Chamamé, un roman décapant de Leonardo Oyola, chez Asphalte éditions

Publié le par dan29000

 

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  Grosso modo, il y a deux types de romans. Ceux où il faut tourner vingt ou trente pages pour qu'il se passe quelque chose, et qui vous tombent des mains quand vient l'assoupissement. Et ceux qui démarrent dès la ligne une de la première page, et qui vous donnent l'envie de tourner les pages plus vite que votre ombre.

 

  Chamamé, c'est la seconde catégorie.

 

  Un roman en forme de cocktail molotov qui vole dans les airs venant s'écraser sous un véhicule de police qui s'embrase ajoutant au vacarme d'une émeute urbaine où les laissés pour compte de la société montrent le bout de leurs oreilles...

 

  Un roman décapant en forme de voyage au bout de l'enfer pour deux potes, Perro et le pasteur Noé. Duo de choc, amis un jour, mais pas toujours alliés, car la vie et les temps changent. Alors ennemis le lendemain suite à une trahison.

 

  Un roman en forme de traque, une sorte de "Boulevard de la mort" livresque, où le lecteur va suivre "on the road" deux types sortis de prison, une route pavée de violence, de sueur, et de sang où les dingues pullulent et où les bagarres sont sans pitié... Le diable probablement, le diable au croisement des chemins, des chemins en forme de frontières, zones toujours violentes, surtout vers l'Argentine. Un univers où l'on meurt pour rien, mais vite.

 

  Un roman en forme de rock'n'roll avec, au fil des chapitres, une belle playlist qui ne peut que nous réjouir, tant elle colle bien aux situations, de Springsteen à Bon Jovi en passant par les Stones...Que du lourd pour un roman bien musclé qui ne tombe jamais dans la facilité, évitant les clichés, et demeurant haletant, sans la moindre baisse de régime.

 

  Leonardo Oyola, né à Buenos Aires, écrit dans la prestigieuse revue Rolling Stone, pour son édition argentine. L'auteur de Golgotha, a obtenu le prix Dashiell Hammet de la Semana Negra, prix du meilleur roman noir en espagnol. Deux belles références pour cadrer cet auteur qui, en plus d'une histoire forte, sait rendre hommage à la culture populaire.

 

  Une des grandes qualités de l'auteur est également d'avoir une écriture très imagée, presque conçue pour le grand écran. On penserait bien à Roberto Rodriguez pour l'adaptation...


  A lire séance tenante avec quelques bonnes bières à la tequila.

 

 

  Dan29000


 

 

Chamamé

Leonardo Oyola

Traduit de l'espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton

2012 / 224 p / 18 euros

Asphalte éditions


 

Voir le site de l'éditeur


 

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PRESSE  /


« Narration brute, lyrisme sec avec cette pointe de fatalisme propre aux âmes qui se savent perdues, désenchantement excluant le repentir, aucune graisse ne gâte cette histoire de règlement de comptes qui tient de la cavale et de la ballade. » Macha Séry,

Le Monde, 30 août 2012

 

« L’un des très bon bouquins de la rentrée littéraire, qui ont le mérite de faire découvrir de nouveaux auteurs en France. Du très bon niveau, une bonne façon d’aborder la littérature contemporaine argentine. » Raoul et Hippolyte Abdaloff, 

Fréquence Paris Plurielle, émission Salle 101, 6 septembre 2012

 

« Fun, électrique, nerveux avec tout ce qu’il faut de poudre et de sang…. » 

Coup de coeur de Nicolas Lefort, Librairie Audé, Paris, 16e

 

On regarde, on dévore, vite et fort. Sans jamais qu’aucun jugement ne soit porté sur les uns ou sur les autres. Pas de jugement, non, juste un goût amer de gâchis, et le triste constat d’échec de nos sociétés. De la sueur, du rock, des guns et des couteaux, un humour noir à la Tarantino et une pincée de romance, et la magie de Tigre Harapiento. Un vrai coup de poing qui sera un des gros coups de coeur de Polarys, et sur les tables pour longtemps. » 

Coup de coeur de Stéphanie Riou, librairie Polarys, Brest

 

 

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EXTRAIT /

 

Ce n’est pas la nuit, le moment le plus chiant pour se mettre au volant.
C’est plutôt l’heure de la sieste, putain.
Ce bleu céleste qui remplit le ciel et qui vous aveugle. Ce n’est pas
le soleil.
Si tu tiens vraiment à conduire à cette heure de la journée, vas-y, je
te laisse ma place.
Je le sais, parce que j’ai vécu pas mal de temps dans un endroit qui
ressemblait à celui-ci.
La même merde, sauf que c’était plus au nord.
Ou alors c’était plus au sud ?
Je ne sais plus trop.
Je me suis retrouvé le cul en l’air après avoir fait un tonneau.
À quel moment ai-je perdu le contrôle ?

 

 

PLAYLIST /

 

Bon Jovi, The Rolling Stones, Bruce Springsteen, Guns n'roses, Van Halen, The Smashing Pumpkins, Evanescence, Terence Blanchard, Michael Hutchence feat Bono, Corona


 

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