Ecologie : comment EELV la sacrifie sur l'autel gouvernemental

Publié le par dan29000

Comment EÉLV sacrifie l’écologie sur l'autel de la solidarité gouvernementale.

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Six mois après la formation du gouvernement Hollande-Ayrault avec le soutien et la participation active d’EÉLV, on peut déjà commencer à faire un bilan. Et ce bilan révèle l'étendue des contradictions des Verts, des capitulations et des dégâts en cours.
Au chapitre du positif, on peut certes avancer que, Duflot en tant que ministre du logement a été en charge de la loi sur l’encadrement des loyers. Un pas intéressant mais la gravité du problème du logement en France est telle qu’en réalité un véritable bond serait nécessaire afin d’améliorer significativement la situation des classes populaires en matière de logement. On est loin du compte.
Une série d’abdications…
Premier exemple, la politique du gouvernement et surtout les actions de Valls face à la question des Roms posent problème à EÉLV et à Duflot ? Pas de rupture pour autant, EÉLV se contente finalement d’une dénonciation bien timide de la situation.
Le domaine où l'abdication des écologistes est la plus flagrante est celui de l'énergie, plus particulièrement sur le nucléaire. Hollande s’est prononcé pour la transition énergétique en modifiant le mix énergétique du pays. Mais que ce soit les déclarations de Montebourg (nucléaire =filière d'avenir) ou l'escroquerie du passage à 50 % en 2025 de la part du nucléaire dans la production électrique (fermeture de Fessenheim + création de l'EPR =– 0, 8 % et non – 25 %), tout contribue à révéler que les Verts ont en fait avalé de gigantesques couleuvres.
Sans doute la centrale de Fessenheim fermera-t-elle durant ce quinquennat et Cécile Duflot « fermera l’interrupteur de la centrale » mais c'est elle aussi qui coupera le ruban de l'EPR de Flamanville…
Concernant les combustibles fossiles, la réalité n’est pas beaucoup plus souriante. Le gouvernement a permis la reprise des forages de Shell au large de la Guyane. Sur les gaz de schiste, Hollande a annoncé la suspension de sept demandes de permis d’exploration de gaz de schiste par fracturation hydraulique. Mais, d'une part, ces sept permis d'exploration étaient condamnés par des défauts de procédure, d’autre part, il reste une centaine de permis encore sur tout le territoire ! Et quoi qu'il en soit, ce n'est certainement pas la victoire des Verts au gouvernement ou au Parlement mais bien celle de la très grande mobilisation de la population dans les zones concernées.
Au sujet des fameux grands projets considérés comme inutiles par EÉLV, là encore deux beaux exemples de contradictions. D’une part, « le réveil » réservé par la police aux squatteurs de Notre-Dame-des-Landes démontre la conception de ce gouvernement et du ministre de l’Intérieur, Valls, en matière de « gestion des mouvements sociaux ». D’autre part, la ligne TGV Lyon-­Turin, un projet « écolo­-productiviste », illustre les positions complètement ambigües entre les militants de base qui se mobilisent très activement contre le projet et les élus locaux EÉLV qui sont les premiers défenseurs du projet.
Les attraits du pouvoir
Enfin, concernant la politique économique et européenne, le vote sur le TSCG est peut-être la plus belle preuve du marasme qui règne au sein d’EÉLV où personne n'est d'accord sauf… pour rester au gouvernement. L’affaire se complique en effet avec le vote du budget. Si les députés d’EÉLV sont contre le TSCG, ils devraient aussi, logiquement, voter contre le budget qui met en application ce traité. Or, ils ont d’ores et déjà annoncé qu’ils le voteraient pour la mauvaise raison qu’un parti qui vote contre le budget du gouvernement ne peut y rester et devrait passer dans l’opposition. Certes EÉLV peut toujours réserver des surprises ou se diviser, mais leur choix semble bien d’avaler toutes les couleuvres pour rester dans la majorité.
Tous ces dossiers illustrent les contradictions d’EÉLV, reflet au niveau national de leur politique au niveau local, départemental et régional. Cette situation reflète un état schizophrène à nos yeux. Les Verts ont décidé de repeindre leur parti et l’écologie aux couleurs du gouvernementalisme. Ce comportement est un formidable vecteur de démobilisation pour le mouvement écologiste.
Face à ces abdications institutionnelles, il nous faut proposer la construction d’une véritable opposition de gauche au gouvernement, en recherchant la convergence des mouvements écologistes et sociaux, dans une perspective anticapitaliste pour un véritable changement, un changement écosocialiste.
Correspondants commission nationale écologie

 

 

SOURCE / NPA

Publié dans environnement

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