Arte : No pasaran, album souvenir, de Henri-François Imbert

Publié le par dan29000

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lundi 30 juillet 2012


01:25

No pasarán, album souvenir

Une méditation sur les camps et sur l'oubli, de la frontière sud de la France à Sangatte.

 

lundi, 30 juillet 2012 à 01:25


Rediffusions :
Pas de rediffusion
No pasarán, album souvenir
(Allemagne, 2003, 68mn)
WDR
Réalisateur: Henri-Francois Imbert

 


À partir d'une série de cartes postales sur les réfugiés espagnols de 1939, une méditation sur les camps et sur l'oubli, de la frontière sud de la France à Sangatte.


Au départ de ce film, il y a six cartes postales numérotées et légendées "jamais envoyées à personne" que Henri-François Imbert a découvertes lorsqu'il était enfant dans l'album-photo de ses grands-parents, au Boulou, dans les Pyrénées-Orientales. Éditées par l'entreprise Apa, sise à Albi, elles montrent différentes images de l'exode des républicains catalans qui viennent de franchir les Pyrénées, en février 1939, après la prise de Barcelone par les franquistes. Il s'agit d'une série incomplète, probablement réalisée par un "reporter volant", selon un héritier de la maison Apa, alors que la colonne de réfugiés vient de franchir la frontière, que les femmes et les enfants sont séparés des hommes et que ces derniers sont regroupés dans ce que la police et la presse nomment alors des "camps de concentration". En Allemagne, Dachau existe depuis six ans, mais on ne connaît pas encore en France la signification que les nazis donnent à cette expression...

 

Trous de mémoire


Henri-François Imbert possède l'art cinématographique de faire parler les images, d'en révéler la vérité, la beauté, la noirceur, et d'y saisir le passage du temps, à la manière d'un lent développement photographique. Ici, la quête ne part pas d'un fragment de film de famille (Sur la plage de Belfast) ni d'un souvenir d'enfance insistant et flou (Doulaye, une saison des pluies), mais de l'émouvant mystère dégagé par six clichés sépia. Une fascination qui s'exerce d'emblée, peut-être parce que les événements et leur violence, que l'on devine, contrastent si étrangement avec l'usage d'une carte postale. Tout en suivant la piste des séries "souvenirs", qu'il retrouve toujours plus nombreuses (vues des camps d'Argelès, de Gurs, de Bram, d'Amélie-sur-Mer...), le cinéaste scrute les paysages balnéaires avec le sentiment d'arpenter des lieux "qui n'existent plus", à la recherche d'une mémoire effacée. Et des Pyrénées à Mauthausen, où périrent des milliers de républicains espagnols livrés par la France, de la plage d'Argelès à celle de Sangatte, où des réfugiés afghans contemplent le rivage interdit de l'Angleterre, il restitue le sens de ces images éparses.


 

 

 

SOURCE / ARTE

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