Batasuna pour l'abandon des poursuites envers Aurore Martin sortie de la clandestinité

Publié le par dan29000

 

 

«Toutes les poursuites contre Aurore Martin doivent être abandonnées»


 

 

Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen émis par Madrid, la militante basque française Aurore Martin se cachait depuis le mois de décembre. Elle est sortie de la clandestinité ce samedi 18 juin à Biarritz lors d'un meeting contre le mandat d'arrêt européen.

Xabi Larralde, 41 ans, porte-parole de Batasuna, réagit. Entretien   

 

  


Aurore Martin fait aujourd'hui figure de symbole. Qu'incarne-t-elle selon vous  ? Notamment concernant l'application des mandats d'arrêt européens?

Xabi Larralde : Aujourd’hui en Pays Basque, avec les mesures d’illégalisation qui frappent encore des mouvements politiques, des structures associatives, des centaines de personnes sont incarcérées, poursuivies, voire torturées pour le seul fait de leur militance politique publique… Aurore Martin est un des symboles de cette répression. Il faut savoir que ces dernières années la France a utilisé le mandat d’arrêt européen pour extrader vers l’Espagne des dizaines et des dizaines de ces militants recherchés par Madrid pour des faits de nature strictement politique.

Comment faut-il interpréter l'important soutien, hors celui de la gauche abertzale, dont elle bénéficie?

Xabi Larralde : Avec Aurore Martin ce serait la première fois que la France extraderait ce qu’elle considère être une de ses «ressortissantes» vers l’Espagne au titre d’un militance politique légale au regard des lois de la République. Je crois qu’à l’unanimité l’opinion publique pense que c’est une décision tout à fait scandaleuse qui foule au pied des droits aussi importants que le droit d’association, la liberté d’expression.

Que vous inspire le résultat des listes de gauche abertzale lors des dernières élections municipales en Espagne ?

Xabi Larralde : La coalition Bildu a obtenu 22% des suffrages et se positionne comme la seconde force politique. Cela montre que notre projet indépendantiste de gauche, loin d’être marginal, est soutenu par une partie importante de l’électorat. Si on ajoute à cela les scores du PNV (nationalistes chrétiens-démocrates), la revendication d’un Pays Basque souverain apparaît comme étant soutenue par une large majorité des électeurs. Les tenants de l’unité de l’Espagne (PP et PSOE) sont minoritaires. C’est là que se situe le cœur du conflit politique en Pays Basque: une minorité impose le statu-quo et la négation de droits fondamentaux tels que celui de ses habitants à décider librement du type de statut politique dont ils désireraient se doter.

Au regard de ces résultats, que pensez-vous de la politique répressive menée contre Batasuna en Espagne ?

Xabi Larralde :
Ces résultats mettent en exergue la réalité du panorama politique basque et les racines d’un conflit politique qui sévit encore. En début d’année, l’ETA a décrété une trêve unilatérale et vérifiable. Nous-mêmes, Batasuna, nous nous sommes fermement engagés en faveur d’un processus strictement politique de dépassement du conflit. La balle est dans le camp des Etats espagnols et français: ils doivent poser les pas nécessaires au développement d’un processus démocratique de résolution du conflit. A court terme, cela suppose évidemment que toutes les options politiques puissent s’exprimer en totale liberté… A terme, cela impliquera également un accord politique concernant un droit démocratique des plus fondamentaux: celui des habitants du Pays Basque à décider librement de leur avenir politique et institutionnel.


Aurore Martin est poursuivi pour des actes de prise de parole lors d'un meeting pour lesquels elle ne serait pas inquiétée en France. Que pensez-vous de la position de la France dans la résolution du conflit au pays basque ?

Xabi Larralde : Un processus de résolution définitive du conflit est impossible sans la pleine participation de l’Etat français. Car celui-ci est d’abord partie prenante des expressions violentes du conflit. Un exemple: il y a aujourd’hui plus de 150 basques emprisonnés en France. Second exemple: un des derniers faits de «guerre sale» concerne l’enlèvement et la mort de Jon Anza, un militant de l’ETA dont on suppose qu’il est décédé des suites des tortures qu’il a subies. Cela c’est passé entre Bayonne et Toulouse, et nous considérons que les autorités françaises ont une lourde responsabilité dans cette affaire,… comme dans un certain nombre d’autres... Mais surtout, l’Etat français est partie prenant des causes du conflit : une partie du Pays Basque est sous son administration et ne bénéficie d’aucune reconnaissance politique ou culturelle. A telle enseigne que dans son dernier rapport sur la France, la commission des droits de l’Homme de l’ONU a dénoncé une position de négation totale des minorités nationales contraire au respect des droits de l’Homme et aux textes internationaux.

Aujourd'hui, à quelle réaction vous attendez vous de Madrid concernant Aurore Martin ?

Xabi Larralde : Les pratiques de la justice espagnole ressemblent tellement à celles d’une république bananière que l’on ne peut jamais présager de ses décisions… En l’occurrence, au regard des droits fondamentaux et de la situation politique actuelle, nous considérons que toutes les poursuites dont Aurore Martin fait l'objet devraient être abandonnées.

 

Source : Libération

 

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Mitsuko 19/06/2011 09:54



"Toutes les poursuites contre Aurore Martin doivent être abandonnées"  ... C'est plutôt de bonne augure, non ???


J'espère qu'elle sera bientôt libre et que la France va vraiment la soutenir, ce ne serait que justice ... J'espère vraiment pour elle que tout s'arrange
dans les meilleurs délais possible ...



dan29000 19/06/2011 10:30



Tout va surtout dépendre de la mobilisation populaire autour d'elle et dans la région, et meme plus largement, au-delà de son cas personnel c'est la remise en cause du mandat d'arrêt européen
qu'il faut dénoncer et combattre...