Dennis Hopper entre dans la légende for ever...

Publié le par dan29000

easy_rider23.jpgCela faisait déjà quelques semaines que nous nous y attendions, mais la nouvelle samedi soir fut quand même dure à digérer. Un pan du cinéma mondial et de la contre-culture américaine a disparu avec le décès annoncé de Dennis "Easy rider" Hopper.

L'auteur du film-culte "Easy rider" était né en 1936 au fin fond d'un bled paumé du Kansas, dans une famille modeste. Très tôt il s'intéresse à la peinture et au théâtre, et particulièrement à Shakespeare.

Etrange destin que celui de DH. Dès sa première apparition sur un écran, il se faufile dans un film prestigieux de Nicholas Ray, "Johnny guitar". Certes un rôle insignifiant et il lui faudra attendre l'année suivante en 1955 pour avoir un vrai premier "rôle" dans un film de légende, du même réalisateur "La fureur de vivre" avec James Dean !

Et cela ne cessera plus, enfin presque, si l'on excepte une longue longue traversée du désert quand il était "grillé"  à Hollywood. Dans les fifties il tourne avec quelques grands réalisateurs tels que Stevens, Sturges, Logan ou Hataway. Après un violent conflit avec ce dernier, il part pour New York et va suivre les fameux cours de Lee Strasberg à l'Actor's studio. Il va devenir potes avec Dylan et Warhol et surtout se mettre sérieusement à la peinture et à la photographie. Très doué dans ces deux activités artistiques, Paul Newman lui conseille d'abandonner le cinéma.

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C'est à cette époque qu'il se marie et commence aussi une longue carrière de dépendances à divers produits qui le mèneront jusqu'à la cure de désintox en 1980. Il collectionnera aussi les femmes et les épousera à cinq reprises, en vain, puisque son dernier divorce datait de 2009. Le gars avait du mal à vivre et donc n'était pas vraiment simple à vivre d'après ses compagnes.

 

easyrider.jpgEn 1969, sa carrière prend un virage avec son copain Peter Fonda, il coécrit le cultissime road movie "Easy rider" qu'il  réalise pour 340 000 dollars, prix de la première oeuvre au Festival de Cannes.  Ce superbe road movie à motos fut véritablement le film de toute une génération dans les seventies. Le trio Fonda, Hopper, Nicholson, sorte de "dreamteam" de la contre-culture US fut aussi emblématique que "Woodstock" ou "Altamont", la bande-son avec les Byrds, Steppenwolf, Hendrix et Dylan était à la hauteur. Elle n'a pas pris une ride et se vend encore aujourd'hui comme la réédition du film en DVD. Ode à la liberté, au voyage, au rock and roll et aux grands espaces à la Kerouac, le film devint culte assez vite propulsant Hopper et Peter Fonda sur les devants de la scène de cette Amérique de rupture où 500 000 manifestants anti-guerre défilaient dans Washington, où la police de Chicago  assassinait Fred Hampton, militant Black panther dans son appartement, où le duo infernal Nixon-Kissinger faisait bombarder en secret  le Cambodge, où le KKK sévissait encore et où Sharon Tate mourait pendant que deux américains marchaient sur la lune ! Malgré sa fin bien plombante, le film trouva un public immense et  fut projetté durant bien des années dans les capitales du monde entier. Si l'aspect technique parfois rudimentaire a un peu vieilli en 2010, le propos, le ton, les acteurs, la bande-son et "l'esprit" demeurent intacts,sans doute le signe indéniable du talent. 

 

Le film rapportera cent fois la mise, et les producteurs lui feront confiance pour "Last movie" qui ne trouvera pas son public, malgré un Lion d'or à Venise.

Exil au Nouveau Mexique et nouvelle période, bière, héro, amphétamines, avec en prime un nouveau divorce. C'est son ami Win Wenders qui vient le chercher en 1977, pour un autre film rentré dans l'histoire du cinéma : L'ami américain. Un des meilleurs crus de Wenders.

