Draguignan : Enfin les assises pour le gendarme-tireur

Publié le par dan29000

La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a infirmé, mardi, l'ordonnance de non lieu qu' avait obtenue en août le gendarme qui avait tiré sept fois en direction d'un voleur qui tentait de s'évader. Trois tirs l'avaient touché, dont un mortel dans le thorax.
Lors de son non-lieu, la juge d'instruction avait estimé que, « bien que l'on ne puisse que déplorer la mort d'un homme et compatir à la douleur de sa famille », il apparaissait que « toutes les conditions d'usage des armes sont au cas d'espèce remplies ».
Le gendarme mis en examen pour « coups mortels aggravés » bénéficiait donc à ses yeux du « fait justificatif » l'autorisant à tirer, en vertu d'un décret de 1903.
Saisie par la partie civile, la cour d'appel a estimé le contraire.
Les avocats de la famille de la victime, Me Régine Ciccolini et Jean-Claude Guidicelli, se sont déclarés « satisfaits ».
Petit rappel des faits datant de 2008.
Le 22 mai, Joseph Guerdner, 27 ans, avait été interpellé et conduit à la gendarmerie de Draguignan.  Il faisait l'objet d'un contrôle judiciaire pour  « vols aggravés » et pour « dégradation d'un véhicule de gendarmerie qu'il n'avait pas hésité à percuter de face pour ménager sa fuite et celle de ses comparses, blessant légèrement à cette occasion un gendarme ».
Il était suspecté d'avoir participé au vol d'un camion de matériel vidéo avec séquestration du chauffeur-livreur, le 21 avril 2008, au Luc-en-Provence.
 Le 23 mai, Joseph Guerdner, qui nie les faits reprochés, est autorisé à fumer par les gendarmes qui l'interrogent.
Le gendarme incriminé est seul pour le surveiller.
 Joseph Guerdner écarte alors un ventail de fenêtre et saute dans le vide, à près de cinq mètres  de haut. Sans doute sportif, Il se relève et s'enfuit.
 Le militaire  tire alors sept fois, touchant par trois fois le fuyard.
Les sommations ne sont  pas établies.
Le gendarme affirme avoir visé la partie inférieure du corps. Mais la victime n'a été touchée qu'en haut du corps, ce qui, pour les parties civiles, témoigne d'une intention homicide.
Trois balles sur les sept tirées l'ont touché, dont une, mortelle, a traversé le thorax.
Bien que touché, Joseph Guerdner a pu franchir un grillage de deux mètres pour se réfugier dans l'institution religieuse Saint-Joseph voisine, un internat pour jeunes filles. Les gendarmes partis à sa recherche l'ont découvert allongé sur le dos.
Joseph Guerdner est mort sur place malgré l'arrivée des secours.
Pour la juge, compte tenu de l'avance que Guerdner avait prise, l'usage des armes constituait à ce moment le seul moyen dont disposait le gendarme M. pour stopper la fuite et empêcher son évasion.

Fort heureusement la cour d'appel a estimé le contraire. Les jurés du Var devront trancher.

Parfois il s'avère vraiment difficile  pour "ces pauvres policiers et militaires" de tirer les voleurs comme des lapins. Et ce malgré le décret de 1903 !
Surtout quand le lapin est  attaché avec des menottes, et qu'en plus ce lapin est d'origine gitane.

Publié dans actualités

Commenter cet article