CGT-pénitentiaire : "Que le gouvernement arrête de nous faire croire qu'il lutte contre l'insécurité

Publié le par dan29000

«Que le gouvernement arrête de faire croire qu'il lutte contre l'insécurité»
Par MARIE PIQUEMAL 

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a pris de court élus et responsables syndicaux lundi en annonçant la liste de 23 prisons vétustes qui vont fermer leurs portes d'ici 2017. A la place seront construites de nouvelles structures plus grandes, plus impersonnelles aussi et souvent éloignées des centres-ville. Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT-pénitentiaire, est furieuse.

La France est régulièrement pointée du doigt pour la vétusté de ces prisons. Fermer les plus insalubres est une bonne chose, non?

On est les premiers à dénoncer l'état de certaines prisons en France. Je pense par exemple à la prison de Béthune, dans un état catastrophique. Donc, évidemment, on est favorable à des mesures, à l'ouverture d'une réflexion. Mais pas dans ces conditions.

Que voulez-vous dire ?

Il n'y a eu aucune concertation. Le ministère a publié hier la liste des prisons qui allaient fermées sans même nous prévenir avant. Ce sont pourtant des choix lourds de conséquences! Fermer une prison dans une petite ville pour en reconstruire une grande à plusieurs centaines de kilomètres, ce n'est pas rien. Les conséquences sont lourdes, que ce soit pour le personnel pénitentiaire ou pour les familles des détenus obligés de faire des kilomètres pour les visites. Sans parler de toutes les associations qui gravitent autour de la prison, souvent précieuses pour la réinsertion des prisonniers. Le gouvernement n'a pris aucun de ces éléments en compte. Tout a été décidé uniquement en fonction de critères économiques, de rentabilité. Qu'on ne nous parle pas ensuite de qualité du service public!

L'idéal, selon vous, serait de rénover les vieilles prisons plutôt que d'en créer de nouvelles ?

Regardons ce qui se passe à la nouvelle prison de Corbas, près de Lyon. C'est une catastrophe. Le personnel communique avec les détenus par interphone, il n'y a plus de rapport humain, l'atmosphère est stressante, oppressante pour le personnel comme les détenus. Du coup, les incidents se multiplient, tout le monde se sent en danger. A l'inverse, dans les maisons d'arrêt plus petite où le personnel connaît les détenus, c'est bien plus facile de travailler, de repérer les situations de violence, les changements de comportements...

Michèle Alliot-Marie le sait, elle a même reconnu récemment qu'il ne fallait pas faire des prisons déshumanisées. C'est pourtant ce qu'elle fait... Elle supprime des prisons à taille humaine, consommatrices en personnel, pour créer des structures accueillant 700 ou 800 détenus. Cela permettra de réduire les coûts de fonctionnement mais qu'on ne s'étonne pas ensuite de la hausse de la récidive. Et que le gouvernement arrête de faire croire qu'il lutte contre l'insécurité.
Source :Libération

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luc 03/08/2010 12:59



cerets il n'y a pas de raisons d'accepter que l'insalubrité (pour ne donner que cet exemple) s'ajoute à la privation de la liberté. Mais pour le reste : fuck, l'ignoble CGT, dont la
grande revendication est ici et comme sur le reste, d'être consultée préalablement à toute exaction !