Copenhague : Les ONG écartées du sommet, la tension monte

Publié le par dan29000

1260990263.jpgNnimmo Bassey est le président des Amis de la Terre International. Son organisation a été purement et simplement évincée du fameux Bella center, le centre de conférence où patinent les négociations. Hier après-midi, ils ont donc organisé un sit-in pour exiger des explications tandis que la presse était fermement invitée à se tenir à l'écart.

Que s'est-il passé hier?
Les Nations-Unies nous avaient prévenus. A cause de l'arrivée de plus de 100 chefs d'Etat, les délégations des ONG allaient progressivement être réduites à peau de chagrin. Nous sommes venus à 450 mais hier, seuls 96 délégués pouvaient entrer dans le centre de conférence. Sauf qu'en arrivant hier matin, nos badges n'étaient plus reconnus par leur système informatique. En gros, nous avons été rayés de la liste dans la nuit. Nous avons exigé des explications, lesquelles étaient assez confuses. En tant qu'observateurs, nous suivons les négociations de l'intérieur mais nous avons aussi beaucoup d'actions en parallèle, que ce soit au Klimaforum, le sommet alternatif où se déroulent de nombreuses conférences, ou dans la rue. Nous avons été virés pour des raisons de sécurité apparemment.

Pourquoi?
Ils ne l'ont pas dit clairement mais ce qui est sûr c'est que nous ne représentons une menace pour personne. Nous sommes non-violents, nous ne menaçons pas l'intégrité physique des chefs d'Etat qui s'apprêtent à venir à Copenhague. Par ailleurs, toutes les manifestations organisées ces derniers jours étaient des manifestations légales, autorisées par la ville et la police.

Qu'allez-vous faire?
Après discussion avec les Nations-Unies, nous avons obtenu 4 places pour aujourd'hui. Ce n'est pas normal que la société civile soit mise de côté ainsi. Cela prouve que la COP est un processus non démocratique, au sens où la démocratie est faite par et pour les gens. Regardez ce qui s'est passé ces derniers jours, on a l'impression d'être dans un Etat policier. Alors que des manifestants, et des protestataires à l'intérieur, qui réclament un accord juste, équitable et contraignant, ont voulu aller à la rencontre des manifestants. Ils ont été reçus avec des matraques par les policiers. Encore une fois, ce sont des manifestations pacifiques.

Est-ce que vous allez revenir?
Bien sûr, on ne peut pas se permettre d'être absents. Mais vu la façon dont les négociations se passent, on ne se fait plus d'illusions. L'accord qui se dessine n'est pas un accord qui servira les peuples. Les pays se fabriquent leurs propres lois sans se préoccuper de ce que les gens veulent. Mais cela ne m'étonne qu'à moitié.

 

Source Libération

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