Claude Allègre, un scientiste truqueur et vindicatif attaque Politis

Publié le par dan29000

Allègre poursuit Politis pour une affaire vieille de trente ans
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 

Claude Allègre est un personnage imprévisible. Il n'a pas répondu en justice aux attaques particulièrement nombreuses sur son livre, se laisse comparer à Jean-Marie Le Pen, mais décide de poursuivre l'hebdomadaire Politis qui tire à 30 000 exemplaires pour une tribune parue en juin 2009 (oui, il y a presque un an), parce qu'elle évoquait l'affaire du volcan de la Soufrière, premier épisode de la guerre avec le célèbre vulcanologue Haroun Tazieff.

Tout juste nommé directeur de l'Institut de physique du globe, en 1976, Claude Allègre aurait surestimé le risque pour les populations voisines du volcan guadeloupéen, en demandant et obtenant leur évacuation… pour rien, puisque le volcan n'est pas entré pas en éruption.

La tribune dans Politis, signée par sept personnalités du monde économique et scientifique, met en cause l'éthique d'Allègre à travers l'épisode de la Soufrière, pendant lequel le scientifique a été accusé de manipulation de données.

Haroun Tazieff avait été condamné en 1990 pour diffamation pour avoir dit qu'Allègre avait inventé la présence de « verre frais » dans les cendres de l'éruption, dans le but de maintenir l'état d'urgence, plus favorable à l'octroi de crédits pour l'université.

Denis Sieffert, directeur de la publication de Politis, remarque que cet épisode volcanique est « fondateur dans la carrière de Claude Allègre, c'est le moment où il commence à prendre des libertés avec la science et à entrer en politique. »
Une affaire « relativement incompréhensible »

La tribune, publiée alors que le nom d'Allègre circulait pour une éventuelle nomination au gouvernement, termine par une mise en garde :

« Avant de nommer Claude Allègre à de hautes fonctions liées à la science, on voudrait se persuader que le président de la République n'a aucune crainte de voir son poulain verser à nouveau dans de semblables dérives… »


Claude Allègre n'hérite d'aucun maroquin ministériel mais publie en février un livre « L'imposture climatique » (Plon) dont les ventes sont estimées, au dernier recensement, à 130 000 exemplaires.

Cet opus donne lieu à un pamphlet du journaliste de Libération Sylvestre Huet : « L'imposteur, c'est lui - Réponse à Claude Allègre » (Stock), réponse méthodique à chacun des arguments du pourfendeur des thèses sur le réchauffement climatique. Le livre déclenche une pétition de centaines de climatologues qui en appellent à leurs tutelles pour faire taire le bruyant Claude Allègre.

Pour le directeur de la publication de Politis, Denis Sieffert, convoqué devant le juge jeudi dernier avec les sept signataires de la tribune, cette affaire est « relativement incompréhensible ». Le journaliste a deux hypothèses :

« La première, c'est qu'il ne nous aime pas depuis très longtemps, parce que sur les OGM, le nucléaire et l'écologie en général, on pense à l'opposé de lui et de ses thèses scientistes.

La seconde est que cette tribune lui a nui à un moment où il était ministrable, que Fillon et Sarkozy se sont dit en nous lisant “encore un personnage à emmerdement”. »

Allègre « n'est pas procédurier »

Claude Allègre n'a pas souhaité s'exprimer sur cette poursuite en diffamation et a laissé son attachée de presse en expliquer la logique :

« Les propos sur la Soufrière ont déjà été condamnés il y a bien longtemps. Politis a repris ces propos et Allègre a décidé de ne pas les laisser passer. Mais Dieu sait qu'il est pas procédurier, il est très au-dessus de ça, d'ailleurs les attaques sur son bouquin il s'en fout, il n'a pas de temps à perdre avec ça. »


Reste à comprendre pourquoi Claude Allègre n'a pas demandé de droit de réponse. A Politis, on s'étonne :

« Normalement, on commence comme ça et si on n'obtient pas gain de cause, on va en justice. »


La plainte a été déposée dans le délai des trois mois suivant la publication de la tribune, mais la procédure a été longue et les sept scientifiques et le directeur de la publication n'ont été convoqués en vue de leur mise en examen que ce mois-ci.

L'avocat de Claude Allègre, maître Michel Pezet, assure que son client « n'a rien contre Politis, le journal n'est que le support, il n'est pas dans la ligne de mire. » N'empêche qu'il pourrait être mis en danger s'il était condamné à de lourds dommages et intérêts. Et qu'il a du coup lancé une pétition de soutien, déjà signée par 5 000 personnes depuis jeudi (3750 visibles sur le site de la pétition, les autres en attente de validation).

 

Source : RUE 89

 

Et pour signer la pétition :

 

http://www.politis.fr/Proces-Allegre-signez-la-petition,10573.html 

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