Charlie Hebdo condamné par la justice : l'hebdo licencieur est en plus mauvais perdant

Publié le par dan29000

Mercredi, 26. Décembre 2012

Philippe Charb, Mauvais Perdant

 

Ce matin, à la une de l’hebdomadaire caustique Charlie Hebdo, il y a un «communiqué judiciaire» qui dit que : «Par arrêt partiellement confirmatif du 14 décembre 2012, la cour d’appel de Paris Pôle 5 Chambre 2 a condamné la société Les ÉDITIONS ROTATIVE, société éditrice du journal CHARLIE HEBDO à payer à Maurice SINET dit SINÉ la somme de 90.000 euros à titre de dommages intérêts pour rupture abusive de leur collaboration à la suite de la parution de la chronique de Siné, dans le numéro du 2 juillet 2008.»


 

Et juste au dessus, il y a un dessin de Stéphane Charbonnier, dit Charb, directeur de la publication, qui montre Siné – dont chacun(e) sait qu’il est actuellement soigné pour un cancer - s’envoyer du champagne dans les narines : derrière lui, un premier petit personnage (PP) lui souhaite une bonne « santé », cependant qu’un second PP semble s’inquiéter de cette sympathique attention…

 

…Et lance : «Arrête, il va nous faire un procès».

 

 

Ce dessin est intéressant : il suggère, assez nettement, que Siné est d’un naturel si procédurier – ou si totalement barré - qu’il est même susceptible d’ester contre des gens dont le seul tort serait de lui adresser de gentils vœux.

 

Par ce procédé, Charb – qui se garde bien de rappeler ce qui l’a motivée - insinue que la condamnation de Charlie Hebdo est injuste, et que l’hebdomadaire est victime des chicaneries d’un mauvais coucheur rongé par des manies processives.

 

Or: non.

 

Dans la vraie vie: non.

 

Dans la vraie vie, rappelons-le, c’est après que le prédécesseur de Charb à la chefferie de Charlie Hebdo –l’éditocrate Philippe Val (1)– l’avait salement viré en 2008 -au prétexte, mensonger mais particulièrement infâmant, d’une chronique prétendument «antisémite»- que Siné avait porté plainte contre son ex-employeur: c’est donc bien lui qui était, dans cette affaire, la victime

 

…Comme des juges l’ont ensuite confirmé –en première instance, puis en appel- en établissant qu’il ne pouvait absolument pas «être prétendu que les termes de la chronique de Maurice Sinet» qui avait fait sortir Val de ses gonds étaient «antisémites», et que le renvoi de l’intéressé était par conséquent abusif.

 

Siné, lorsqu’il a porté plainte contre Charlie Hebdo, n’a donc fait que défendre ses droits contre un patron qui les bafouait : c’est cette réalité documentée que Charb (qui s’était rangé en 2008 sous la bannière du lourdeur) tente d’effacer par son dessin du jour, en la remplaçant par une réalité-bis quelque peu délirante.

 

Par cette tentative, il confirme qu’il a parfaitement retenu les leçons de Philippe Val, qui s’était lui aussi fait une spécialité de réaménager le réel au gré de ses lubies: tu crois qu’on peut lui dire, ou s’il va nous faire un procès ?

 

 

 

 

(1) Qui s’est ensuite spécialisé, après avoir été promu sous le règne décomplexé de Sarkozy à la big bosserie de France Inter, et comme pour mieux marquer son indéfectible attachement à la-liberté-d’expression, dans le renvoi de qui n’avait pas l’heur de penser selon ses goûts: cette pratique (la même, qui vaut aujourd’hui à Charlie Hebdo sa condamnation à payer à Siné 90.000 euros de dommages et intérêts) a déjà coûté à cette radio d’État – et donc au contribuable – plusieurs centaines de milliers d’euros.

 

 

 

 

SOURCE / BAKCHICH.INFO

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