Autour du film Intouchables : présence et absence des Noirs dans le cinéma français

Publié le par dan29000

Présence (et absence) des Noirs dans le cinéma français (III)

23 décembre 2011

 

 


Le succès incroyable d’Intouchables (1) qui devrait, selon toute vraisemblance, atteindre prochainement les 15 millions d’entrées et donc se placer au troisième rang des plus grands succès du cinéma français (derrière Bienvenue chez les Ch’tis et La Grande Vadrouille) nous rappelle deux vérités essentielles concernant la place des Noirs dans le cinéma français : premièrement que les acteurs et actrices d’ascendance afro-antillaise sont « bankables » et tout à fait susceptibles d’emporter l’adhésion d’un large public français (blanc) contrairement à ce que laissent entendre nombre de producteurs qui rechignent encore à parier sur des premiers rôles noirs. Et deuxièmement que, malheureusement, les acteurs noirs français demeurent invariablement associés à des personnages stéréotypés (ici, le délinquant-de-banlieue). A titre d’exemple les Arabo-musulmans ne jouent pas systématiquement des rôles de « rebeu ». Il ne suffit pour s’en convaincre que d’évoquer la carrière de Rochdy Zem, lequel se voit plus souvent baptisé à l’écran Hugo, Paul ou Thomas que Messaoud, alors que dans le même temps les Afro-antillais ne se voient eux attribuer que des rôles de « blacks ». Ce qui nous renvoie encore et toujours à ce constat lucide formulé par le critique français Rodrig Antonio il y a déjà 25 ans : « au cinéma, un Noir n’est noir que lorsqu’il est montré par un cinéaste blanc » (2).

   Intouchables : un film raciste ?

 C’est un fait, la France a au moins trente ans de retard sur la « question noire » par rapport aux Etats-Unis. Pour avoir personnellement étudié ce thème au milieu des années 90 dans mon livre Images du Noir dans le cinéma américain blanc (1980-1995), je constate que nous sommes à peine ici au début d’un long processus de légitimation des Noirs dans le cinéma français, processus qui tarde d’ailleurs à démarrer. Et ce retard on le constate bien sûr dans la production mais aussi dans la réception. Les Français s’émerveillent de voir un acteur comme Omar Sy crever l’écran (un peu à la manière d’Eddie Murphy à sa grande époque au début des années 80) mais ne se soucient guère du fait que ce personnage relève d’un stéréotype grossier. Pire, en riant ils se donnent bonne conscience.

 

A ce titre, le point de vue américain sur Intouchables est très révélateur. En effet, selon Jay Weyssberg du magazine de référence Variety, le film ne serait rien moins que raciste : un récit « qui flirte avec un racisme digne de la Case de l’Oncle Tom, qu’on avait espéré ne plus jamais revoir sur les écrans américains ». Plus loin il considère que le personnage de Driss est « traité comme un singe de compagnie (avec toutes les insinuations racistes que comporte ce mot), qui apprend au blanc coincé à s’amuser, en remplaçant Vivaldi par Boogie Wonderland, et en lui montrant comment on bouge sur la piste de danse. C’est pénible de voir Sy, un acteur joyeusement charismatique, dans un rôle qui se détache à peine de l’époque de l’esclavage, dans lequel il divertit le maître blanc, en endossant tous les stéréotypes raciaux et de classe » (3). Mais pourquoi tant de haine ? Tout simplement parce que les Américains sont au fait de ces questions depuis longtemps et qu’aujourd’hui ils évitent autant que faire se peut de tomber dans la facilité des stéréotypes raciaux. D’ailleurs Intouchables rappelle à certains égards un film comme le Joujou (The Toy, R. Donner, 1982) – remake américain du Jouet avec Pierre Richard - dans lequel un milliardaire offrait à son fils capricieux en guise de nouveau jouet un journaliste noir au chômage (interprété par Richard Pryor) qui allait devenir le souffre-douleur puis le meilleur ami du petit monstre de neuf ans… Il va sans dire qu’à sa sortie le film fut copieusement critiqué pour son histoire « d’esclavage moderne ».

Alors bien sûr, il ne faut pas voir le mal partout. J’entends déjà tous ces proches bien intentionnés qui me diront « tu es parano, tu vois le racisme partout ». Soit, il n’y a rien de mal à rire un peu, et même à s’amuser des stéréotypes. D’ailleurs c’est le propre de la comédie et mon analyse ne prétend aucunement mettre en cause les qualités divertissantes du film. Et puis c’est une histoire vraie, alors qu’y a-t-il à en redire ? (argument facile, mais c’est oublier que c’est cette histoire extra-ordinaire en particulier qui a été choisie parmi des milliers d’autres bien plus banales et moins glorieuses). Eh bien justement, je voudrais montrer ici qu’un tel film s’inscrit dans une tradition et une pensée qui, prises isolement, sont totalement inoffensives mais qui, dans la durée et la répétition, participent pleinement à l’élaboration de schémas de pensée racistes. Oui cette image du « racailleux » au service d’un riche blanc à qui il apprend la vie renvoie à une longue tradition raciste (américaine), précisément au stéréotype de l’Oncle Tom (le vieil esclave dévoué et ami fidèle de la petite Eva) dont on retrouve des avatars modernes depuis le tandem formé par la chipie Shirley Temple et le brave Bill Robinson au cours des années 30 jusqu’aux productions plus récentes comme, entre autres, Miss Daisy et son chauffeur (B. Beresford, 1989).

