Cet article n’est pas là pour décourager le lecteur à acheter équitable même si personnellement je ne peux que les encourager à soutenir les circuits courts, cet article a été écrit dans le but d’informer le lecteur sur ce qu’il achète et aussi de répondre à l’idée que la consommation puisse être un réel levier économique.

 


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Le commerce équitable part d’un constat que l’on ne saurait réfuter : le marché international et la mondialisation créent des inégalités.
Cependant coller un marché dit « plus juste » sur un autre est-il une bonne solution pour régler les inégalités ?

Une logique d’exploitation intacte

Dans sa forme le commerce équitable ne lutte en rien contre la domination Nord/Sud, pire il en est acteur.
D’une part, le gros de la valeur ajoutée des produits restent au Nord. En effet les filières de transformations, de distributions et de commercialisation qui représentent le « gros » du prix des produits en question sont situé dans les pays importateurs de la matière première et ces filières surfant sur l’équitable (tout autant que sur le non-équitable) sont les premières bénéficiaire de ce système, contrairement aux producteurs de la matière brute qui eux bien qu’un peu mieux rémunéré n’auront jamais de quoi se développer économiquement.

D’autre part, les besoins en terme de productions restent définit par le marché mondial et ne correspondent pas forcément aux besoins des Suds qui restent bloqués dans une logique productiviste, d’importation aux Nords au détriment d’une culture vivrière.


La consommation comme moyen d’agir

 

 

« Pour un monde plus juste faites vos courses » Sloogan Max Havelaar

Vieux précepte libéral de la consom’action, le pouvoir d’achat devient un vrai pouvoir d’action sur la production, il devient un acte politique permettant de corriger le système et surtout de donner bonne conscience au consommateur.
Pourtant cet argument n’a aucun sens, comment pourrait-on croire que le monde va changer en achetant un produit dans une grande enseigne de distribution ?

Sachant que seule une part infime de ce produit revient à celui que l’on croit aider et que le reste revient tout droit dans les poches de ceux que l’on croit flouer.
Cet argument n’a pour but que de faire croire que le pouvoir est la consommation alors que dans le système capitaliste, le pouvoir est entre les mains de celui qui détient les moyens de productions et d’échanges.

Le commerce équitable n’est pas une réponse sérieuse aux inégalités dûes au système capitaliste, il répond aux mêmes besoins que le marché classique et encourage le productivisme et l’exploitation des Nord sur les Sud, ne permettant même pas, sur le long terme d’un développement économique des pays du Tiers-Monde, il n’est qu’un artifice faisant croire qu’un capitalisme juste et équitable existe.

Arthur Lalan