Arte : la bataille d'Alger, un film de Gillo Pontecorvo de 1965

Publié le par dan29000

lundi 12 mars 2012


20:35

La bataille d'Alger

Une reconstitution spectaculaire des luttes qui opposèrent le FLN à l'armée française, tournée trois ans après la fin de la guerre d'Algérie.

bataillelundi, 12 mars 2012 à 20:35

Rediffusions :
Pas de rediffusion
La bataille d'Alger
(Italie, Algerie, 1965, 116mn)
ARTE F
Réalisateur: Gillo Pontecorvo
Scénariste: Franco Solinas
Image: Marcello Gatti
Musique: Ennio Morricone, Gillo Pontecorvo
Montage: Mario Morra, Mario Serandrei
Acteur: Brahim Haggiag, Jean Martin, Yacef Saadi, Samia Kerbash, Ugo Paletti, Fawzia El Kader
Production: Casbah, Igor Films
Producteur: Antonio Musu, Yacef Saadi

N & B Malentendant 16 / 9

Une reconstitution spectaculaire des luttes qui opposèrent le FLN à l'armée française, tournée trois ans après la fin de la guerre d'Algérie. Un film interdit à l'époque en France et censuré jusqu'en 2003...


1957. Un Algérien se remet péniblement des tortures que lui ont infligées des paras, à qui il a révélé l'adresse du chef de son réseau, Ali la Pointe. Ce dernier est bientôt assiégé dans sa planque. Quelques années auparavant, en 1954, Ali, qui n'est encore qu'un petit truand de la casbah, s'engage dans le mouvement indépendantiste. C'est Omar, un enfant messager du FLN, qui lui explique sa première mission : tuer un policier français. Mais il ne sait pas encore que le pistolet qu'on lui a confié n'est pas chargé et que sa mission n'est qu'un test pour éprouver sa détermination et sa loyauté...

L'Histoire en marche
"Je crois plus à la capacité du FLN à vaincre la France qu'à celle de la France à s'opposer à la marche de l'histoire." Ces mots prononcés par le chef de réseau Ben M'hidi expriment bien le point de vue de Pontecorvo, à savoir que l'indépendance était inévitable. Son film, tourné à peine trois ans après la fin de la guerre, n'est pas un acte militant, mais bien un travail d'histoire, une tentative d'élucidation de cette guerre totale qu'ont été les "événements d'Algérie". Le début du film nous remet dans la situation du spectateur de 1965 : une séance de torture vient d'avoir lieu. Comment en est-on arrivé là ? Le film multiplie les points de vue, ponctuant le récit de communiqués du FLN et des contre-feux de l'État français (couvre-feu, répression des grèves...), pour décrire l'inexorable mouvement qui change des femmes en terroristes, des civils en cibles, des soldats en bourreaux. Si le cinéaste compose son film en historien attentif, il filme l'irruption de la violence en humaniste horrifié. La caméra nous fait ainsi partager l'angoisse et le désarroi d'une poseuse de bombe pour ensuite regarder en face ces vies qui vont être fauchées... Au-delà de la barbarie, des emprisonnements et des assassinats qui ont inéluctablement marqué cette guerre, c'est  la naissance de tout un peuple que filme Pontecorvo. Notamment lors de certaines scènes de manifestations de 1960, comme celle où une fumée blanche envahit le cadre et un policier français s'écrie : "Rentrez chez vous !". En guise de réponse, des voix s'élèvent : "La liberté ! Vive l'Algérie !" et une foule transperce le rideau de fumée... Toute une histoire en marche.
Interdit en 1966 en France, La bataille d'Alger connut une brève sortie en 1971 pour être aussitôt retiré des écrans. En 2003, il est projeté au Pentagone sous administration Bush comme "exemple" de la torture en temps de guerre, et connaît en raison de la polémique une ressortie triomphale aux États-Unis. Il retrouve les salles françaises en 2004, à Cannes puis lors d'une sortie nationale.

 

 

Source  /  ARTE

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