Billère et sa fresque : Préfet, justice et "Identitaires" s'acharnent

Publié le par dan29000

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En plein été,nous vous parlions de la fameuse fresque de Billère dans le Béarn (voir ci-dessus). Un beau geste de la mairie PS et de son maire, Jean-Yves Lalanne, en mémoire de toutes les familles des sans-papiers expulsés. (Voir les articles sur la genèse de l'histoire dans les liens ci-dessous).

Nous vous avions parlé aussi de ce charmant préfet, nommé Philippe Rey, le mois dernier car manifestement il n'aime pas trop la CIMADE. Remarquez bien qu'il y a une logique à son entêtement hargneux, si l'on n'aime pas les fresques en hommage aux sans-papiers, il semble probable que l'on aime pas trop non plus les sans-papiers, et si on n'aime pas les sans-papiers, on ne va pas vraiment aimer ceux qui les aident, comme la CIMADE ! 


Ce consternant préfet s'acharne sur cette belle fresque. Il mène une véritable croisade digne d'un autre âge sous la pression politique locale des "Identitaires", groupuscule néo-fasciste un peu implanté dans la région. Dernier rebondissement du feuilleton qui tient bien sa place dans le malsain débat sur l'identité nationale propulsé par Besson, le tribunal administratif de Pau vient de donner raison au représentant de l'Etat. Le préfet veut depuis le début l'effacement de cette oeuvre d'art ! Motif : Le maire aurait bafoué son devoir de neutralité vis-à-vis de la politique gouvernementale. Les juges ont donc ordonné l'effacement du tableau. Blanco, avocat du maire vient de faire appel de cette décision liberticide et tentera en seconde instance de sauver le "mémorial des expulsés".

RESF et LDH protestent fort heureusement contre une telle atteinte à la liberté d'expression. Sans nul doute un conflit qui n'aurait pu voir le jour dans un autre département où les préfets sont sans doute plus occupés par leur fonction. Mais Philippe Rey ne laisse rien passer, ni la reconduite d'une famille d'Albanais menacée de mort à Pristina, ni la poursuite pour outrage d'un internaute médecin disant que ces pratiques lui rappelle "une autre époque". Puis c'est la CIMADE, interdite d'accès aux locaux d'Hendaye. Enfin la semaine dernière, SINE HEBDO, faisant un article sur la fameuse fresque, a tenté de contacter le préfet qui, courageusement, a refusé tout entretien.

Sarkozyste zélé et chasseur de sans-papiers, monsieur le préfet se voudrait aussi destructeur d'oeuvre d'art via décision de justice.

La  fresque de Billère est une oeuvre citoyenne de résistance, une oeuvre de solidarité. Mais du côté de la préfecture, l'air n'est pas à la résistance, ni à la solidarité, ni à la justice envers les expulsés, l'air est moisi, moisi comme les communiqués de victoire des Identitaires se félicitant sur leur agence de presse NOVOPRESS/france de la décision de justice.

Tous ces gens ne méritent pas cette belle région du Béarn où l'on peint de belles fresques pour les familles des expulsés, ils seraient  sans nul doute mieux dans leur élément du côté de Vichy.


Genèse de l'histoire : Fresque et préfet :

Philippe Rey, préfet zélé et fatiguant tendance Vichy (Pyrénées-Atlantiques)

Billère / Fresque solidaire / Le préfet débouté par la justice

Billère (64) / Une fresque murale en souvenir des enfants expulsés

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