Caen, le Mât noir : les bonnes sœurs n'aiment pas les squatteurs

Publié le par dan29000

[Caen] Menace d’expulsion imminente du Mât noir

Dernières nouvelles du Mât Noir expulsion imminente !
Cette fois, l’arbalète n’a pas loupé sa cible !


« L’arbalète », l’association paravent des bonnes sœurs de Notre Dame de la fidélité a obtenu gain de cause auprès du tribunal de grande instance le 9 février 2012.

 


L’association a effectivement obtenu, en référé, l’expulsion sous 48 heures du collectif d’occupant-e-s et de l’ensemble des habitant-e-s du squat « le Mât Noir » se trouvant au 26 avenue de Creully. Ne se satisfaisant pas d’avoir à expulser des personnes précaires se trouvant dans l’impossibilité de reprendre dans l’immédiat un logement, le juge a exigé, de chacune de ces personnes, 300 euros au titre de frais divers (administratifs, honoraires…). L’article 700 du code civil ne s’applique habituellement qu’à des personnes solvables. Par cette application, le juge cherche à aggraver la précarité de leur situation.

Nous dénonçons également l’illégalité de cette décision prise par le Tribunal de Grande Instance alors que celui-ci n’est absolument pas habilité à statuer sur ce type de décision. Seul le juge d’instance, en vertu du code de l’organisation judiciaire, en avait la compétence. Ce déni de leurs propres lois prouve encore que le système juridique est un organe de protection des plus puissants.

Ce squat est menacé d’expulsion alors qu’aucun projet de réhabilitation ne s’y rattache. Cette précipitation matérialise leur volonté politique de faire disparaître toutes formes d’initiatives contestataires et d’en briser la dynamique. Elle s’associe à nos yeux à ce projet que poursuit l’État de « nettoyer » le paysage politique de toutes ces logiques qui viennent contrarier ses préceptes intrinsèquement autoritaires et anti-démocratiques alors qu’il y laisse s’y exprimer des partis liberticides, xénophobes, autoritaires, avides de pouvoir.

Le projet que nous associons à chacun des squats que nous ouvrons est d’en faire un espace où l’on puisse librement s’exprimer et s’émanciper de toutes les formes d’oppression que l’État nous fait subir quotidiennement.

Dans la perspective de résister à l’expulsion du « MâtNoir » et d’en maintenir ses activités politiques, nous appelons à un rassemblement le Samedi 25 février à 15 heures Place Bouchard.

Collectif du Mât Noir, 16 février 2012.


À Caen, les squatteurs du « Mât Noir » expulsés sous 48 heures ?

Un huissier de justice serait passé, ce mardi 14 février, à 14h…

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Une salle de réunion, un petit salon où du café est régulièrement servi, des chambres…

Depuis la mi-décembre, une vaste demeure en pierre du XIXe siècle, sur trois étages, située au 26 avenue de Creully, à Caen (près du Jardin des plantes), est occupée par des militants qui dénoncent la spéculation immobilière… Baptisé le « Mât Noir », ce « squat politique autogéré » fait l’objet, depuis plusieurs semaines, d’une ordonnance d’expulsion immédiate.

Selon le site militant, Résistances, la procédure « s’accélère ». L’expulsion est désormais possible « sous 48 heures », estime Résistances.

Un huissier de justice serait ainsi passé ce mardi 14 février, à 14h. Et « une réunion d’urgence » doit se tenir, ce soir, à 18h, au squat.

Néanmoins, selon nos informations, l’intervention policière ne serait pas si « imminente ».

Les squatteurs (Ndlr : dont certains étaient déjà à l’origine du squat Le Pavillon Noir, boulevard Raymond Poincaré, sur la rive droite de Caen, dont ils avaient été expulsés à l’été 2010) « n’acceptent pas que des grands financiers et promoteurs agencent nos cadres de vie à leur guise »…

Au 26 avenue de Creully, ils organisent des portes ouvertes, chaque mercredi, pour expliquer leur démarche.

La justice a été saisie par l’association L’Arbalète, qui représente les intérêts de la congrégation religieuse Notre-Dame-de-la-Fidélité, basée à Douvres-la-Délivrande, et propriétaire des lieux.

Une plainte a été déposée au commissariat de Caen, mais les squatteurs s’estiment dans leur « bon droit », jugeant « insupportable » de voir des logements vides comme celui-ci, et ce, « depuis 2006 ! ».

L’institut Saint-Joseph envisageait, un temps, de construire une école sur le site, mais le projet n’a jamais vu le jour.

Leur presse (Briac Trébert, Côté Caen, 14 février 2012)

 

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