Colombie : liberté pour Angye Gaona et tous les prisonniers politiques

Publié le par dan29000

 

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"Les questions retentissent,
claquements dans les tympans officiels.
S’éveillent les noms harcelés,
les écartelés sans sépulture,
occultés sous la fange impunie.
Les noms se raniment dans les voix ;
les murs des prisons peuvent s’effondrer,
les trônes peuvent être pris,
les frontières se diluent,
si on invoque ces noms.
Aucune arme, aucun affront, rien,
ne devra répliquer à ces noms calcinants."

Angye Gaona
Extrait du poème Le volcan parle
Traduction française de Pedro Vianna

– avec Cristina Castello.
Biographie abrégée de Angye Gaona

Angye Gaona (Bucaramanga, Colombie, 1980) poète colombien, membre de Prométhée et de l'équipe organisatrice du Festival International de Poésie de Medellín pendant cinq ans. Elle a créé en 2001, le premier Salon international de la poésie expérimentale. Elle est également sculptrice. Elle a produit des nombreuses émissions culturelles à la radio. Elle exerce des activités visant à promouvoir la poésie dans sa ville natale. Ses poèmes ont été inclus dans des anthologies et des publications imprimées ou électroniques en Colombie et dans de nombreux pays. Plus récemment, un choix de ses écrits a été inclus dans une anthologie de nouvelles voix de la poésie colombienne publiée par l'Université de Monterrey (Mexique).

En 2009, elle publie son premier livre: « Naissance volatile » (Natalia Rendón illustrations), et participe à la Rencontre internationale du  surréalisme, intitulée : «Le seuil secret » (Santiago, Chili), la plus grande exposition jamais organisée du mouvement surréaliste en Amérique latine.

En 2010, elle réalise le poème expérimental « Les fils du vent" » disponible sur le site: http://www.wix.com/viento/viento . Son travail a été partiellement traduit en français, catalan,  portugais et anglais. En 2011, elle a remporté le  Prix du Salon métropolitain des arts avec une performance intitulée « Regarde ».  En 2012,  elle devrait participer à l'Exposition internationale « Surréalisme 2012 » (Pennsylvanie, États-Unis), si elle n’est pas incarcérée d’ici-là.

Un Cahier Spécial bilingue lui sera consacré dans le prochain numéro (5) de la revue poétique  française « La Voix de Autres », à paraître en mars 2012

Défense d'Angye Gaona, poète colombienne

    A partir de maintenant, il est primordial que chacun d'entre nous veuille bien prendre une part active pour soutenir Angye Gaona avant le procès inique dont elle est l'objet. La situation d'Angye est gravissime comme vous pourrez le constater. En Janvier 2011, de retour du Venezuela où elle s'était rendue pour faire provision de livres, elle avait été interpellée puis incarcérée 4 mois dans une prison de haute sécurité sans avoir été jugée d'aucune manière pendant sa détention. Après une intense campagne de pétitions d'ampleur internationale, elle avait été mise en condition de liberté provisoire. toujours sans jugement. Depuis sa sortie de prison, le 20 mai 2011, elle est dans l'attente d'un début de procédure judiciaire contre elle, pour des délits arbitraires dont elle se trouverait accusée. Le procureur n'ayant toujours pas décidé ni éclairci les faits qui prouverait  un quelconque "acte de délinquance" aggravé par les accusations de "rébellion" et de "narcotrafic". Ainsi c'est dans un flou total que débutera, le 23 janvier prochain, son procès pour le moins arbitraire, dans la ville de Cathagène située à plus de 800kms de la ville où réside Angye et les témoins qui pourraient témoigner en sa faveur.  Sous le prétexte on ne peut plus hypocrite de manque de moyens financiers,  le tribunal a refusé de prendre en considération les déclarations des témoins.

