BD : Clearstream manipulation, l'affaire des affaires 3, Denis Robert,Laurent Astier

Publié le par dan29000

 

 

« Clearstream Manipulation », L’affaire des affaires 3, par Denis Robert et Laurent Astier. Dargaud.

 


Manipulation.jpgLa BD qui tombe à pic ! Le deuxième tome de « L’affaire des affaires », récit de la plongée du journaliste Denis Robert dans les dossiers de la « banque des banques » Clearstream, était opportunément sorti  alors que venait de s’achever le procès de l’affaire dite « Clearstream 2 ». Affaire dans le cadre de laquelle le journaliste et écrivain – les auteurs avaient réussi à l'intégrer en un temps record dans le récit - venait d’entrevoir la perspective d’une relaxe, requise par le parquet. Cette relaxe a été prononcée quelques semaines plus tard, en janvier 2010. « Clearstream Manipulation », qui aborde justement ce volet spécifique de l’enquête (et des ennuis) de Denis Robert, nous parvient aux premiers jours du procès en appel. La ficelle marketing est un peu grosse, mais c’est de bonne guerre. Et avouons-le ! La double lecture qu’offrent le  livre et le procès en cours est des plus savoureuses.

Où en est-on du récit de Denis Robert ? Le journaliste a obtenu la notoriété qu’on lui connaît avec ses livres. Il subit cependant une véritable traque juridique de la part des avocats de Clearstream, qui l’attaquent dans différents pays. C’est alors qu’il rencontre un personnage atypique, le désormais célèbre Imad Lahoud, informaticien dont la personnalité est au cœur de l’une des plus grandes pétaudières politico-judiciaires de ce siècle encore jeune. C’est de lui que viendront les fameux listings qui achèveront de mettre le  feu dans les relations déjà plus guère courtoises entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Le récit est d’autant plus intéressant que c’est bien le Denis Robert de 2010 qui nous parle, avec le recul qu’il a pu acquérir plus de sept ans après la rencontre. Un éclairage a postériori plutôt sain. L’homme fait son autocritique, travaille à analyser les succès et les faux pas, quand d’autres se seraient sans doute drapés dans leur dignité de journaliste outragé.

Pour Denis Robert, plus de doute possible. L’homme clef du dossier est bien Lahoud, personnage ambigu, compétent et trouble, excellent comédien, sans doute un peu mythomane. Se mettant lui-même en scène, le journaliste tente de démonter l’engrenage, jouant le jeu tout en restant critique, mais s’avouant dans un premier temps abusé par son interlocuteur qui le balade de rendez-vous en rendez-vous, de propos ambigus en promesses de révélations, de mensonges en falsifications. Denis Robert marque les moments de doute et les passages douloureux, ces périodes délicates qui voient sa profession interférer avec sa vie personnelle. Surtout quand la maladie s’en mêle…

On arrive à la fin de cette critique et comme d’habitude, on n’aura quasiment parlé que de DenisRobert et de « l’affaire ». C'est pure injustice, le succès de « l’affaire des affaires » reposant en très grande partie, sur les épaules de Laurent Astier. L'homme s’est complètement emparé de cet univers, le mettant en scène avec un talent consommé. Il en fait certes parfois un peu trop dans la caricature grimaçante quand il s'agit de croquer le sérail politique. Son trait nerveux et le traitement noir et blanc font cependant merveille, donnant tout ce qu’il faut de réalisme et de dynamique à l’ensemble. La longueur du récit et la densité du discours ne comptent plus. On dévore « L’affaire des affaires » avec gourmandise, comme un thriller, oubliant presque que les faits relatés sont on ne peut plus réels.  Suite et fin au prochain épisode.


140 pages. 16,95 euros.

Chronique de Philippe Belhache

 

Source : SUD OUEST, le blog BD

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Mitsuko 05/06/2011 16:57



Une BD sur le thème de Clearstream ... Intéressant, non ???


Bonne fin de week-end à toi. A bientôt. Bises.