Arte mercredi : Mike Leigh, Black power mixtape, Hunger, une belle soirée politique

Publié le par dan29000

20:40

All or nothing

Le quotidien difficile d'une famille dans une banlieue déshéritée de Londres. À la fois chronique sociale et drame familial, une oeuvre pleine d'humanité signée Mike Leigh.

ARD / © ARD/Degeto

mercredi, 4 avril 2012 à 20:40

Rediffusions :
Pas de rediffusion
All or nothing
(Royaume Uni , France, 2002, 123mn)
ARD
Réalisateur: Mike Leigh
Scénariste: Mike Leigh
Image: Dick Pope
Musique: Andrew Dickson
Montage: Lesley Walker
Acteur: Timothy Spall, Lesley Manville, Alison Garland, James Corden, Ruth Sheen, Paul Jesson
Production: Les Films Alain Sarde, StudioCanal, Thin Man Films
Producteur: Simon Channing Williams, Alain Sarde

Stéréo 16 / 9 Version multilingue HD natif

Le quotidien difficile d'une famille dans une banlieue déshéritée de Londres. À la fois chronique sociale et drame familial, une oeuvre pleine d'humanité signée Mike Leigh.

Penny, caissière dans un supermarché, est mariée à Phil, un chauffeur de taxi. Rory, leur fils obèse et chômeur, passe ses journées à regarder la télévision en se gavant de nourriture tandis que Rachel, leur fille grassouillette, fait le ménage dans une maison de retraite. La famille vit dans une banlieue déshéritée de Londres au rythme de la misère et des tracas ordinaires, des silences et des explosions d'agressivité. Jusqu'au jour où Rory fait une crise cardiaque...

Dignité
Figure de proue du cinéma social britannique, Mike Leigh (Secrets et mensonges) dépeint ici le morne quotidien des classes populaires. Phil, cheveux gras et regard désabusé, est obligé de grappiller quelques pièces ici et là pour payer le loyer de son taxi. Penny, qui supporte tant bien que mal les sautes d'humeur de son rejeton, s'exaspère de la mollesse de son mari. Autour d'eux, des personnages secondaires tout aussi désespérés (une voisine alcoolique, une jeune fille enceinte par accident...) complètent ce tableau authentique et implacable de la solitude des laissés-pour-compte. Mais au-delà de la chronique sociale parsemée de notes d'humour, Mike Leigh explore les tréfonds de l'âme humaine pour redonner à ses personnages la dignité qui leur avait été enlevée.

22:45

The black power mixtape

La société afro-américaine de 1967 à 1976

ZDF / © Göran Hugo Olsson/Story

mercredi, 4 avril 2012 à 22:45

Rediffusions :
09.04.2012 à 11:00
The black power mixtape
(Etats-Unis, Suede, Norvege, 2011, 58mn)
ZDF
Réalisateur: Göran Hugo Olsson

VOST Stéréo 16 / 9 HD natif

Une chronique du mouvement des droits civiques vu à travers les yeux de journalistes suédois entre 1967 et 1972, et des célébrités contemporaines influencées par le Black Power.

De 1967 à 1972, des équipes de télévision suédoises se sont intéressées au mouvement des droits civiques aux États-Unis. Du quotidien d'une famille noire qui manque de tout au désespoir des habitants de Harlem après les assassinats de Martin Luther King et Bob Kennedy, d'un discours de Bobby Seal au procès très médiatisé de l'égérie des Black Panthers Angela Davis, ces journalistes ont relayé le soulèvement de la population afro-américaine en tentant d'en comprendre les causes. Ils ont approché les grands leaders du Black Power lors de prises de positions publiques, mais aussi dans l'intimité. Dans une séquence particulièrement forte, Stokely Carmichael interviewe sa maman, qui raconte la misère et les discriminations. Dans un autre entretien d'une franchise stupéfiante, Angela Davis, interrogée depuis sa prison sur l'usage de la violence, s'emporte contre le journaliste avant d'évoquer son enfance, marquée par les meurtres raciaux et la possession vitale d'armes pour se défendre.

Mosaïque visuelle
Göran Hugo Olsson a exhumé les rushes en 16mm de la télévision suédoise pour composer une mosaïque visuelle d'une richesse saisissante, complétée par des témoignages et des anecdotes en voix off de personnalités célèbres comme Erykah Badu, Harry Belafonte ou Angela Davis elle-même. Sorti en salles dans sa version longue (de 1967 à 1975), ce documentaire, rythmé par la musique de Questlove, ressuscite la période charnière durant laquelle s'est forgée l'âme du Black Power et interroge son héritage à l'heure où l'Amérique a élu un président noir.

23:40

Hunger

Irlande du Nord, 1981. Davey Gillen vient d'être incarcéré à la prison de Maze...

ARD / © ARD/Degeto

mercredi, 4 avril 2012 à 23:40

Rediffusions :
10.04.2012 à 02:25
Hunger
(Royaume Uni , Irlande, 2008, 92mn)
ARD
Réalisateur: Steve McQueen
Scénariste: Steve McQueen, Enda Walsh
Image: Sean Bobbitt
Musique: Leo Abrahams, David Holmes
Montage: Joe Walker
Acteur: Michael Fassbender, Liam Cunningham, Stuart Graham, Laine Megaw, Brian Milligan, Liam McMahon
Production: Blast! Films
Producteur: Laura Hastings-Smith, Robin Gutch

VOST Stéréo 16 / 9 HD natif

En 1981, après l'échec de la grève de l'hygiène menée par les détenus de l'Armée républicaine irlandaise, leur leader Bobby Sands entame une grève de la faim. Une oeuvre coup-de-poing d'une beauté et d'une âpreté bouleversantes.

Irlande du Nord, 1981. Davey Gillen vient d'être incarcéré à la prison de Maze dans le quartier des prisonniers politiques de l'IRA. Comme ses frères d'armes, il refuse de porter l'uniforme des criminels de droit commun et rejoint la grève des couvertures et de l'hygiène : vêtus d'un simple pagne, les détenus renoncent à se laver et couvrent les murs de leurs cellules de nourriture et d'excréments pour protester contre leurs conditions d'internement et l'abolition du statut de prisonnier politique. Lorsque la direction finit par leur accorder un uniforme civil volontairement ridicule, Bobby Sands, le leader du mouvement, prend la décision d'entamer une grève de la faim.

Réalisme et onirisme
Steve McQueen s'attarde sur les couloirs inondés d'urine, les visages mangés par la barbe, les regards emplis de terreur et de détermination, les silences lourds de menaces. Mais le réalisme cru, parfois jusqu'à l'insoutenable, est atténué par des touches d'onirisme qui de l'horreur font surgir la grâce, à l'instar des murs maculés que l'on contemple comme des oeuvres d'art. Michael Fassbender livre une composition époustouflante, habitant de tout son être le personnage christique de Bobby Sands, dont la déchéance physique, à la fois répugnante et sublime, est filmée avec une intensité bouleversante. Quelle force d'esprit a-t-il fallu à cet homme et à ses camarades pour aller, au nom de leurs idéaux, au devant d'une mort programmée ? Récompensé par la Caméra d'or à Cannes, Steve McQueen signe une ode à la résistance radicale et magnifique.

SOURCE / ARTE

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