Bretagne, Morlaix : des élus qui n'aiment pas trop la culture

Publié le par dan29000

 

 

 

La communauté de communes de Morlaix sabote les Arts de la Rue

 

 Morlaix va t-il devenir un désert culturel? Celà en prend bien le chemin. Après les difficultés du théâtre de la ville, dues à une baisse drastique des subventions octroyées par la municipalité, c’est maintenant les arts de la rue, qui restaient le fer de lance de la vie artistique et culturelle morlaisienne qui risquent de disparaître. La structure Le Fourneau, organisatrice depuis 1997 du Mai des Arts et du festival national des arts de la rue (FAR) qui animait la ville et attirait chaque été plusieurs milliers de spectateurs a décidé de jeter l’éponge.

"On ne peut plus travailler sereinement sur ce territoire", explique t-on au Fourneau, qui était sur le point de conclure une convention pluriannuelle avec l'ensemble de ses partenaires concernant notamment le projet "Théâtre de rue en Pays de Morlaix", convention torpillée en dernière minute par Morlaix communauté.

En février 2010, la convention avait pourtant été adoptée à l’unanimité par le Conseil de Morlaix Communauté. Par un courrier du 1er octobre 2010, son président, Yvon Hervé, annonçait toutefois ne plus vouloir la signer en l’état. Qu’à celà ne tienne, une table ronde, le 24 novembre, remettait tout le monde d’accord.

Las! A la mi-décembre, le président et la vice-présidente à la culture modifiaient la fameuse convention par des inscriptions manuscrites indiquant une baisse progressive des subventions (1): moins 10 000 euros en 2011, puis moins 20 000€ en 2012 et moins 30 000€ en 2013! Il n’en fallait pas plus pour rendre caduque le document et remettre en cause l’ensemble d'un accord déjà paraphé par tous les autres partenaires.

Cette situation est aussi la conséquence de la politique culturelle de la municipalité (apparentée UMP), à laquelle s'ajoute aujourd'hui une conception de la démocratie pour le moins curieuse à la communauté de Morlaix (à majorité PS). En effet, si celle-ci avait compensé les coupes sombres effectuées par la ville en 2009 dans les subventions octroyées au Fourneau (passées de 76 000€ à 10 000€), elle a joué un bien mauvais tour aux arts de la rue à Morlaix (2) en modifiant unilatéralement la convention pluriannuelle concernant le Fourneau.

"Au delà de la convention, c'est aussi la question de la liberté de l'expression artistique dans l'espace public qui était posée, souligne Claude Morizur, directeur du Centre national. A partir du moment où la vice-présidente puis le président ont aussi commencé à critiquer les spectacles, à regretter que certains soient "un peu dérangeants" ou "pas toujours de bonne qualité", ce n'était plus possible pour nous. Ce n'est pas aux élus de décrèter ce qui est bien et ce qui est mal, nous ne serons jamais les valets du roi ou de la reine".

Reste que la décision du Fourneau, qui va devoir renégocier pour sa part une autre convention avec ses partenaires, va priver du même coup le Pays de Morlaix des financements des autres collectivités (pour un montant prévu de 160 000€ en 2010, le budget des Arts de la rue à Morlaix générait 438 000€ d'apport des autres partenaires). Pas sûr au bout du compte que les Morlaisiens seront gagnants. Plus question en tout cas de FAR, un festival qui attirait quelque 40 000 spectateurs sur trois jours, ou de Mai des Arts à Morlaix.

PHA

(1) Selon le Fourneau, un quart de cette subvention est réinvestie dans les hôtels et autres services.

(2) Une quarantaine de compagnies accueillies au cours de l'année entre les festivals et les résidences.

Source : Libération.fr

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