Conseil général des Bouches du Rhône : le système Guérini, honte du Parti socialiste

Publié le par dan29000

 

 

Guérini : jusqu’à quand la gauche restera t-elle solidaire d’un système condamné ?


Le roi est nu ! Montebourg a mis sur la place publique ce que nul n’ignorait, mais qui était voué aux murmures apeurés. C’est qu’il en tient dans ses mains le système Guérini, des journaux, des appareils de partis (et pas que le PS), des élus, des associatifs, des simples citoyens. La clientèle. Et quel sentiment d’impunité ! Dûment informés de la procédure entamée contre eux (d’après Le Canard, par le patron du renseignement intérieur en
personne), les frères et leurs obligés ont continué à régler leurs affaires au téléphone comme vous et moi ! Avec un immense courage déjà expérimenté lors des frasques septimaniennes de Frèche, la direction du PS, Aubry en tête, vole au secours, soutenant contre l’évidence que le dossier est vide. Il suffit pourtant de s’en tenir à ce qui est sur la place publique.
Pratiquement plus un seul jour sans que les ramifications des dossiers ayant conduit aux mises en examen d’Alexandre Guérini ne mettent directement en cause le fonctionnement du Conseil Général des Bouches du Rhône. On est passé des traitements des déchets à celui des maisons de retraite, en passant par l’attribution des logements HLM et le recrutement clientéliste. Plus des liens avec la femme d’un caïd, Barresi, arrêté après quinze ans de cavale. Entre autres. A elles seules les interventions tolérées (attestées par les écoutes téléphoniques) d’Alexandre Guérini dans le fonctionnement du Conseil Général, et de la Communauté Urbaine suffiraient à démentir toutes les belles paroles lancées par tous les soutiens de la majorité départementale en faveur de l’engagement citoyen. Comme au bon vieux temps du stalinisme, on nous enjoint de toutes part (et parfois par la voix d’intellectuels locaux ayant pignon sur rue) de « ne pas faire le jeu », au choix : de la droite ou du FN.

La droite ? Elle est dans le même sac. Il n’y a qu’à voir son silence éloquent sur les dossiers en cours, indiquant
que ces pratiques sont aussi les siennes. Entre elle et la famille Guérini, la jonction, la clé de voûte qui fait tenir l’ensemble, c’est FO, un syndicat localement très spécial. Qui sert, se sert et qu’on sert, justifiant que la présence d’un de ses chefs soit imposée au plus haut niveau de Marseille Provence Métropole par Alexandre Guérini en personne (toujours les écoutes).
Quant au FN (outre qu’il fut lui-même allié de Gaudin en son temps), c’est justement ces pratiques qui font une partie de son terreau. De la gauche on doit exiger un sursaut indispensable. Pour l’instant on n’entend au contraire que des déclarations de solidarité, des silences assourdissants, des velléités sans remise en cause des alliances (EE).

Tous pourris ? Absolument pas ! Certains ont de longue date eu le courage de s’y opposer, au nom même des
valeurs de la gauche. Le NPA bien entendu, qui n’a jamais mangé de ce pain que tant d’autres trouvaient à leur goût. Mais aussi une masse de militants syndicaux ou associatifs, bien vite repérés et pourchassés. Médiapart a rendu compte d’une réunion dans les quartiers nord de Marseille, en présence d’Olivier Besancenot, où justement le thème de la lutte contre le clientélisme était central. Autre signe révélateur, l’intersyndicale des territoriaux de Marseille et de la Communauté Urbaine, qui a joué un rôle majeur pendant les grèves de l’automne, a conservé son unité contre l’alliance des élus PS et Droite avec FO. L’ensemble des UD semble maintenant prendre le relais, une nouveauté décisive dans le 13.

Désormais, l’heure n’est plus aux accommodements, aux petites et grandes lâchetés.

Pierre Godard, Samy Johsua

 

Source : NPA

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