    La vérité probante de cette histoire c'est qu'auparavant elle n'avait jamais cessé de dénoncer les assassinats et disparitions des opposants à l'état colombien perpétrés par les militaires, la police, les services secrets et autres escadrons de la mort, de soutenir, par le biais de ses interventions poétique et culturelles, en dépit des dangers que cela représentait  pour elle, les milliers de prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons de son pays.  Si l'on ajoute à tout cela son engagement au grand jour dans la participation commune pour la constitution d'une organisation cohérente et solidaire en vue  de combattre la corruption "légalisée" qui gangrène la Colombie, il n'est pas bien difficile de comprendre pourquoi elle représente une menace pour les pouvoirs en place.  Ces derniers mois, elle a créée des lieux de rencontres et d'échanges interculturels avec les jeunes de sa ville. Bien qu'elle vive très pauvrement, ayant tout juste de quoi nourrir sa petite fille avec laquelle elle partage une pièce unique dans un quartier de Bucaramanga, sa ville  natale, où elle habite à cinquante kms de la frontière Vénézuélienne. Maintenant elle doit défendre son innocence dans un procès truqué par avance. Elle a un besoin urgent de notre aide. Elle encourt jusqu'à vingt ans de prison, voire pire. Que chacun diffuse à vitesse grand V ces informations, ainsi que les messages à venir.

Nous avons le devoir impératif de dénoncer que:
1° condamner à l'avance une poète pour trafic de drogue afin de la faire taire est une offense à la poésie
2° le "délit d'opinion" consistant en un acte de solidarité envers autrui et les siens ne saurait sous aucun prétexte être puni.


Cristina Castello, poète argentine vivant en France et amie d'Angye, lance un fervent appel de soutien à l'attention de la communauté internationale. Soyons conscient qu’en d'autres temps de sinistre mémoire, nous aurions très bien pu nous retrouver dans une situation similaire à la sienne. En Colombie la grande majorité de la population est complètement terrorisée par la répression sanglante et très peu d'individus n'osent afficher publiquement leur soutien par crainte des représailles.

Voici des liens vers quelques articles décrivant l'état des lieux:
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5935 (français)
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5878 (English)
http://www.es.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=2613:colombia-banada-en-sangre-a-un-ano-de-santos-cifras-del-terror&catid=90:impunidad&Itemid=422 (espagnol)

    Si jamais vous avez des connaissances influentes, dans les domaines des arts, de la littérature, des droits de l'homme, de la politique, ou de la diplomatie...etc... alertez-les car le temps presse.
Nous avons besoin de vous tous.
Nous avons besoin de traducteurs, et de personnes relayant notre action tant en France qu'à l'étranger.

    Le procès débutera le 23 janvier et le verdict devrait être rendu au plus tard dans deux mois. Nous avons encore la chance dans notre pays (France) de ne pas subir la répression terrible sévissant en Colombie (appuyée par le tout-puissant gouvernement de la pseudo démocratie US), par conséquent soyons tous solidaires de cette femme, poète au demeurant très talentueuse, qui risque d'être condamnée avec trois autres personnes  _ une syndicaliste,  un étudiant et  un défenseur des Droits de l'Homme, eux-aussi, comme par hasard, inculpés des mêmes charges _ arrêtées, à quelques jours d'intervalles, en janvier 2011, avec toute l'infernale force répressive dont disposent les forces armées, comme s'il s'agissait de criminels notoires, pour évidemment servir d'exemple et intimider tout ce qui reste d'esprits libres en Colombie.

    Le seul crime véritable d'Angye Gaona est d'être poète et de ne pas approuver les exactions commises par son gouvernement, comme il nous arrive à nous aussi dans nos pays respectifs de le faire en France sans être inquiétés outre mesure, du moins jusqu'à maintenant....

    Selon son avocat, il y un deuxième chef-d'accusation qui  est venu s'ajouter au premier: celui de: "rébellion". Elle se retrouverait alors  doublement prise au piège dans la mesure où si elle demandait l'asile dans une ambassade étrangère, elle tomberait immédiatement sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour narcotrafic. Pourtant, ce qu'elle désire avant tout, c'est de pouvoir rester dans son pays librement, en continuant de travailler dans le domaine de la culture. N'ayant pas beaucoup de ressources, elle a du opter pour l'aide juridictionnelle.
Lire la suite, sur le site DANGER POESIE, ICI

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