Dix raisons en faveur du récépissé de contrôle d'identité

Publié le par dan29000

Dix raisons pour la mise en place du récépissé de contrôle d’identité

 

 

 


Marwan Muhammad | Auteur de « Foul Express » et porte-parole du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France)
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Tribune

C’est une promesse de campagne, massivement agitée dans les banlieues pendant les élections présidentielles, notamment en direction des jeunes, et largement plébiscitée par les électeurs. Elle a été confirmée par le premier ministre Jean-Marc Ayrault lors des premières semaines suivant sa prise de fonction.

 

  • Au-delà des idées et des accointances de Manuel Valls avec des icônes de la politique sarkozyste comme Alain Bauer, il est temps pour la Gauche d’assumer ses responsabilités et d’être capable d’incarner une action crédible sur les questions de sécurité, sans jamais sacrifier les valeurs auxquelles elle prétend se référer, au premier rang desquelles se trouvent le respect de la diversité et la lutte contre toutes les discriminations.
  • Le contrôle au faciès n’est pas efficace : il est pratiqué non pas en fonction de ce que les gens font mais plutôt de ce qu’il sont. Il n’a donc qu’une valeur de visibilité sécuritaire, encore plus lorsqu’il s’applique à une classe ethnique en particulier.
  • Dans certains quartiers, le contrôle au faciès est utilisé par des agents de police comme un instrument d’intimidation, se livrant de façon abusive à des contrôles d’identité répétés sur les mêmes personnes. Contrôler l’identité d’une personne que l’on connaît apparaît dès lors un paradoxe acceptable.
  • Les Noirs ont six fois plus de chances de se faire contrôler que les Blancs ; les Arabes sept fois plus. Refuser la mise en place du récépissé, c’est accepter cette discrimination devenue presque banale.
  • La mise en place du récépissé est efficace : partout où elle a été testée, notamment en Espagne (à Fuenlabrada), elle a permis de réduire notablement les discriminations et d’augmenter l’efficacité de la police, en amenant les agents à mieux cibler leurs contrôles.
  • Le récépissé est la seule façon pour le ministère de l’Intérieur de quantifier les contrôles et leur efficacité. Sans instrument quantitatif clair pour le mesurer, le phénomène n’existe pas au sens statistique du terme. C’est ce qui explique l’inaction prolongée des gouvernements successifs.
  • Le récépissé facilite le travail des agents de police. Il leur permet de faire moins de contrôles mais de les faire mieux, tout en étant réellement dans une démarche d’investigation et de maintien de l’ordre, dans une relation apaisée avec la population.
  • Le contrôle au faciès abîme la relation citoyens-police en maintenant un rapport d’intimidation et de défiance de part et d’autre, mettant en péril le vivre ensemble et provoquant, de fait, des situations de risque accru pour les policiers intervenant dans des zones conséquemment « hostiles ».
  • Dans un pays de respect des droits de l’Homme comme la France, il est inconcevable qu’en 2012, on accepte encore une situation de stigmatisation et de discrimination à l’égard d’une partie de nos concitoyens.

 

SOURCE / RUE 89

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