Défaite pour Monsanto : annulation de l'autorisation du Roundup Express

Publié le par dan29000

monsantoland.jpgAnnulation de l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Express de MONSANTO


Le Ministre de l’Agriculture avait accordé à l’entreprise MONSANTO une autorisation de mise sur le marché d’une gamme de désherbants de sa marque Roundup. Cependant, des défenseurs de l’environnement ont demandé de réexaminer la formulation de ces produits phytosanitaires qui contiendraient des substances qui n’auraient pas été prises en compte lors de leur évaluation. Ils n’avaient pas été suivis par le ministre et ont dû demander au Conseil d’Etat de se prononcer sur la question. Finalement, une suite favorable a été accordée, en partie, à cette requête puisque le Conseil a ordonné l’abrogation de l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Express, un des trois produits de cette gamme.

La démarche de « Générations futures » et de Jacques Maret

« Générations Futures » est un organisme qui s’est spécialisé dans la lutte contre l’utilisation incontrôlée des pesticides et de toute substance qui représenterait un danger écologique et environnemental. Précédemment appelé MDRGF, cette association a pris le nom de « Générations Futures » depuis novembre 2010 et reste vigilante sur la nature des produits phytosanitaires, et n’hésite pas à dénoncer tout produit susceptible de créer des dommages écologiques. Son objectif est de s’assurer que le marché ne soit envahi par des fabrications dangereuses, et que cela ne soit passé sous un silence coupable. « Générations Futures » a ainsi fait équipe avec Jacques Maret, un agriculteur biologique et fondateur d’un centre d’initiation à l’environnement, pour dénoncer la formulation de trois Roundup de MONSANTO. Il s’agit de 3 désherbants de la marque Roundup, à savoir le Roundup Express, le Roundup Extra 360 et le Roundup GT Plus, dont l’évaluation toxique aurait été faussée par la non prise en compte de certaines substances dans leur composition, qui pourtant agissent comme substances actives. L’une de ces substances est l’acide pélargonique, citée dans la fabrication du Roundup Express. Elle pourrait rendre toxique ce produit car son association avec les autres substances de fabrication n’a pas été étudiée. De la glyphosate se trouverait, en outre, dans la formulation des deux autres Roundup sans toutefois avoir été examinée en synergie avec les autres éléments de fabrication du produit, selon « Générations Futures » et Jacques Maret. Ils ont ainsi demandé au Ministre de l’Agriculture d’abroger l’autorisation de mise sur le marché de ces trois désherbants de MONSANTO. Mais le ministre a jugé insuffisantes les remarques apportées par les requérants et n’a donc pas jugé nécessaire de les suivre. Décidés de ne pas lâcher l’affaire, « Générations Futures » et Jacques Maret ont décidé de se faire entendre auprès du Conseil d’Etat. Cette haute juridiction administrative a analysé la question et après son constat, il leur a donné raison.

L’accord du Conseil d’Etat pour le réexamen de la formulation du Round Up Express

Le Conseil d’Etat a fait savoir qu’effectivement, l’acide pélargonique est légalement inscrit comme faisant partie des substances actives, depuis le 1er septembre 2009 par une directive de sa Commission, mais que nulle part dans les avis de l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), sa présence n’a été mentionnée comme telle dans le Roundup Express. Ce constat est suffisant pour que le Conseil affirme que le Ministre de l’Agriculture n’aurait pas évalué convenablement ce produit et qu’une nouvelle évaluation s’impose. Il a donc annulé la décision du ministre de maintenir le Roundup Express sur le marché. Le Conseil lui a ainsi donné un délai de 6 mois pour étudier cette demande d’abrogation de l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Express et de verser à « Générations Futures » et Jacques Maret la somme de 3 000 euros pour couvrir les frais de procédure, qui fut longue et complexe. En effet, les requérants se sont heurtés à un verrouillage de l’accès des données relatives à la composition de ces produits si bien qu’ils furent obligés d’entreprendre des recherches scientifiques onéreuses. Toutefois, concernant les deux autres produits de MONSANTO, le Roundup EXTRA 360 et Roundup GT Plus, le Conseil d’Etat trouve que le ministre a bien pris en compte les effets du glyphosate, présent dans leur composition, sur les autres substances utilisées. Alors, aucune décision n’a été prise en ce qui concerne leur réexamen, au grand dam des requérants qui regrettent ne pas détenir les formulations précises de ces désherbants afin de se faire eux-mêmes une idée. Ils avouent tout de même être satisfaits de ce dénouement.

La satisfaction de « Générations Futures » et Jacques Maret

Pour les requérants, c’est une satisfaction qu’une haute autorité donne son avis sur la toxicité d’un Round Up. Jacques Maret et François Veillerette, porte parole de « Générations Futures », demandent par ailleurs aux pouvoirs publiques d’avoir l’œil ouvert sur ce genre de produits dont la toxicité n’est pas toujours bien évaluée, représentant ainsi un risque considérable pour le grand nombre de personnes qui les utilisent. Ils ont aussi dénoncé le fait que la composition de ces désherbants soit gardée secrète, empêchant de faire une réplique en cas d’inadéquation. Ils ne sont surtout pas d’accord sur le fait que les consommateurs ne sachent réellement à partir de quoi ont été élaborés les produits qu’ils utilisent et pensent que cette façon de faire est anti-démocratique.

 

 

Source  :  Ecologie.tv

Publié dans environnement

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