Corse : 24 attentats signés FNLC avant la venue de Sarkozy

Publié le par dan29000

Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) a revendiqué, dimanche 31 janvier, à Ajaccio, deux jours avant une visite de Nicolas Sarkozy, vingt-quatre attentats perpétrés depuis un an dans l'île contre des gendarmeries et biens de l'Etat et contre des maisons particulières.
Dans un communiqué authentifié transmis à l'AFP, le FLNC a revendiqué six "actions anti-répression contre l'Etat", notamment un tir de roquette contre la gendarmerie de Corte (Haute-Corse), en janvier, et des coups de feu contre celles de Bonifacio et Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), en avril.
L'organisation clandestine a aussi revendiqué dix-huit actions contre la "spéculation foncière et immobilière" quasiment toutes commises sur le littoral de Corse-du-Sud, généralement contre des résidences secondaires dont les propriétaires vivent hors de Corse. Les plus récentes ont visé le 18 janvier des villas de continentaux en bord de mer.

"Le gouvernement français se moque du peuple corse"

Ces revendications concluent un communiqué de sept pages du FLNC diffusé deux jours avant une visite en Corse du président Nicolas Sarkozy, sur le thème du développement durable.
"Le gouvernement français sous la coupe de Nicolas Sarkozy se moque du peuple corse. Sa venue en Corse pour soutenir ses amis Santini-Rocca Serra sera sans annonce et sans effets", a écrit le FLNC.
Ange Santini (UMP) préside le Conseil exécutif de Corse et le député UMP de Corse-du-Sud Camille de Rocca Serra, président de l'Assemblée territoriale, conduira la liste de droite UMP aux élections régionales de mars.

"L'omniprésence de groupes économico-financiers"

Dénonçant notamment "l'omniprésence de groupes économico-financiers" comme Véolia, Total, Vinci, Leclerc, Casino, le FLNC a notamment stigmatisé un Plan d'aménagement et de développement durable pour la Corse (PADDUC) dont le "seul axe est la dépossession de la terre corse et la multiplication de résidences secondaires pour milliardaires, -people- ou retraités du Nord de l'Europe".
Nicolas Sarkozy, qui doit effectuer une visite de quelques heures à Ajaccio et dans les environs, "ne sera certainement pas celui qui prendra la responsabilité de se situer dans une perspective d'évolution en faveur des droits nationaux du peuple corse", est-il ajouté dans le communiqué.
Cette visite est la première de Nicolas Sarkozy depuis octobre 2007 quand il avait présidé à Ajaccio un conseil des ministres décentralisé.
Estimant que "à travers des hommes comme Santini et Rocca Serra, se dévoile clairement l'incapacité de la classe politique traditionnelle à prendre et à faire prendre en compte les intérêts fondamentaux de la Corse". Le FLNC a appelé à "obtenir des avancées politiques conséquentes en rupture avec le système d'aliénation et d'avilissement actuel".

Le "cadenassage" de la Collectivité territoriale de Corse

L'organisation clandestine a notamment dénoncé le "cadenassage" de la Collectivité territoriale de Corse "renforcé par le nouveau et anti-démocratique dispositif électoral des 7% accompagné de la prime de 9 élus au second tour" afin d'empêcher "une représentation réelle du Mouvement national et en particulier de la Lutte de Libération nationale".
L'une des onze listes inscrites aux élections territoriales revendique clairement l'indépendance, celle du parti Corsica Libera.
Le FLNC, auparavant divisé en entités clandestines distinctes, se présente depuis août 2009 comme unifié.
Il a enfin rappelé les revendications sur la reconnaissance des "droits nationaux du peuple corse", notamment de la citoyenneté, de la langue et de la culture, une "évolution statutaire vers un dispositif législatif intégral" et la libération des "prisonniers politiques".

 

Source : Nouvelobs.com

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