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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 22:49

La Bretagne, terre de résistance à l’extrême droite

Carte réalisée avec Map Channels, également disponible sur Google map.
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Le FN est à la peine en Bretagne, notamment grâce à la culture et à l’ancrage catholique de la région. Mais depuis quelques années, comme ailleurs, le vote frontiste évolue.

Alerte politique

Cet article a été initié par les données récoltées dans le cadre du partenariat de Rue89 avec la start-up Journalism++, Alerte politique. Les applications iPhone et Android que nous avons développées vous permettent d’être alerté si vous vous trouvez en terrain politiquement hostile..

 

 

 

La Bretagne est une terre qui résiste à l’extrême droite. C’est ce que nous apprennent les résultats, en France depuis 2002, des élections cantonales, régionales, européennes, législatives et du premier tour de la présidentielle, résultats que nous avons compilés.

Sur les 20 villes françaises de plus de 2 000 habitants où le score moyen de l’extrême droite a été le plus faible, 17 sont bretonnes – dont une majorité dans la banlieue de Rennes –, deux autres sont dans le grand Nord-Ouest. Un constat similaire, même lorsqu’on élargit à 30 ou 40 villes, ou aux villes un peu plus peuplées.

Dans la course aux parrainages, Marine Le Pen n’a pu compter que sur un seul élu breton – celui de Tréogan, dans les Côtes-d’Armor, divers droite – parmi ceux dont la signature a été retenue par le Conseil constitutionnel. Contre 64 en Lorraine, par exemple.

Marine fait toutefois mieux que Jean-Marie : en 2007, le président du Front national n’avait recueilli aucune signature bretonne.


La carte des parrainages de Marine Le Pen (Owni)

Les Bretons se sentent bien chez eux

Une note de l’Insee nous apprend qu’avec 60 000 immigrés vivant sur son territoire, la Bretagne compte 2,2% d’immigrés, bien en-dessous de la moyenne nationale (8%). De plus, la croissance du nombre d’immigrés est due pour moitié aux arrivées européennes et notamment britanniques.

Erik Neveu, professeur en science politique à l’université de Rennes, met en doute le lien immigration/vote FN :

« Ce raisonnement suppose qu’on entre dans la logique du FN, où l’immigration est directement liée au vote. Or des confrères ont montré que le vote FN était fort dans les quartiers où les habitants n’étaient pas en contact direct avec les populations immigrées, dans une sorte de fantasme. »

Pour Jean-Luc Richard, sociologue et démographe, professeur à l’université de Rennes et auteur de plusieurs articles sur le Front national en Bretagne, l’immigration est « un des éléments » explicatifs. Dans un de ses travaux récents, il a affiné l’analyse :

« La Bretagne est avec l’Ile-de-France la région où les gens disent le moins qu’ils ne se sentent plus chez eux comme avant. »

Une culture bretonne réfractaire au FN

Pour lui, l’héritage et la tradition culturelle bretonne jouent un rôle plus important dans la faiblesse frontiste :

« La Bretagne, région de marins, a gardé une certaine identité régionale, qui repose sur l’ouverture au monde. La Bretagne est une région de très forte émigration et a été dans le passé victime de stéréotypes et de discriminations. »

L’activité des femmes, historiquement plus élevée en Bretagne qu’ailleurs, est une des « raisons historiques » de cette faiblesse :

« Jusqu’à présent, le vote FN était un vote plutôt masculin, de retraités, de personnes isolées, dans une région où la solidarité familiale jouait un grand rôle. »

Erik Neveu pointe pour sa part le rôle de l’héritage catholique très fort dans la région :

« Une explication peut être dans une influence catholique persistante, très structurante. Dans la génération aînée, beaucoup ont été marqués par la tradition chrétienne et catholique, avec sa tradition de tolérance et d’ouverture aux autres.

De nombreux élus locaux de gauche – avec Le Drian, le président du conseil régional – comme de droite, par exemple Méhaignerie – ont été influencés par cette idéologie. »

Le FN se déplace à l’intérieur des terres

Aux cantonales de 2011, trois candidats d’extrême droite sont parvenus au second tour, une première en Bretagne. Une candidate n’avait même pas fait campagne, portée par la seule notoriété de Marine Le Pen : elle a récolté 14,3% des voix. Signe d’un début d’ancrage du Parti dans la région ?

Pour Jean-Luc Richard, la géographie du vote FN breton a évolué, passant d’un vote dit « côtier » – les scores les plus élevés du FN dans la région étaient réalisés sur les côtes – à un vote de périphérie :

« La nouvelle évolution du vote FN est très visible en Ille-et-Vilaine : plus on va en périphérie, plus on est relégué loin de la ville et de ses facilités, plus le vote FN est élevé. Il se développe surtout dans les zones rurales, en troisième ou quatrième couronne. »

A l’automne dernier, Le Télégramme consacrait un reportage à ces pêcheurs de plus en plus tentés par le vote FN :

« Région jusqu’à présent réfractaire au Front national, la Bretagne est-elle en train de se “normaliser” ? Les digues que constituaient son passé démocrate chrétien puis son fort ancrage à gauche sont-elles en train de céder ? On ne tirera pas de conclusions définitives mais un constat quand même : dire que l’on va voter Front national n’est plus tabou partout. »

 

 

Source : RUE 89

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Published by dan29000 - dans actualités
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commentaires

Piyou 10/04/2012 15:06


Je ne sais pas si ça a un rapport, mais il y a une vie associative et culturelle très importante en Bretagne, Un ami me disait récemment que la Bretagne a une âme, ce qu'on ne retrouve pas dans
d'autres régions.

dan29000 10/04/2012 17:02



Cet ami très intelligent...a tout à fait raison...Ce n'est certes pas la seule explication, mais le maillage associatif et culturel est une des causes de la relative immunisation. Espérons pour
la Bretagne que cela perdure encore un peu...



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