La bonne et le trublion

Reprenons le fil de notre évocation des Noirs dans le cinéma français là où nous l’avions laissé dans notre précédent article, autrement dit à la fin des années 70. Après les décennies de décolonisation et d’immigration, de racisme larvé et d’invisibilité des afro-antillais de France, les années 80 marquent un changement certain : le Noir devient à la mode (« Black is beautiful » ici aussi). Je me souviens précisément de cette période où le mot « black » devenait synonyme de « cool » pour toute une génération. Nous avions le H.I.P-H.O.P de Sidney, Thriller de Michael Jackson et Purple Rain de Prince, Le flic de Beverly Hills et “Arnold et Willy” sur nos écrans, les succès de Carl Lewis, de Yannick Noah et de Marius Trésor dans le sport, le slogan « touche pas à mon pote », les photos de Grace Jones signées Jean-Paul Goude et celle de la campagne antiraciste Benetton… Même ma mère et mes tantes (des Blanches, il faut le préciser) s’étaient fait faire des tresses africaines à cette époque. Au cinéma aussi les Noirs devenaient « à la mode » au travers de films qui leur offraient enfin des rôles conséquents : Black Mic-Mac (T. Gilou, 1986) et sa suite Black Mic-Mac 2 (M. Pauly, 1988), Les Keufs (J. Balasko, 1987) et Romuald et Juliette (C. Serreau, 1989) notamment. C’est d’ailleurs au cours des années 80 qu’est publié le premier ouvrage français sur les Noirs dans le cinéma (l’album photo Black Stars de J-J. Jelot-Blanc en 1985, qui ne réserve il est vrai qu’une seule page aux acteurs noirs de France).

Mais derrière cet effet de mode se cachait une autre réalité : d’une part les thèses racistes du Front National commençaient peu à peu à rencontrer un large écho au sein de la population française et, d’autre part, force était de constater que les rôles confiés aux acteurs afro-antillais demeuraient somme toute limités. Il est en effet symptomatique de relever que Firmine Richard interprète une femme de ménage dans Romuald et Juliette (qui va vivre une histoire d’amour avec son patron PDG et lui redonner goût à la vie) et qu’Isaac de Bankolé en fait des tonnes dans le rôle du jeune black rigolo, débrouillard et tchatcheur dans Black Mic-Mac. Cela ne vous rappelle rien ? Si on mixe les deux ? Un certain Driss ?

Cette question des rôles stéréotypés réservés aux Noirs n’est pas une vue de l’esprit mais bien une réalité. Il suffit de constater que pour son deuxième grand rôle au cinéma (son « come-back » en quelque sorte) dans Huit Femmes de François Ozon (2001), Firmine Richard se voit confier un rôle de… gouvernante. Quant à Isaac de Bankolé, comprenant très vite qu’il n’a aucun avenir décent en France il se tournera vers l’international en faisant notamment carrière aux USA (entre autres chez Jim Jarmush). Vous voulez encore un exemple ? Tapez Mouss Diouf sur Wikipedia et vous aurez la liste des rôles qu’il interprète au cinéma au cours des années 80-90. Au hasard : « videur », « infirmier », « videur », « immigré », « marabout », « le grand Noir », etc. Autrement dit on en revient toujours aux mêmes fondamentaux : d’un côté la figure de l’oncle Tom – et sa version féminine, la “nounou” – et de l’autre le « coon », autrement dit le grand enfant turbulent, amuseur, comique, bouffon, parfois fainéant et maladroit, toujours drôle et à l’occasion danseur de claquettes. Sans oublier bien sûr cet autre stéréotype historique, celui du sauvage (cf. les rôles de voyous-de-banlieue du cinéma français - voir entre autres Hubert Koundé dans La Haine qui, bien que positif, n’en reste pas moins un « jeune de banlieue »). N’est-ce pas au final ce que nous propose Intouchables ? Un Noir tout à la fois nounou, voyou et drôle.

