Buenos Aires : perpétuité pour Alfredo Astiz, l'ange blond de la mort

Publié le par dan29000

Prison à perpétuité pour Alfredo Astiz

  

L'ancien officier de l'armée argentine a été reconnu coupable de la disparition de deux religieuses françaises pendant la dictature.

 

 

L'ex-officier de marine Alfredo Astiz a été condamné mercredi à Buenos Aires à la prison à perpétuité, de même que plusieurs de ses 17 co-accusés, pour son rôle dans la disparition de deux religieuses françaises pendant la dictature argentine (1976-1983) au terme d'un procès de deux ans.

"Alfredo Astiz est condamné à la réclusion à perpétuité", a déclale président Obligado, en lisant le verdict devant Alfredo Astiz, en costume gris et cravate, et son ancien chef Jorge "le Tigre" Acosta, condamné à la même peine pour les mêmes crimes.

Alfredo Astiz, 59 ans, était accusé d'avoir participé à l'enlèvement des religieuses françaises Alice Domon et Léonie Duquet, les 8 et 10 décembre 1977 à l'Ecole de Mécanique de la Marine (Esma), alors qu'il était membre du groupe 3.3.2, responsable d'enlèvements, de tortures et de disparitions.

Parmi les 11 autres accusés dans ce dossier, huit ont également été condamnés à la perpétuité, deux à 25 ans de prison et un a été acquitté.


Quatre accusés

"A-ssa-ssins ! A-ssa-ssins !", pouvait-on entendre chez les proches des victimes, tandis que les parents des militaires chantaient l'hymne argentin.

Sur le total de 18 accusés, jugés pour près d'une centaine de crimes contre l'humanité, deux ont été acquittés et quatre ont reçu des peines allant de 18 à 25 ans, mais tous sont incarcérés car impliqués dans plusieurs dossiers.

Dans des affaires différentes, Oscar Montes, ancien ministre des Affaires étrangères, a été condamné à la perpétuité, tout comme Alfredo Donda Tigel, accusé d'avoir enlevé son propre frère et de s'être approprié la fille de ce dernier, Victoria Donda, aujourd'hui députée.

"Nous arrivons, après 34 ans, au bout du chemin avec les familles qui ont tenu bon et pourront, après les condamnations, entamer enfin leur deuil", a déclaré Horacio Mendez Carreras, avocat des familles des religieuses françaises.


Enlèvement et torture de militantes

Surnommé l'"Ange blond de la mort", Astiz était accusé d'avoir infiltré le mouvement des Mères de la place de Mai, fondé en 1977 par les mères des disparus, en se faisant passer pour Gustavo Nino, frère d'un disparu.

Le 8 décembre 1977, à la sortie de l'église de Santa Cruz de Buenos Aires, il avait désigné les victimes à un commando de l'Esma en les embrassant.

Dix autres militantes, dont la fondatrice des Mères de la place de Mai, Azucena Villaflor, avaient été enlevées.

Elles avaient été torturées à l'Esma, comme près de 5.000 autres personnes pendant la dictature, dont une centaine à peine a survécu.


30.000 disparus en Argentine

La répression en Argentine a fait 30.000 disparus, dont 18 Français, selon les organisations de défense de droits de l'Homme. Le centre de torture de l'Esma est devenu un Musée de la Mémoire.
Astiz a défié le tribunal tout au long de son procès. Il y a 12 jours, il avait lancé: "C'est une persécution pour des raisons politiques".

Il avait été condamné à la perpétuité par contumace en France en 1990 et en Italie en 2007, et l'étau s'est refermé sur lui dans son pays en 2003 après l'accession au pouvoir de Nestor Kirchner et l'annulation des lois d'amnistie, qui a permis la réouverture des procès.

 

 

Source : nouvel obs

 

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