Centres de rétention : révoltes et résistances dans les zones d'oppression

Publié le par dan29000

 

c-resistances-copie-3.jpgUn tract  circule en ce moment à Paris et ailleurs, on vient de le recevoir, le voici.

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RAFLES DANS LES RUES, contrôles dans le métro, patrouilles d'uniformes en tous genres, traque aux vendeurs à la sauvette, caméras perchées aux carrefours... la chasse aux pauvres s'intensifie dans de nombreux quartiers. En ces temps de « crise » où les fins de mois sont toujours plus difficiles à boucler, l'Etat resserre la vis. Pour ceux qui nous écrasent au quotidien et s'enrichissent sans limite, il ne faudrait surtout pas que l'exemple des insurrections de l'autre côté de la Méditerranée ne devienne contagieux ! Ainsi, non content de proposer son expertise en matière de maintien de l'ordre à ses collègues vacillants, l'Etat joue aussi sur la peur des sans-papiers en blindant ses frontières extérieures. Avec ses rafles en gare de Lyon (à Paris) depuis fin février ou celles à la frontière italienne, il est prêt à tout pour tenter de remplir les centres de rétention, ces prisons spéciales pour étrangers en
attente d'expulsion.

POURTANT, nul endroit, même cerné de grillages barbelés, de caméras et de keufs tabasseurs, n'est à l'abri des explosions de rage et de révolte. Ici comme en Belgique ou en Italie, un même cri de « Liberté » est sorti des centres de rétention ces dernières semaines, souvent accompagné d'émeutes, de saccages, d'incendies et d'évasions. A nous de savoir accueillir ce cri, à chacun d'exprimer de la manière la plus chaleureuse qui soit sa solidarité...

Le 13 février, au centre 127bis (Bruxelles), une tentative d'évasion échoue, les retenus s'affrontent avec les gardiens. Pendant une semaine, la tension ne se relâche pas et, le 20 février, les retenus se mutinent alors que se tient un rassemblement solidaire. Certains brisent les vitres, incendient les cellules et montent sur le toit. L'un d'eux parvient à s'évader en franchissant les grillages. Le soir l'émeute reprend, et deux ailes partent en fumée. Le centre est inutilisable.

Le 13 février éclate aussi une émeute dans le centre de Brindisi (Italie). Les sans-papiers saccagent une partie du centre, brûlent les matelas, défoncent les murs puis une partie du grillage... et 27 d'entre eux parviennent à s'évader.

Le 16 février, deux Tunisiens à peine débarqués et enfermés parviennent à s'évader du centre de Modena (Italie).

Le 21 février débute une grève de la faim au centre de Vincennes. Quatre jours après, des tentatives d'incendie se succèdent, les retenus se battent avec les flics et manifestent dans la cour au cri de « Liberté ».

Le 23 février deux sans-papiers tentent de s'évader dans les centres de Turin puis de Bari.

Le 24 février dans le centre de Trapani (Italie), les retenus saccagent le mobilier.

Le 27 février, après un mois de révoltes, le centre de Gradisca (Italie) est totalement en ruine. En moins d'une semaine, les 16 cellules collectives ont toutes été incendiées de l'intérieur les unes après les autres.

Le 27 février, des retenus du centre de Modena (Italie) brûlent les matelas des chambres avant de les balancer avec le reste du mobilier dans la cour.

Le 28 février, quatre des cinq cellules collectives d'une aile du centre de Turin (Italie) sont incendiées, tout ce qui tombe sous la main des retenus en colère est détruit.

Le 9 mars enfin, le centre de rétention du Canet à Marseille est rendu complètement inutilisable suite à deux incendies dans les cellules. Une quarantaine de sans-papiers enfermés sont transférés au centre de Nîmes, au moins cinq sont libérés, un parvient à s'évader, mais six Algériens et Tunisiens sont incarcérés aux Baumettes, accusés de « destruction de bien public ».

Liberté pour tous, avec ou sans papiers !
Solidarité active avec les six sans-papiers accusés d'avoir cramé le centre de rétention de Marseille !


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