Le problème finalement ce n’est pas tant qu’il existe des personnages comme Driss au cinéma. Je n’ai aucun problème avec les stéréotypes, il en faut, surtout dans la comédie. Non, le problème c’est qu’il n’y a que des personnages comme Driss dans le cinéma français. Or je voudrais témoigner d’une dernière chose avant de laisser la parole aux principaux intéressés : quand je passe en revue tous les Noir(e)s que je connais ou que j’ai connu(e)s dans ma vie (et il y en a quand même quelques-un(e)s, toutes classes confondues je tiens à le préciser) aucun ne s’apparente, ni de près, ni de loin, à ces Noirs du cinéma français. Pourquoi ne pourrait-il donc pas y avoir des rôles de Noirs « normaux », ni voyous ni comiques, façon père de famille tranquille, avec un emploi « normal » ? Pourquoi pas des personnages de Noirs journalistes ou militants politiques, ou même chefs d’entreprises, artistes peintres ou encore écrivains ? Et pourquoi pas un rôle de président noir comme aux USA – à l’image de Deep Impact (1998) ou de la série 24 heures chrono (2001) ? Sans doute cela arrivera-t-il un jour. Ne vient-on pas d’apprendre que Joey Starr est nommé aux Césars pour son rôle à contre-emploi de flic émouvant dans Polisse ? Espérons juste qu’il ne faudra pas attendre 30 ans…

Paroles d’acteurs sur la place des Noirs dans le cinéma français

  •  Isaac de Bankolé

« Ici, l’image du Noir à l’écran a encore une odeur. Quand l’odeur est américaine, on l’accepte ; si elle est africaine, attention ! (…) Le poncif du nègre avec une grosse bite, j’en ai vraiment marre (…) Si encore c’était formulé ainsi. Si les cinéastes filmaient véritablement leur fascination, ou au moins la complexité du rapport entre un corps noir, avec les fantasmes qu’il véhicule, et un œil blanc. Mais non, on joue sur un cliché et on s’en contente » (Libération 16/03/1995). 

  •  Eriq Ebouaney

« Est-il difficile d’être un acteur noir en France ?
En France malheureusement, en tant qu’acteur noir, on est victime de l’empreinte qu’a laissé la colonisation dans la culture française. Et le monde de l’audiovisuel français n’échappe pas à cette réalité. Un acteur reste un acteur et par conséquent, un acteur noir n’a pas à être indéfiniment cantonné dans des rôles de balayeur, de musicien ou encore de danseur. On ne veut pas nous inclure dans la vie sociale et politique de ce pays, on a peur du Noir. J’ai envie de dire qu’il n’y a que - pardonnez-moi l’expression - des couilles molles dans le monde du cinéma et de la télévision en France. Ils n’ont rien compris à l’avenir de ce métier quand on sait que c’est le mélange des cultures qui fait évoluer la plupart des sociétés. En France, on est resté à la nouvelle vague. Et l’on s’extasie sur le travail de gens comme Scorcesse (Martin), Tarentino (Quentin) ou encore Jim Jarmusch, qui ont axé leur travail sur le mélange des cultures. Ce que le cinéma français est, à l’heure actuelle, incapable de faire. La France est une société métisse mais c’est une réalité qui ne se reflète pas dans son cinéma » (Afrik.com 5/04/2004).

  •  Maka Sidibé

« En tant qu’observateur privilégié du cinéma et de la télévision française, quel regard jetez vous sur l’intégration des membres de la communauté afro-antillaise ?

Je suis toujours triste et malheureux de ne pas voir plus d’acteurs d’origines diverses dans le cinéma français, qu’ils viennent d’Afrique comme d’Asie ou d’ailleurs. C’est vraiment dommage parce qu’il y a un vivier d’acteurs, il y a du potentiel, il y a des nouvelles couleurs, de nouveaux reliefs, et là je vais prendre en exemple le dernier Claude Béri, la présence d’Aïssa Maïga ajoute du relief, de la chaleur, de la couleur: c’est Paris, c’est la France ! » (grioo.com 27/02/2005).

  • Mouss Diouf

« J’ai du mal à croire que la France soit la patrie des droits de l’Homme. Ainsi ce sont les chefs des chaînes qui choisissent pour les gens. Il y a pourtant eu “Arnold et Willy”, “Cosby Show”, “Le Prince de Bel-Air”. Et aujourd’hui nous assistons à une régression. En ce moment, un Noir à la télé en premier rôle, ce n’est pas possible…. Et pourtant ils vont acheter des films de Noirs américains et ils font des scores d’audience » (lemonde.fr 16/08/2006).

  •  Lucien Jean-Baptiste

« Pensez-vous que votre film, en cas de succès, puissent faire avancer les choses ?

