Durban : conférence sur le climat pour négocier l'après-Kyoto

Publié le par dan29000

Climat : «Les pays industrialisés en portent la responsabilité»

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La conférence sur le climat s'ouvre aujourd'hui à Durban (Afrique du Sud). 190 pays seront présents pour négocier l'après-Kyoto. Sébastien Blavier, responsable négociations internationales au sein du Réseau action climat, a répondu à vos questions.

 

Bruno. Sur quoi, selon vous, les 190 pays peuvent-ils raisonnablement s'engager à Durban?
Sébastien Blavier. Les pays de l'ONU à Durban doivent s'engager sur une deuxième période d'engagement du protocole de Koyto, ainsi que sur les bases d'un accord mondial sur le climat, capable de limiter le réchauffement à 1,5 degré, et cet accord devrait être conclu, dernier délai, en 2015.

Quentin. Est-il vrai que la Chine est passé devant les Etats-Unis concernant l'émission de CO2? D'autres pays émergents sont-ils en train de la talonner?
S.B. Oui, il est vrai que la Chine est aujourd'hui le premier émetteur de gaz à effet de serre, en valeur absolue, mais rapporter à sa population elle est encore très loin derrière les Etats-Unis, sachant que les Chinois représentent un homme sur six. C'est une situation que l'on peut considérer comme normal. Il est de la responsabilité des pays industrialisés de réduire en premier lieu leurs émisssions polluantes, car ce sont eux qui portent la responsabilité du changement climatique.

Vivian. Afin de réduire le CO2 est-ce qu'il y a une mesure qui pourrait être mise en place à court terme, et entérinée par l'ensemble des pays? Existe-t-elle?
S.B. La mesure la plus efficace aujourd'hui, c'est de donner un prix au carbone pour orienter les choix des agents économiques. Cette mesure n'est pas répliquable au niveau mondial, mais la France pourrait la mettre en oeuvre immédiatement. C'est la fameuse taxe carbone (contribution climat énergie).

Benêt. Ne pensez-vous pas que ce genre de manifestation, sans objectif cohérent à grande échelle, ni moyens coercitifs, ni identité politique reconnue par les Etats les plus pollueurs soit vouée a l'échec?
S.B. C'est l'objectif de l'accord mondial que l'on doit trouver d'ici 2015. Aujourd'hui, il est indispensable d'allier une action multilatérale (renforcer le protocole de Koyto) avec des politiques nationales et régionales ambitieuses.

Yvesdemars. Ne pensez-vous pas que la meilleure chose pour nombre de pays est de rien faire, car des doutes sérieux pésent sur le réchauffement et surtout sur ses peu probables conséquences anthropiques sur les événements extrêmes dans les 30 prochaines années (source Giec)?
S.B. Le Giec nous dit qu'il est pratiquement certain que des températures extrêmes et des précipitations aux conséquences catastrophiques surviendront lors du siècle à venir. Les conséquences du changement climatique sont donc bien réelles, selon les scientifiques, et déjà ressenties aujourd'hui par les plus vulnérables, notamment en Afrique, où se tient la conférence de Durban.

Jowil. Pourquoi certains constatent une stagnation des températures globales depuis dix ans, alors que le taux de CO2 n'a cessé d'augmenter ?
S.B. C'est affirmation est fausse, puisqu'entre l'année 2000 et aujourd'hui les températures ont continué à augmenter, et nous sommes aujourd'hui déjà à 1°C de réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle.

Initiative Développement. Pensez vous que les ONG mettant en œuvre des projets de réduction d'émissions de carbone dans les pays du Sud ont un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique ? Et par quel moyen ? Par l'intermédiaire de la vente de crédit carbone sur le marché volontaire ?
S.B. Il est évident que les projets menés par les ONG au Sud sont indispensables à l'action mondiale contre le changement climatique. Concernant les crédits carbone volontaires, ces derniers sont aujourd'hui peu encadrés, et l'on constate un certain nombre de dérives. De plus, ils peuvent constituer un moyen de dédouaner les plus grandes entreprises, voire même les citoyens, d'une réduction réelle de leur empreinte carbone.

Patrick. Quels sont aujourd'hui les principaux freins à la mise en œuvre des mesures de limitation des émissions que vous jugez nécessaires et quelles sont les conséquences potentielles d'une absence d'accord d'ici 2015?
S.B. Le frein le plus important est politique, avec des leaders qui refusent trop souvent d'aborder la question du changement de modèle de développement de nos sociétés. Les lobbies industriels ont également une action destructrice sur les discussions onusiennes, et font tout pour préserver leurs intérêts économiques, allant à l'encontre de notre intérêt à tous.

Cygair. Comment expliquez-vous alors que dans le passé, il y ai eu des périodes plus chaudes qu'actuellement, alors que l'homme n'avait pas d'incidence. Suivre le Giec comme un gourou n'est-il pas totalitaire vis-à-vis des populations ?
S.B. Le Giec est en aucun cas un gourou. Il rassemble plus de 5000 scientifiques à travers le monde. Et l'Académie des sciences nous a récemment montré que ce type d'allégation, soutenues notamment par Claude Allègre et consorts, étaient totalement fausses. Pour plus d'infos, vous pouvez consulter Réseau action climat (rubrique: réponses aux sceptiques)

L113. Quelles sont les sources de financement pour le Fonds vert ? Que va-t-il financer précisément ? Et enfin qui va contrôler les investissements ?
S.B. Il faut absolument trouver des sources de financement innovantes pour le Fonds vert. Parmi celles ci, la taxation du transport maritime et aérien est une priorité. Le Fonds vert devra financer en priorité l'adaptation des communautés les plus vulnérables, ainsi que la réduction des émissions au Sud, et la lutte contre la déforestation. Il est indispensable que le Fonds Vert rende des comptes directement à l'ONU, pour ne pas reproduire le schéma de la Banque mondiale, où ce sont les pays riches qui contrôlent tout ce qui se passe au Sud.

Brigitte. Directement ou indirectement, la crise financière pourrait-elle avoir des effets sur le climat?
S.B. Oui, la crise financière a un impact réel sur les politiques climatiques, car elle détourne l'attention de l'urgence d'agir. Les gouvernements n'ont pas su, pour l'instant, saisir l'opportunité de cette crise systémique pour inventer de nouvelles voies de développement qui soient sobre en carbone, en énergie, et plus juste socialement. Il y a donc fort à craindre que l'ambition climatique soit revue à la baisse, à cause de cette crise.

 

Source : Libération

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Mitsuko 03/12/2011 18:23


Durban : Conférence sur le climtat pour négocier l'après-Kyoto.


Climat :"Les pays industrialisés en porte la responsabilitié" ... Et on peut supposer que ça va continuer, malheureusement ... Et ce n'est pas normal
...


On ne ferait pas mieux si on voulait  détruire la planète, on ne ferait pas différemment alors que l'on sait qu'il nous faut faire très attention, mais
qui prends conscience de tout cela ... à part les gens qui aiment la planète ???



 

dan29000 03/12/2011 22:16



en réalité tout le monde sait, mais les décideurs ont d'autres intérets, le profit à court terme...