Caen : autoréduction des chômeurs et précaires, un exemple à suivre

Publié le par dan29000

Autoréduction à Caen - Chômeur-euses et Précaires souvent ! EnragéEs tout le temps !


L’autoréduction est une pratique qui consiste pour un groupe de personne à imposer la baisse du prix d’un produit ou d’un service voire sa gratuité.

En 2008 plusieurs autoréductions ont été organisées à Grenoble, Rennes, Paris,... Les cibles sont les supermarchés qui se font des marges faramineuses sur notre dos et celui des producteurs.

Nous sommes des précaires, des chômeur-euses, des RSAistes et/ou des glandeur-euses. Nous avons décidé de nous organiser collectivement pour pouvoir nous défendre face aux gouvernements et à l’économie qui cherchent à nous utiliser et à nous broyer.

Le jeudi 11 mars, nous nous sommes rendu-es à une quarantaine de personnes à l’Intermarché, rue Guynemer à Caen. Nous avons rempli des sacs de bouffe, de produits d’entretien, de produits pour bébé. À l’heure dite, nous nous sommes retrouvéEs au niveau des caisses où nous avons sereinement expliqué notre refus de payer et notre souhait de rencontrer le directeur pour qu’il nous autorise à sortir (condition pour ne pas être poursuivi pour vol.) Toutes les caisses se sont trouvées bloquées pendant environ 30 minutes, et des discussions se sont engagées avec les caissières et les clients, très compréhensifs et favorables dans l’ensemble à cette action. Le gérant du magasin a fini par donner son accord et à nous laisser librement sortir.

Nous avons quitté les lieux sous les applaudissements de plusieurs clients du magasin. Nous avons redistribué les sacs dans les quartiers alentours à des gens ravis. Cette joyeuse balade était suivie de près par une voiture de la BAC. Cela ne nous a pas empêché-es de continuer la distribution. Une fois, les sacs vides, nous avons pris le tram afin de nous disperser plus loin en centre ville. Mais à l’arrêt Guynemer, une trentaine de flics en grande tenue a stoppé le tram et l’a encadré. Tous les voyageurs ont eu droit à un contrôle d’identité et pour certainEs une palpation puis ils nous ont fait descendre. Sans aucunes raisons apparentes, mise à part le délit de faciès, 3 personnes ont été emmenées au commissariat pendant quelques heures pour un contrôle d’identité plus poussé et un petit interrogatoire.

À travers ce genre d’action que nous appelons à se répéter et à se multiplier, nous ne défendons pas le pouvoir d’achat car il n’est qu’un des aspects de l’esclavage moderne que sont le salariat et le chômage. Esclavage par obligation d’accepter des contrats précaires où le/la salarié-e doit être flexible et corvéable. Esclavage par l’obligation d’accepter les offres « raisonnables » d’emploi proposées par la Pôl(ic)e Emploi.

Nous ne faisons pas acte de charité en redistribuant sans contrepartie. Nous voulons juste montrer qu’il est possible, en s’organisant, de réquisitionner ce qu’on nous vole les autres jours.

Notre action était politique et anticapitaliste (n’en déplaise à « Ouest-France » qui a publié un article plein d’erreurs dans la rubrique... « faits divers » !).

Nous refusons que l’argent soit une condition pour accéder aux produits et services fondamentaux... comme au reste d’ailleurs.

NOUS N’AURONS QUE CE QUE NOUS PRENDRONS !

Des participantEs à l’autoréduction du 11 mars.

source : https://ac-reseau.org/cgi-bin/mailm...

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