Cordoba : perpétuité pour le dictateur Videla, responsable de 30 000 disparitions

Publié le par dan29000

 

 

 

Le dictateur argentin Rafael Videla, responsable de la disparition de plus de 30 000 opposants politiques, condamné à perpétuité

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pc...

Communiqué de la chaîne de télévision vénézuelienne TeleSur

 

 



Le Tribunal fédéral numéro 1 de Córdoba, a prononcé la perpétuité dans une prison de droit commun pour l’oppresseur argentin Jorge Rafael Videla, accusé de crimes contre l’humanité lors de la dernière dictature militaire.

Videla a été condamné, avec 29 autres accusés, parmi eux, Luciano Benjamin Menendez, qui passera devant une commission médicale pour estimer s’il peut purger sa peine dans une prison de droit commun.

Les juges Jaime Diaz Gavier, Carlos Lazcano et José Perez Villalobo, ont estimé Videla et Menendez responsable des crimes qui leur étaient imputés et qui correspondent à la mort de 31 prisonniers politiques, auxquels s’ajoutent les personnes enlevées et torturées par les anciens policiers présents sur le banc des accusés.

L’ancien chef des armées avait déjà été condamné à perpétuité lors du procès de la Junte des Commandants organisé en 1985, mais il avait été gracié par le président Carlos Menem (1989-1999), en dépit des protestations des Argentins.

Le verdict, qui impose que cette peine soit purgée dans une prison de droit commun, a été accueillie dans la joie par les proches des victimes et les survivants de la répression illégale, tant devant les portes du tribunal de Cordoba qu’à Buenos Aires, où le verdict a été retransmis en direct au siège du Secrétariat des droits de l’Homme d’Argentine.

Le correspondant de teleSUR en Argentine, Sergio Darco, a souligné que « c’était ce que l’on attendait, l’excitation et la joie de toutes ces personnes qui se trouvaient aux portes des tribunaux ».

« L’ancien président de facto Jorge Rafael Videla ira dans une prison de droit commun, il convient de rappeler que Jorge Rafael Videla avait déjà été condamné et qu’il a pu passer sa peine chez lui ».

Pour ce qui est de Menendez, Darco a rappelé qu’il « avait laissé entendre que, pour des raisons de santé, il ne pouvait aller en prison ». Toutefois, après le verdict de mercredi, « il sera soumis à un examen médical pour évaluer si il peut finalement purger sa peine dans une prison de droit commun ».

Le procès avait commencé le 2 juillet dernier et s’est conclu par le verdict rendu ce mercredi. On attend encore la décision finale concernant les autres oppresseurs placés par la justice Argentine sur le banc des accusés.

Pour se défendre, l’ancien dictateur Videla a revendiqué les agissements des Forces Armées durant son mandat et a insisté sur le fait que « la société argentine a été la principale force protagoniste de cet affrontement et c’est elle qui a donné ordre à son bras armé d’intervenir en sa légitime défense ».

De son côté, l’oppresseur Luciano Benjamin Menendez, qui s’est distingué durant la dictature militaire comme le chef du 3ème corps d’Armée, a justifié le terrorisme d’Etat en avançant l’idée que « les argentins ont subi l’assaut des subversifs marxistes qui, sur ordre de l’Union soviétique et de sa succursale américaine, Cuba, voulaient soumettre le pays à leur système. »

Le prix Nobel de la Paix et responsable du Service Paix et Justice (Serpaj), Adolfo Perez Esquivel, qui a assisté aujourd’hui à l’audition 62 du procès, a déclaré que l’Argentine « est allé plus loin que n’importe quel autre pays » en ce qui concerne les procès pour violations des droits de l’Homme, ce qui, dit-il, a constitué une « très importante décision politique du peuple argentin. »

Perez Esquivel a affirmé par ailleurs que le procès est « une avancée de la plus haute importance dans le droit à la vérité et à la justice, où le Pouvoir Judiciaire et la décision politique d’avancer dans ces procès vont permettre d’établir qui sont les responsables de ces crimes contre le peuple et que cela ne se reproduira plus jamais ».

« Cela constitue un précédent non seulement en Argentine, mais aussi dans le monde entier », a ajouté Perez Esquivel.



De : Solidarité-Internationale-PCF

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