Brest : DCNS et les énergies marines renouvelables

Publié le par dan29000

Énergies marines renouvelables : Brest veut y croire  

DCNS devrait mettre en place ses premiers prototypes d'hydroliennes en 2012-2013 dans la rade de Brest. L'entreprise est pour l'instant la seule à s'investir localement dans les énergies marines renouvelables.

Politiques et industriels militent pour la création d'un pôle à Brest. Le projet est lancé mais rien n'est encore acquis. 


Le contexte

L'Union européenne s'est fixée comme objectif d'atteindre 20 % d'énergies renouvelables en 2020, la France, malgré son retard actuel, 23 %.

Des différentes sources d'énergies renouvelables, celles liées à la mer, les EMR (éoliennes off shore, hydroliennes, centrales houlomotrices, etc.) sont encore à développer. Dans ce domaine précis, la France vise - toujours à l'horizon 2020 - les 6 gigawatts/heure, soit la production d'environ 3 000 éoliennes.

Et Brest a une carte à jouer. Pour la vice-présidente du conseil régional Isabelle Thomas, « la ville est amenée à devenir la locomotive de la Bretagne dans ce domaine ».

Engouement politique

« En 2020, on espère créer 3 000 emplois dans la région », planifie Isabelle Thomas. Une perspective qui séduit bien sûr les autres élus.

Pour y arriver, François Cuillandre, président de Brest métropole océane, a annoncé hier que 11 ha seraient réservées, dans un premier temps, à ce seul secteur sur les 50 ha du futur polder du Moulin-blanc. Celui-ci sera opérationnel en 2011.

Appels d'offres

François Fillon a annoncé le 2 décembre dernier que Brest avait le profil idéal pour être la tête de pont des EMR en France. Mais il n'en reste pas moins que la ville doit répondre aux appels d'offres. C'est en juillet 2010 que l'on saura si Brest est retenue parmi les 5 à 10 pôles d'excellence qui devront développer, budget de 100 millions d'euros à la clé, l'ensemble des EMR hormis l'éolien offshore posé.

DNCS est bien seule

Le Grenelle de l'environnement impose un montage public/privé. Un partenariat qui devra être « maîtrisé » selon les termes de Fabrice Huret, vice-président de BMO. DNCS est partie prenante du projet brestois. L'entreprise y voit un moyen de se diversifier. Mais derrière elles, on ne se bouscule pas au portillon pour s'installer au polder.

DCNS va être la figure de proue de la recherche et du développement (R & D) à Brest dans le domaine : « Dès 2011, nous allons procéder aux expérimentations sur les énergies houlomotrice et thermique. Puis en 2012 et 2013, les éoliennes flottantes et les hydroliennes », détaille Frédéric Le Lidec, en charge des EMR à DCNS.

Encore tout à faire

De fait pour l'instant, hormis Ifremer, les projets n'existent quasiment que sur papier glacé. Ainsi, le pôle R & D de DCNS n'emploie aujourd'hui que 20 personnes à temps plein, quantité négligeable dans ce type d'entreprise.

Fabrice Huret le reconnaît : « Il y a encore des incertitudes à lever ». « Pour l'instant, c'est une activité qui n'est pas rentable », poursuit Frédéric Le Lidec.

De manière générale, tous se disent suspendus à la taille de l'enveloppe financière accordée par l'État. DNCS attend clairement des aides pécuniaires aux entreprises, comme cela avait été fait pour le nucléaire. Et lance un avertissement : « Pour l'instant, on perd de l'argent : on n'en perdra pas pendant dix ans. »

Jean-Marie LEFORESTIER
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Jocelyn Peyret

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