BNF: accord cadre sur les livres épuisés, ou vrai marché de dupes ?

Publié le par dan29000

 

 

« Accord cadre sur les livres épuisés : des personnels de la BnF prennent position contre un marché de dupes »

 

 

 

La section FSU de la BnF communique :

 

 

« Accord cadre sur les livres épuisés : des personnels de la BnF prennent position contre un marché de dupes »


500 000 livres « épuisés » du XXe siècle vont être numérisés et proposés d’ici cinq ans à la vente sur des sites marchands en vertu de l’accord-cadre signé mardi 1er février entre le Ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, et Bruno Racine, Président de la Bibliothèque nationale de France. La numérisation sera effectuée à partir des collections issues du dépôt légal conservées à la BNF, le soutien financier de l’État s’inscrivant dans le cadre du programme « développement de l’économie numérique ».


Quelle contrepartie pour la BnF et ses usagers ?


En se fondant sur les informations partielles distillées par le Ministère, la BnF et le SNE, la FSU constate qu’une telle opération nécessite des moyens sans précédent au moment où l’établissement public, saigné à blanc par des mesures insensées de réduction de l’effectif et du budget, voit gravement remis en cause le maintien de ses missions ainsi que la qualité d’accueil de ses publics.

Qui établira la liste des 500 000 ouvrages ? Quel sera l’apport financier des éditeurs ?

Lors de l’affaire « Google », Frédéric Mitterrand avait jugé «dangereux de laisser la numérisation de notre patrimoine à un acteur unique », il n’hésite pas aujourd’hui à céder à la pression du lobby des éditeurs intéressé par le développement de la consultation des outils de la BnF, dont Gallica, qu’il considère dans les faits comme une rampe de lancement pour leurs propres produits.


Gallica dévoyé !


Pour les éditeurs, il s’agit d’utiliser Gallica comme relais de sites commerciaux, celui-ci devenant une sorte de fourre-tout où l’on trouvera côte à côte fonds patrimoniaux et fonds privés, ouvrages sous droits et libre de droits, du gratuit et du payant. Le mélange des genres deviendra la règle et la mission de service public de l’établissement sera « marchandisée » et dévoyée en se mettant ainsi au service d’intérêts particuliers.


Le passage au numérique est un échec


Un tel accord interviendra alors que la bibliothèque n’est plus en mesure de traiter et de valoriser les collections numériques qu’elle acquiert, faute d’investissement dans la rénovation pourtant urgente d’une infrastructure bibliothéconomique obsolescente. Se contentant de promouvoir le Labo pourtant boudé par le public depuis son ouverture, la direction de la BnF se refuse à investir dans le traitement et la valorisation des collections numériques nouvellement acquises.


La FSU s’oppose à cet accord-cadre


La FSU ne peut accepter la mise en œuvre d’un tel marché de dupes au seul bénéfice de groupes financiers qui aliénera le fonctionnement de la grande bibliothèque à la réalisation d’un marché dont ne bénéficieront pas nos lecteurs.

Au-delà du soutien insuffisant de l’Etat, qui ne permettra ni les créations de postes statutaires dont nous avons tant besoin, ni le maintien de l’offre documentaire et des services auxquels sont habitués nos lecteurs, c’est le principe même d’indépendance de la BnF et l’intégrité de ses missions qui sont remis en cause.

La FSU tient à rappeler que les bibliothèques sont des lieux d’émancipation, de recherche et de culture dont l’accès doit demeurer démocratique et dont les missions ne doivent en aucune manière être aliénées à des intérêts privés allant contre celui du public devant lequel nous sommes comptables.

Le contenu précis de cet accord-cadre est pour le moment gardé secret. La FSU qui, comme l’ensemble des professionnels des bibliothèques, n’a pu en prendre connaissance que partiellement par le biais de communiqués de presse demande sa publication immédiate.

La FSU interviendra dans les instances de l’établissement et s’adressera à la tutelle afin de dénoncer cet accord. Elle mobilisera les personnels et la profession afin d’y faire échec.


 

Le mercredi 2 mars 2011

Fédération Syndicale Unitaire – Section de la Bibliothèque nationale de France

 

Contact : 01 53 79 49 04 ou fsu-bnf[at]bnf.fr

 

Site Internet : http://bibliothequesenlutte.wordpress.com/

 

 

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