Chenôve (21), comme partout, la chasse aux Rroms

Publié le par dan29000

Chenôve (21): 4 familles roms menacées d'expulsion par la Ville
 
Edition : Dijon / Bourgogne



Il ne fait décidément pas bon d'être Roms dans le Grand Dijon actuellement... Après la démolition par le Grand Dijon d'une maison rue Sully squattée par trois familles roms, jeudi 15 juillet 2010, la Ville de Chenôve a à son tour menacé d'expulsion ces mêmes ressortissants roumains de l'habitation qu'ils occupent désormais au 23 rue de Longvic, mercredi 21 juillet. Au total, dix-huit Roms dont neuf enfants sont concernés par cette menace d'expulsion... dijOnscOpe a rencontré Christelle Dubard, militante PS, qui a passé la nuit avec les familles et nous explique les événements de la journée.



Décalage horaire


"Les forces de l'ordre sont venues dès le milieu de l'après-midi pour menacer d'expulsion les quatre familles roms parce que la maison, propriété de la ville de Chenôve, doit être démolie avant lundi 26 juillet. Elles ont procédé au contrôle des papiers des habitants, conservant pendant plusieurs heures les documents. À 17h, des ouvriers employés par la municipalité sont venus démolir la maison voisine. Ils ont tenté de s'introduire ensuite au 23 de la rue de Longvic mais les membres des associations de soutien aux Roms présents les en ont empêchés. Une demie heure plus tard, environ vingt policiers sont arrivés en renfort".


Une vingtaine de personnes soutenant les Roms se sont opposées aux ouvriers ainsi qu'aux forces de l'ordre, revendiquant que toute expulsion est illégale sans procédure au tribunal d'instance et cela si les personnes occupent les lieux depuis plus de quarante-huit heures... Sur ce point, policiers et associations ne sont pas d'accord comme nous le précise Christelle Dubard. "Les policiers ont essayé de justifier l'expulsion en nous évoquant des dépositions de voisins qui confirment que les Roms squattent cette maison depuis moins de quarante-huit heures. De notre côté, nous avons recueilli des témoignages de personnes travaillant à la MJC qui ont constaté la présence des familles au delà de ce délai".



Négociations : une nuit de rab' à Chenôve...


Devant ces deux versions des faits, Christelle Dubard accompagnée de Jérôme Leuba, autre militant soutenant les Roms, ont discuté avec les forces de l'ordre pour tenter de trouver une issue moins pénible pour les familles. "Nous avons essayé de négocier le départ volontaire des Roms sous plusieurs conditions. Nous avons demandé un engagement écrit de la préfecture de Côte-d'Or assurant l'hébergement des familles sur une durée minimale de quinze jours ainsi que l'accompagnement dans leur démarches administratives afin d'obtenir une régularisation de leur situation. Les négociations se sont avérées houleuses. Elles ont duré plusieurs heures. La tension est montée d'un cran si bien qu'à 19h, les policiers nous ont expliqué que la préfecture de Côte-d'Or se déchargeait du dossier, la mairie de Chenôve portant plainte auprès du procureur de la République. Les Roms sont dorénavant sommés de quitter les lieux sans quoi le procureur ordonnera leur expulsion".


La tension n'a cessé d'augmenter durant ces heures de négociation si bien que le commissaire divisionnaire - directeur départemental de la sécurité publique en Côte-d'Or François Perrault, s'est déplacé sur les lieux à 19h45. Après avoir discuté avec ses collègues, il s'est exprimé devant la presse : "Nous avons pris la décision de ne pas faire usage de la force ce soir dans le cadre de cette procédure judiciaire parce que tous les documents ne sont pas réunis, certains témoins discutant sur la date d'arrivée des Roms dans cette maison. Les éléments actuels en notre possession ne nous permettent pas d'établir de certitudes".


Les Roms ont ainsi pu rester sur place une nuit supplémentaire. Quant à Christelle Dubard et Jérôme Leuba, ils ont finalement obtenu un rendez-vous avec le directeur de cabinet de la préfecture de Côte-d'Or, Alexander Grimaud, jeudi 22 juillet à 9h30. Enfin, la direction de la cohésion sociale recevra dans l'après-midi les familles roms qui, selon Christelle Dubard, "sont prises en otage dans cette affaire".

Source : MEDIAPART

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