(…) Moi je n’ai pas de discours communautariste. Je n’ai pas fait La première étoile en me disant que j’étais noir et tout ça. J’ai juste fait un film. On me dit parfois que je suis un réalisateur noir. Fuck ! Je suis réalisateur point. C’est quoi cette case ? Vous savez, moi j’ai un rêve. C’est que je passe une journée dans ma vie sans qu’on me parle de ma couleur. Ca ne m’est jamais arrivé. Le matin je me lève en me disant que cette journée sera la bonne… trop tard, j’y ai pensé. Moi j’espère que le film va marcher, pour 1000 raisons. Et j’espère que s’il marche, il fera avancer les choses » (jeuxactu.com 23/03/2009).

  • Firmine Richard

« Comment faire pour avoir plus de Noirs sur les écrans ?

Un peu d’imagination chez les metteurs-en-scène, un peu d’audace aussi chez les producteurs et aussi dans les chaînes, parce que je peux vous assurer que sur les chaînes c’est à doses homéopathiques qu’on met un Noir à l’image. Nous avons Harry Rosenbach et Audrey Pulvar (…) [mais] il faut quand même appeler un chat un chat, ici nous sommes dans un pays où il y a un racisme qui ne dit pas son nom » (afro-style.com 02/11/2009).

  • Tony Mpoudja

« Quelle place ont aujourd’hui les acteurs des minorités visibles dans le cinéma français ?

Je pense que c’est en train d’évoluer. Mais il y a toujours un souci dans l’écriture des scénarios et le type de personnage qui est réservé aux acteurs noirs en France. Pourtant, il y a plein de choses à faire. Aujourd’hui, en 2011, tout devrait être possible ! Aux États-Unis, il y a plein de Blacks et de Latinos qui marchent bien en tant qu’acteurs. C’est possible aussi en France. On devrait même pouvoir faire mieux. Il faudrait avoir l’intelligence d’écrire de bons scénarios et de trouver de bons rôles pour les acteurs des minorités. C’est pourquoi je suis dans le cinéma. Je veux faire évoluer les mentalités. Je veux être un exemple. Et j’espère que dans quelques années, on pourra voir un acteur noir en haut de l’affiche d’une grosse production française » (france24.com 14/05/2011).

  • Fabrice Éboué

« Les États-Unis ont beaucoup de grands acteurs noirs. Ce n’est pas encore le cas en France. Pourquoi ?

« Parce qu’on nous propose uniquement de jouer le rôle d’un mari malien qui a trois femmes et treize enfants ou d’un facteur à l’accent créole. En France, le producteur demande systématiquement pourquoi tel acteur est noir. Il faut justifier le fait qu’il soit noir. Mais ça commence à changer » (franceantilles.fr 22/07/2011).

  • Aïssa Maiga

« Vous dites avoir alors découvert brutalement la réalité d’une actrice noire en France. Quelle est cette réalité ?

Quand j’ai commencé, je partais du principe que je pouvais tout jouer. Je n’imaginais pas que j’allais forcément jouer les filles excisées et mariées de force. Ou encore des filles ”victimes de leur propre communauté” qui allaient trouver refuge chez des blancs bons samaritains ! Pourtant, de casting en casting, je me suis rendu compte qu’on me reléguait systématiquement dans un milieu auquel je n’appartenais pas. Je ne me vivais pas comme on me voyait.
J’ai alors réalisé que le regard de l’autre est façonné par une lourde histoire coloniale, et que ce regard était très présent au cinéma.

Aujourd’hui, vous déclarez avec humour que vous décrochez des “rôles de blondes”, car vous êtes enfin libérée de cette étiquette…
Après cette prise de conscience, je suis allée dans des castings de façon spontanée en me disant “tant que ce n’est pas un film d’époque ou un rôle de mère de famille où il faudrait expliquer une adoption, j’y vais !”. Et on me regardait vraiment comme si je venais d’une autre planète ! Je ne l’ai pas beaucoup fait parce que c’était très violent. Mais aujourd’hui, (elle hésite), oui, je suis libérée de ces clichés » (aufeminin.com 2010).

Notes :

(1) Les journaux ne tarissent pas d’éloge sur cette réussite : cf. « Intouchables remporte la palme de la rentabilité » (lefigaro.fr du 22/12/2011) ; « Le succès du film Intouchables, événement culturel de l’année » (lexpress.fr du 23/12/2011), « Box-office du 20 décembre : Intouchables entre Astérix et Obélix Mission Cléopâtre et Avatar » (premiere.fr du 22/12/2011)…

(2) dans Dictionnaire des personnages au cinéma, éd. Bordas, p. 318.

(3) « Intouchables, un film qui “flirte avec le racisme”, selon le site américain Variety » (liberation.fr du 8/12/2011). L’article original ici :

Régis Dubois ©lesensdesimages2011

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Présence (et absence) des Noirs dans le cinéma français (I) - 1895-1945

Présence (et absence) des Noirs dans le cinéma français (II) - 1945-1979

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