ont laissé deux hommes, âgés respectivement de 60 et 69 ans, menottés dans le dos, allongés au sol (au commissariat), le visage dans leurs vomissures, pendant environ une heure, sans réagir».

Les deux amis ont été transportés vers 22 heures à l’hôpital d’Argenteuil, où M. Ziri est décédé le lendemain matin.

La CNDS, qui avait été saisie par la sénatrice Alima Boumediene-Thiery (Verts), a pu visionner l’enregistrement vidéo réalisé par une caméra de surveillance au commissariat d’Argenteuil. La sénatrice s’est félicitée de l’avis de la CNDS.

Selon les policiers, entendus par la Commission, les deux hommes se seraient «énervés» et les auraient «insultés à plusieurs reprises». Ils «contestent (leur) avoir porté des coups».

Une première autopsie de M. Ziri avait écarté tout décès consécutif à un traumatisme, mais une deuxième avait relevé plusieurs traces d’hématomes.




 

Source : Libération 

Publié dans actualités

Commenter cet article