Dans le documentaire diffusé par Arte il y a quelques jours (Créer ou crever) sur DH, le cinéaste allemand avouait que personne ne pensait que Dennis Hopper verrait l'an 2000 !

Deux ans plus tard, il participe à l'aventure de l'adaptation du roman de Conrad par Coppola, aventure mythique pour film  mythique "Apocalypse now", chef d'oeuvre absolu qui remportera la Palme d'or à Cannes.

Période faste puisque l'année suivante il réalise un très attachant "Out of the blue" qui a bien veilli, travaille  avec Neil Young et Coppola le rappelle pour un superbe film-culte, encore un, "Rusty James" avec Mickey Rourke pas encore détruit par Hollywood et la boxe.

Pourtant la rechute s'amorce, dure. Elle aurait pu être finale.

On le retrouve à poil dans les rues de Cuernavaca au Mexique.

Plus de trois ans d'internement et désinto générale.

 

"Je me suis alors aperçu que la vie était bien plus facile si on était pas défoncé du matin au soir"

 

blue-velvetRessuscité ou presque, Dennis Hopper en 1986 se trouve embarqué dans l'univers pervers d'un des plus beaux films de David Lynch, "Blue velvet", météor cinématographique où se croisent les univers de Lynch et d'Hopper dans quelques scènes d'anthologie...Deux ans plus tard il réalise son quatrième film où Sean Penn s'impose dans "Colors".

 

La fin des eighties et les années 90 ne lui offrent que des rôles médiocres dans des séries B ou dans des blockbusters comme "Speed" ou le catastrophique "Underworld",  si l'on excepte tout de même "Hot spot" qu'il  signe en 1990 et "True romance" de Tony Scott.

Durant ces trois dernières décennies Dennis Hopper, disons-le, tourna beaucoup de navets, plus préoccupé par sa passion de la photographie, de la peinture et de la sculpture, un autre univers artistique qui convenait sans doute mieux à ce rebelle qui avait du mal à se plier à des règles, fussent-elles celles d'Hollywood.

 dennis hop-copie-1L'homme était aussi un érudit, un collectionneur d'art averti, influencé par Pollock  et Peelleart ou Basquiat. D'un goût très sûr il avait été un des premiers à acheter une oeuvre de Warhol quand elle se vendait 75 dollars ! La cinémathèque de Paris, comme nombre de galeries dans le monde avait présenté ses photographies en octobre 2008.

 

Avec une "gueule" cinégénique qui lui permit de si bien vieillir sur les écrans et dans la vie, Hopper  aurait pu se contenter d'une prestigieuse carrière d'acteur. Mais le gars était vraiment un créateur, un artiste complet qui voulut passer de l'autre côté de la caméra...et réussit la majeure partie de ses huit films. Et surtout il réussit aussi à imposer son talent de photographe dont un livre rassembla les meilleurs clichés des années 61 à 67 chez Taschen.

 

Heureusement les grands artistes ne meurent jamais, pour Hopper, ses films, nombreux, sont là, à voir, revoir, et revoir encore. Qui pourrait se lasser de regarder "L'ami américain" "Rusty james" ou "Easy rider" ? Qui ne voudrait pas revoir "Apocalypse now" ou "Blue velvet"?

 

Créer ou crever, Hopper a fait les deux... 

 

Dan29000

 

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La vidéo est un extrait de 10' du début d'un documentaire  US, la suite est disponible en plusieurs parties sur YOU TUBE

 

LES DEUX PHOTOS CI-DESSOUS SONT DE DENNIS HOPPER

Martin Luther King en 1965

Paul Newman en 1964

Pour en voir d'autres, c'est là :

link

 

 

Dennis Hopper 5

 

 

Dennis-Hopper-13.jpg 

 

 

 

 

 

 

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