Copenhague : Bien moins de volonté de sauver le climat que les banques

Publié le par dan29000

charbon-copenhague-cherbourg-lda-Le Monde a bien résumé la situation après l'échec de Copenhague : "un accord non contraignant qui n'est pas signé par tous les pays, obtenu par des négociations de couloirs." Il est vrai que sur 193 pays de la COP15, seuls 26 pays ont pris la décision de publier un texte qui prétend être un traité à valeur internationale. Mais c'est un traité canada dry. D'ailleurs même pas signé par les pays en présence car la plupart des autres étaient déjà de retour chez eux ou dans les avions !

Certes, les pays pauvres se sont fait entendre en montrant  leurs désaccords en ne votant pas le texte proposé par les deux pollueurs en chef, les USA et la Chine. L'Europe, quant à elle a démontré son inexistence, puissance économique de premier plan et nain politique, malgré le joli brassement d'air de Sarkozy qui en rajouta...

Seul Hugo Chavez a osé dire une partie de la vérité sur l'étrange blocage qui a paralysé le sommet durant deux semaines : "Ce fantôme est un fantôme effrayant, presque personne ne veut prononcer son nom: le capitalisme. Si le climat était une banque, vous l’auriez déjà sauvé ! "
 Le traité "à minima" dont a accouché le sommet n'est qu'un deuxième plan de sauvetage du capitalisme par les actionnaires, les lobbys anti-écologie, les représentants des pays développés.
Il suffit de survoler en diagonale ce fameux traité pour comprendre ce qu'il épargne, pas la planète, mais un système de production et de consommation mis en place depuis 50 ans: le capitalisme basé sur le libre échange.

Alors peu importe de savoir qui, de la Chine ou des USA, a bloqué le plus un éventuel traité, peu importe de constater l'impuissance, d'ailleurs pas nouvelle, des Nations Unies (Penser que l'on peut négocier avec 192 chefs d'Etat est assez ridicule) ou que la présidence danoise n'a pas arrangé les débats.
Tout cela est vrai, mais le plus important à comprendre est  que  la loi du profit maximum est la règle et c'est elle qui a été préservée!

Hugo Chavez a rappelé au monde :
500 millions de personnes les plus riches, soit 7% de la population mondiale sont responsables de 50% des émissions de gaz à effet de serre.
50% des personnes plus pauvres ne représente que 7% des émissions. Et c'est à ces personnes qu'on demande d'accepter de mourir, d'être sacrifiés au présent et à l'avenir?

La moindre contraite écologique est réellement une entrave au libre-échange, donc aux profits.
Alors les pleurs, sans doute sincères de Nicolas Hulot ou d'Artus-Bertrand, peuvent émouvoir certains, mais nous laisse un peu dubitatif. Comme le choeur des hommes politiques de gauche et de droite toujours d'accord pour la continuation d'un système économique dévasteur de la planète.
Les multinationales et leurs actionnaires n'ont que faire du réchauffement climatique, n'ont que faire que les ours blancs ou des milliers d'espèces disparaissent un jour prochain, n'ont que faire que les Maldives soient un jour rayées de la carte où que quelques villes disparaissent. Gageons que le capitalisme saura à ce moment là trouver un moyen pour transformer les dégâts et les souffrances en profits, comme d'habitude. On peut au moins leur faire confiance là-dessus.

Mais si on ne va pas pleurer sur cet échec un peu prévisible que nous fûmes quelques uns à prévoir en disant que cela n'était pas le climat qu'il faut changer, mais le système mortifère du capitalisme, on pourra néanmoins comprendre la tristesse de ces milliers de militants des ONG et associations qui préparaient Copenhague depuis deux ans ! Espérons que la réflexion après les bilans à chaud feront progresser cette idée que nous tentons de marteler depuis quelques semaines et que les Verts notamment, arrivent mal à entendre : Améliorer le système libéral actuel ne peut que retarder les échéances, et même cela reste difficile, si l'on veut et de plus en plus de gens le veulent, changer ce monde en danger, il nous faudra changer de système, pas juste le repeindre en vert fluo, car cela le capitalisme commence déjà à le faire.

Pour mémoire pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, un texte publié il y a quelques jours de Morgan Ody, un texte essentiel à lire :




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Jean Georges 21/12/2009 23:50


Bonsoir,
C'était en effet une belle pantalonnade, tout ça pour ça, ils ont dépensé plus d'énergie et rejeté de CO2 que n'en dépense un pays comme le Burkina Fasso en un an.
J'ai trouvé, effectivement que Chavez avait marqué cette conférence de son courage idéologique, face à une diaspora de beaux parleurs qui comme a dit Chavez " si le climat était une banque vous
l'auriez déjà sauvée" cette phrase intelligente est une des rares  prononcées pendant cette pantomine. JG.


dan29000 22/12/2009 08:51


Oui, c'est réducteur de dire que cela, mais c'est sans doute pas le climat qu'il faudra changer, mais le système et cela va être compliqué,, mais on peut toujours essayer...