EDF et la sureté nucléaire : en cas de séisme majeur, ouvrir une porte !

Publié le par dan29000

Quand EDF s’assure du bon fonctionnement des groupes électrogènes de huit réacteurs grâce une porte ouverte

 

 

Une anomalie, publiée discrètement sur le site web EDF ici le 14.11.2011 puis sur le site de l’ASN le 21.11.2011, concerne les huit réacteurs 1300 MWe des centrales de Flamanville, Saint-Alban et Paluel. Le fonctionnement des groupes électrogènes de ces réacteurs n’est pas garanti en cas de séisme important (Séisme Majoré de Sécurité [1]) et de perte d’alimentation électrique externe, ce qui, selon l’ASN, conduirait à une perte totale des alimentations électriques des réacteurs ; soit la situation qui a mené à la fusion des trois réacteurs de Fukushima en mars 2011.

Pour parer à un séisme majeur, la « porte ouverte » d’EDF

En cas de séisme important (Séisme Majoré de Sécurité [1]) et de perte d’alimentation électrique externe, pour refroidir "des armoires électriques indispensables au fonctionnement des groupes électrogènes" [2] , la seule solution trouvée par EDF serait "d’ouvrir la porte des locaux abritant les groupes électrogènes de secours afin d’évacuer la chaleur produite et d’éviter un endommagement des armoires électriques" [3] . Une simple porte ouverte pour empêcher l’arrêt des groupes électrogènes et donc éviter un accident nucléaire en cas de séisme : on mesure toute l’expertise et le sérieux du champion de la sûreté nucléaire, EDF, qui s’est aussi rendu compte que les systèmes de ventilation de ces locaux ne résisteraient pas au séisme [4].

Or EDF vient de s’apercevoir que la porte ouverte ne suffirait pas à refroidir suffisamment les armoires électriques — et encore aurait-il fallu que la porte consente à s’ouvrir en cas de séisme important. EDF déclare que "la convection naturelle ne pourrait pas contrer suffisamment une évolution trop rapide de la température des locaux" [5] . Ce défaut des armoires affecterait les groupes électrogènes, ce qui selon l’ASN, "pourrait générer une perte totale des alimentations électriques des réacteurs en cas de séisme" [6]. Si les groupes électrogènes de chaque réacteur venaient à faire défaut, il ne resterait dans chaque centrale, qu’un groupe électrogène "d’ultime secours" qui ne pourrait prendre le relais que d’un seul groupe électrogène. Pourtant, dans le cas d’un séisme important et de la perte de l’alimentation électrique externe, c’est l’ensemble des groupes électrogènes des réacteurs qui pourraient faire défaut, comme l’explique l’ASN. Le groupe "d’ultime secours" serait donc largement insuffisant.

Ainsi, les centrales de Flamanville, Saint-Alban et Paluel fonctionnent depuis 24 ans [7]. avec une faille gravissime de sûreté, pouvant conduire à une perte totale des alimentations électriques des réacteurs en cas de séisme important.

Un problème toujours irrésolu

Mais le problème n’est pas résolu : EDF a pris des mesures qui garantissent le bon fonctionnement des groupes électrogènes uniquement en cas de Séisme Maximal Historiquement Vraisemblable [8]. mais pas en cas de Séisme Majoré de Sécurité [1]. L’ASN déclare ainsi : "EDF a pris des dispositions matérielles et d’exploitation permettant de garantir la tenue de ce système au moins au « séisme maximal historiquement vraisemblable »" [9]. La catastrophe de Fukushima enseigne pourtant que l’improbable peut brutalement survenir : un séisme important sous une de ces centrales ne peut donc être raisonnablement écarté.

Sources :

 

Sources :

- Déclaration d’incident par EDF

- Avis d’incident par l’ASN

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