Bretagne à grande vitesse : Sud Rail lance le débat !

Publié le par dan29000

 

Bretagne à Grande Vitesse : SUD Rail Bretagne lance le débat !

dimanche 10 juillet 2011, par rennes info

Syndical SUD Rail Bretagne

Bretagne à Grande Vitesse

Introduction

« en instituant la vitesse comme valeur et la maîtrise de la distance comme vertu, les classes dominantes ont structuré l’espace à leur profit... » (Elie/Popelard Vannier, le Monde Diplo)

Il y aurait une quasi unanimité autour du projet de Bretagne à Grande Vitesse paré de toutes les vertus. A ce point caricatural que tout à leur euphorie, les décideurs n’ont pas même été effleurés par l’idée qu’un débat citoyen pouvait s’instaurer autour d’un projet qui sera pourtant un marqueur fort pour l’avenir régional. Il y aurait l’évidence que ce projet ne pourrait être que progrès partagés par tous, gage d’aménagement du territoire à travers le désenclavement d’une région trop excentrée, de développement économique de fait ; tout cela en respectant au mieux les préoccupations environnementales à travers l’image écologique du train. Vision un peu béate du progrès par la technologie issue du logiciel de pensée typique du 20e siècle, ce qui ne signifie en rien qu’il soit valide pour le 21e.

Les oppositions où interrogations sont demeurées faibles où assez inaudibles. Il y a bien sûr eu les traditionnelles réticences liées aux expropriations et nuisances liées à un tel projet. Souvent légitimes mais parfois mues suivant le seul principe du « not in my backyard », ces expressions là ne recouvrent qu’un champ limité de la problématique. A contrario, certaines voix, en particulier issues de la mouvance écologiste associative ou politique ont examiné le projet sur un spectre plus large, à travers le prisme non seulement environnemental mais aussi sociétal (restructuration probable du territoire et impact social et économique prévisible).

Le TGV, pour quel aménagement du territoire ?

Il y a comme une crispation sur l’objectif de ramener Brest et Quimper à 3heures... de Paris. Les plus affirmés défenseurs de la très grande vitesse, fusse au prix de l’effacement des territoires intermédiaires sont évidemment les CSP+. Le TGV, même s’il ne peut être taxé de mode de transport élitiste, n’est l’outil courant que d’une minorité ; mais d’une minorité qui compte et sait se faire entendre. La grande majorité de la population n’est que dans une utilisation occasionnelle où le facteur temps pèse moins par rapport au ratio coût /praticité.

Il semble pourtant que le seul compteur temps qui vaille encore dans un pays ultra centralisé comme le nôtre reste celui très contestable de la proximité avec la capitale. On pourrait s’offusquer qu’avec la BGV en 2016, Rennes sera plus prêt de Paris que de Brest et Quimper. Et la question à poser est alors : le TGV outil d’aménagement ou d’accentuation du déséquilibre entre les différents territoires bretons ?

Rennes à 1H27 de Paris pourquoi faire ? Certains géographes ont démontré que la grande métropole est l’expression spatiale de la civilisation capitalistique. Développées au 19e siècle, les grandes villes se sont mises en situation de carrefour. Et aussi que la concentration croissante des activités autour des métropoles de niveau européen se fait au détriment des villes moyennes. Or la Bretagne à cette caractéristique et cette chance de posséder un réseau de villes moyennes sinon réellement attractives, mais du moins offrant un tel maillage sur tout son pourtour que ce réseau a largement contribué à empêcher la désertification de pans entiers de son territoire. Le centre Bretagne plus satellisé ne rentre pas il est vrai pas dans ce schéma.

On voit donc que Rennes veut s’affirmer en métropole à l’échelon européen en occultant un peu au passage qu’elle est avant tout une capitale régionale et donc qu’elle doit aussi se tourner vers l’arrière pays. Pour autant a t’elle les moyens et la taille critique de ses envies ? Probablement non comparativement à Nantes qui n’y suffit à peine. Or si le TGV constitue un outil certains de développement, il ne suffit pas à lui seul à le garantir Il constitue surtout une valeur ajoutée à d’autres potentialités intrinsèques aux cités desservies. Donc ce n’est pas parce que Rennes sera 1h27 de Paris qu’elle deviendra une métropole industrielle et commerciale de niveau européen. Si un tel statut est un objectif, il vaudrait mieux chercher la solution dans le maillage jouant sur les collaborations en vue de complémentarité des grandes villes régionales de proximité (Brest Nantes- Angers..).

Par ailleurs la fuite des cerveaux rennais vers la capitale est aussi possible, de même que dans le mouvement inverse des CSP+ Parisiens choisissent Rennes et ses environs comme banlieue dortoir de qualité, flambée immobilière garantie à la clé.

Pour Brest et Quimper, une carte « anamorphosée » de l’hexagone ferroviaire font apparaître le handicap puisque le point de référence reste encore et toujours Paris, d’où l’obsession des 3heures... mais c’est courir après des chimères que de penser son point de salut dans cette objectif. C’est oublier que le cœur de l’europe est bien plus à droite et s’excentre encore vers la mitteleuropa. Que la LGV Rhin Rhône parfaitement justifié concoure à cette accentuation ; Et c’est occulter que ce cœur est en grande partie irriguée par Anvers où Rotterdam...et que la Bretagne est un avant tout un pays maritime, dans un pays dont l’état n’a aucune politique et ambition dans ce domaine, hormis celui d’annexer le Havre dans le projet du grand Paris ! Et pourtant la mondialisation des échanges, sous la pression de la raréfaction énergétique soutiendra d’évidence le commerce maritime.

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Bretagne à Grande Vitesse

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Source : RENNES INFO

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