Bretagne : Le Mené, vers une exemplaire autonomie énergétique

Publié le par dan29000

BRETAGNE 
Energie. Le Mené vote pour l'autonomie
 
C'est unique en France: la communauté de communes du Mené, en plein Centre-Bretagne, a fait le pari de l'autonomie énergétique. Un pari qui n'a absolument rien d'utopique.


Des tracteurs qui roulent avec de l'huile de colza, des réseaux de chaleur pour chauffer logements et bâtiments, un parc éolien, une usine de méthanisation qui va bientôt entrer en service, des constructions basse consommation... Non, on n'est pas en Allemagne mais en plein Centre-Bretagne, sur le territoire de la communauté de communes du Mené, entre Loudéac et Lamballe. Ici, on n'a pas attendu le Grenelle de l'environnement pour se lancer dans les économies d'énergie. Depuis 2005, cette petite communauté rurale de sept communes et de 6.500habitants a pris son destin énergétique en main. «On avait beaucoup de ressources que l'on n'utilisait pas. Notre idée était de réduire la facture énergétique, tout en gardant cette manne sur le territoire», explique MichelFablet, le président de la communauté et maire du Gouray. Une facture qui s'élevait, quand même, à quelque 11millions d'euros. Dès le début, il est décidé d'exploiter le maximum de ressources: bois, vent, soleil, biomasse... «C'est l'originalité de notre projet et ce qui le rend unique en France», souligne Jacky Aignel, le maire de Saint-Gouéno. L'huilerie a été la première réalisation à sortir de terre, en février2007. D'une capacité de 1.500tonnes par an, elle procure à une soixantaine d'agriculteurs un carburant qui a l'avantage d'avoir un prix qui ne bouge pas: 40 centimes d'euros. «Quand on a lancé ce projet, on a été montré du doigt par le lobby pétrolier mais on a fait la démonstration que ça marche», observe Marc Théry, chargé de mission à la communauté de communes.

Trois fois moins cher

Autre projet aujourd'hui devenu réalité: les réseaux de chaleur. D'ores et déjà, trois bourgs en ont un. Au Gouray, tous les bâtiments publics et une trentaine de logements bénéficient de ce mode de chauffage.4.300m² au total. «C'est trois fois moins cher que le fioul et on maîtrise complètement le prix du combustible», souligne Marc Théry. Une filière d'approvisionnement de plaquettes a été mise en place. Seules les ressources du territoire sont utilisées. L'autonomie énergétique passe évidemment, aussi, par de la production d'électricité. L'éolien devrait permettre, à terme, de produire 70 gigawatts/h. De ce côté-là, pas de problème, avec une longue ligne de crêtes, le territoire bénéficie de très bonnes conditions pour un rendement optimal. Le tiers du parc sera propriété de la population locale. Une autre source d'énergie sera bientôt disponible avec l'usine de méthanisation qui sera mise en service cet été. Un investissement de 14millions d'euros auquel participent 30 agriculteurs et qui permettra de traiter 35.000 tonnes de lisiers.

Une filière de l'efficience énergétique

Cette marche progressive mais résolue vers l'autonomie énergétique, c'est aussi et surtout pour ce territoire le moyen de promouvoir, à côté de l'agroalimentaire (plus de 2.000 emplois), un autre mode de développement économique. De sortir de la mono-industrie. «On veut créer une filière de l'efficience énergétique», assure Michel Fablet. Dans la toute nouvelle pépinière d'entreprises - un bâtiment basse consommation aux lignes futuristes- se sont déjà installées quatre petites entreprises spécialisées dans les énergies. Le prix d'excellence reçu lors des assises nationales des territoires et des énergies renouvelables est un encouragement à persévérer dans cette voie.
Yvon Corre

Source : le télégramme

Publié dans environnement

Commenter cet article