Baisse des dépenses militaires : 73 % y sont favorables

Publié le par dan29000

73 % des Français pour une baisse des dépenses militaires en France.

Une étude d’opinion réalisée par l’IFOP pour le Mouvement de la Paix avec l’Humanité montre que le budget de la défense est le premier que les Français accepteraient de baisser. D’autant plus chez les sympathisants de gauche. Une grande majorité des Français se disent également pour la dénucléarisation militaire. Nous revenons avec Pierre Villard, président du Mouvement de la Paix sur les enseignements à tirer de cette étude.

"Ces résultats très encourageants, révèlent l’intérêt de la population pour des sujets trop souvent occultés des débats publics" commente Pierre Villard, président de l’organisation pacifiste. "Au moment où les citoyens sont appelés à faire des choix importants pour l’avenir, il est impensable qu’un domaine qui représente près de 20% du budget de l’État soit absent du débat. Dans le contexte actuel, avec une pression du politique très forte sur les droits sociaux (retraite, chômage…) on remarque que 37 % des français estiment que la dépense à réduire en priorité serait l’armée et la défense. Si on devait réduire, car le Mouvement de la Paix ne réclame pas spécialement la réduction des dépenses publiques."

Et effectivement, selon l’étude, 78 % des Français souhaitent que le sujet soit davantage présent dans la campagne présidentielle. 73 % seraient favorable à la réduction du budget de la défense. 37% des personnes interrogées placent la Défense et l’armée en tête des dépenses à réduire, une proportion qui passe à 53 % chez les sympathisants de gauche. Toujours selon l'enquête d’opinion, 81% des Français réclament l’engagement de la France dans un processus de Convention internationale d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques.

Dans son détail, l'étude montre tout de même une forte disparité gauche - droite. Si la réduction du budget de l'armée est privilégiée pour les progressistes, les conservateurs préfèrent eux s’en prendre aux aides aux chômeurs, mais aussi à la culture et à la prime pour l’emploi.

  • Trois questions à Pierre Villard, président du Mouvement de la Paix

Est-vous surpris par les résultats de cette enquête d'opinion ?

Pierre Villard : C'est la première fois qu'on fait un sondage comme cela. Et d’une manière générale, les résultats sont  surprenants, car ils valident les positions politiques qu’on défend, dans des marges très importantes. Dans des proportions auxquelles ont ne s'attendait pas. Une autre chose assez surprenante, c’est que les hommes sont plus nombreux que les femmes à exprimer des positions pacifiques.

Comment espérez-vous peser sur la campagne ?

Cette étude a été faite pour éclairer les candidats. Ils ont tous reçus les résultats de l’étude. De notre côté, nous sommes on est une ONG, on ne s’inscrit pas dans le débat partisan. C’est au candidat de dire : on a reçu le message, les Français sont intéressés, on reprend vos revendications. Par exemple sur le nucléaire, aujourd’hui deux candidats revendiquent le désarmement unilatéral, Eva Joly et Philippe Poutou. Dans le programme du Front de Gauche est inscrit est le désarmement nucléaire multilatéral, dans un cadre international. Les autres n’en parlent même pas. Et aucun candidat n’en fait un argument prioritaire, alors que l’étude montre que ça intéresse les Français. Au passage, on rappelle que les dépenses militaires sont en grande partie responsables de la dette grecque.

C’est justement le désarmement nucléaire qui fait le plus l’unanimité chez les Français…

Dans la question posée on précisait bien que le désarmement nucléaire se ferait de manière multilatérale, au sein d’une convention internationale existante rassemblant 151 mais combattue par la France. Et pourtant 81 % des français soutiennent cette idée. L’arme atomique est au sommet de la politique de violence. C’est une arme de domination au service des puissants. On ne peut pas vouloir changer le monde sans remettre en cause l’arme nucléaire. Donc un candidat qui veut être cohérent, annoncera l’arrêt du programme de construction des missiles M-51, qui est en plus en violation du traité sur la non – prolifération des armes nucléaires.

Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 984 personnes de 18 ans et plus représentatif de la population française, du 12 au 15 mars.

Propos recueillis par Pierric Marissal

 

Source : L'humanité

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