Dark horse, un roman de Craig Johnson, chez Gallmeister

Publié le par dan29000

 

 

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  Craig Johnson nous revient une nouvelle fois, la cinquième, avec son fameux shérif Walt Longmire, adapté à la télévision américaine en ce moment avec succès. Un roman mi-western, mi-polar, tout en nuances et grands espaces du Wyoming.

 

  Au début de cette histoire, les faits sont simples.


  Wade Barsad enferme les chevaux de sa femme Mary dans une grange, sans oublier ensuite d'y mettre le feu. Mary Barsad n'aimant pas vraiment ce geste déplacé elle colle six balles dans la tête du tueur de chevaux.

  C'est la version officielle, très officielle. Trop officielle.

  Longmire ne croit pas vraiment à tout cela.

  Alors pendant que la femme est derrière les barreaux, il va se déplacer, incognito, dans le comté voisin, dans cette petite ville nommée Absalom, hors de sa juridiction.

  Et là, tout va commencer à se compliquer pour le plus grand plaisir du lecteur.

  La victime désignée s'avère peu recommandable, et notre shérif pas vraiment le bienvenu. Tous les ressorts d'un bon polar sont installés, et en particulier le talent de l'auteur pour nous décrire les grandes étendues sauvages du Wyoming. Étendues que Craig Johnson connait bien puisqu'il a construit de ses mains son ranch dans les contreforts des Bighorn Mountains, dans le Wyoming. Cela après avoir fait divers métiers, comme nombre d'écrivains, de professeur à charpentier, en passant par pêcheur professionnel...


  Au fil de son enquête, le shérif s'aperçoit que pas mal de gens souhaitaient la mort de Wade Barsad... Parfois les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être.

Pour ceux qui n'ont pas encore lu Craig Johnson, son point fort est un incroyable sens du dialogue. Cela n'est pas le plus simple dans un roman. Des dialogues réussis, comme ici, permettent d'en savoir autant sur un personnage qu'une longue description.


  Et en prime, comme on pouvait s'en douter, un cheval, et aussi un chien.

  Pardon, le chien...

  Quand on referme ce roman, on comprend déjà mieux pourquoi tant de lecteurs attendent avec impatience chaque nouveau chapitre des aventures de Walt Longmire. Précisons enfin que l'on peut les lire dans le désordre sans le moindre problème.


 

  Dan29000

 

 

 

Dark horse

Craig Johnson

Traduit de l'américain par Sophie Aslanides

Collection Noire

Gallmeister éditions

2013 / 334 p / 23,60 euros

 

Voir le site de l'éditeur

 

Voir aussi le site de l'auteur

 

 

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Presse :

 


Pareille chaleur humaine, au milieu des paysages glacés, est assurément la marque d’un très grand romancier.  LIRE


                                                                                                                                                                                             

Craig Johnson possède l'art et la manière d'écrire un polar en se jouant de tous les clichés, de tous les codes.  FRANCE INTER


                                                                                                                                                                                         

 

Il faut saluer son sens de la narration-débridée, sensuelle- qui n'hésite pas à entremêler le tragique au loufoque.  TELERAMA


                                                                                                                                                                                         

 

Ce romancier prend ses personnages à bras-le-corps, comme pour les éteindre, les cogner, les comprendre. Il y a chez lui du lyrisme, de l'humour, un goût très sûr des dialogues et un sens émerveillé de la nature, du tragique

aussi.        LE NOUVEL OBSERVATEUR

                                                                                                                                                                  

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Extrait :

 

27 octobre, 11 heures.


C’était la quatrième semaine d’octobre dans les Hautes
Plaines, l’été étonnamment long avait altéré les couleurs
du paysage, et les poutrelles rouillées du vieux pont avaient pris
un ton brun délavé, défraîchi.
Arrivé au sommet de la colline, je garai la Lincoln Town
Car gris acier à côté de la structure en treillis Pratt. Il en
restait peu dans le comté de Powder River, et les quelques
ponts qui demeuraient étaient vendus aux enchères à des
propriétaires qui les utilisaient dans leur ranch. J’avais grandi
avec ces vieux ponts en dos de chameau et j’étais triste de voir
partir le dernier d’entre eux.
Mon regard fut attiré vers la petite ville posée sur les berges
de la rivière anémique et écrasée contre les collines de scories
comme la lame vibrante d’un rasoir bien aiguisé. Le cours d’eau,
les terres et le pont avaient une nuance sépia, fanée.
Je dis au chien de rester sur la banquette arrière et je sortis
de la voiture ; je mis mon chapeau, enfi lai une vieille veste en
cuir de cheval d’une chaude couleur brune et traversai le parking
improvisé. Je contemplai la chaussée poussiéreuse du pont et
ses larges planches de bois, et, par les interstices, les quelques
éclats scintillants de la Powder River, en dessous. Le Wyoming
Department of Transportation avait condamné le pont et y
avait apposé des pancartes jaune vif – il devait être démonté la
semaine prochaine.

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