Cristaline : l'eau minérale qui manipule la réalité

Publié le par dan29000

Cristaline épinglée pour ses propos contre l'eau du robinet


Le jury de déontologie publicitaire tape sur les doigts du producteur Cristaline qui diffuse, dans un quiz, des messages biaisés mettant en cause « de manière non justifiée la qualité et la potabilité » de l'eau domestique.

L'une des questions est : « D'où provient le goût particulier de l'eau du robinet ? A. Du chlore. B. Des minéraux. C. Des tuyaux. » Autre question : « Peut-on trouver parfois des traces de pollution dans l'eau du robinet ? A. Oui. B. Non. » Pour Cristaline, géant français de l'eau de source en bouteille, c'est deux fois la réponse A.

Depuis des mois, c'est ainsi que l'entreprise communique et tente de vendre ses bouteilles, par le biais d'un quiz se voulant ludique et instructif. Or, pour France nature environnement (FNE), ce jeu n'est ni drôle, ni informatif. En décembre, la fédération associative a saisi le jury de déontologie publicitaire (JDP), instance issue de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), qui vient de lui donner raison dans une décision du 17 février.
Cristaline donne une image déformée de la réalité

Le JDP est sans ambiguïté : « Les allégations relevées par FNE dans les documents publicitaires […] qui s'adressent, avec une visée prétendument pédagogique, plutôt à un public de jeunes, voire d'enfants, procèdent par affirmations qui, si elles ne sont pas littéralement inexactes, sont incomplètes, tendancieuses ou tronquées, et ne sont pas étayées par la citation de sources précises. »

Résultat : Cristaline donne une image « déformée » de la réalité en mettant « systématiquement en cause de manière non justifiée la qualité et la potabilité de l'eau du robinet ». Elle contrevient aux « pratiques loyales de publicité et de communication marketing » (ne pas abuser de la confiance du consommateur, ne pas l'induire en erreur, etc.) ainsi qu'aux « messages des autorités en charge de l'environnement qui recommandent de boire de l'eau du robinet ».

Le quiz est bâti sur des questions biaisées, dont le seul objectif est de montrer que l'eau du robinet n'est pas irréprochable… et que les bouteilles représenteraient donc une excellente solution.
Des traces de substances chimiques peuvent aussi exister dans les eaux en bouteille

Cristaline affirme que « l'eau brute, prélevée en partie dans les eaux de surface que sont nos lacs, fleuves ou rivières, n'est pas potable à l'état naturel » et qu'elle doit subir « de nombreux traitements pour être compatible avec la consommation humaine ».

Gare à la désinformation ! La grande majorité de l'eau du robinet provient des eaux souterraines. Certaines eaux distribuées au robinet ne nécessitent pas toujours de traitement.

Et quand des analyses présentent toutefois des quantités de pesticides, de plomb et de nitrates supérieures aux seuils réglementaires, les préfectures émettent des alertes et interdisent de boire au robinet. Mais ces alertes restent rares.

De plus, des traces de certains métaux (l'antimoine par exemple) et de substances chimiques telles que les phtalates sont parfois décelées dans les eaux en bouteille. « Les analyses chimiques de l'eau du robinet sont publiées localement, enchérit FNE. Ce n'est pas le cas des eaux embouteillées. »

Enfin, l'eau du robinet permet d'éviter la pollution engendrée par le transport des bouteilles pleines… et l'incinération des bouteilles vides non recyclées.

Réaffirmer tout cela n'est pas dénigrer les bouteilles, dont certaines ont des vertus diurétiques, laxatives ou d'apports en minéraux incontestables. C'est simplement apporter des éléments d'information opportunément laissés de côté par Cristaline.

Reste que le quiz et les allégations de Cristaline sont toujours en ligne à ce jour.

Source : RUE  89

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