EGAM : European Grassroots Antiracist Movement : Whites only

Publié le par dan29000

 

 

Whites only

Alors qu'une étude récente révèle que dans toute l'Europe, l'accès à une soirée sur deux est réservé aux «whites only», le Secrétaire général de l'European Grassroots Antiracist Movement, Benjamin Abtan, décrit «un renforcement des pratiques discriminatoires dans tous les secteurs de la vie».

 

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puceinvite.jpgSamedi 9 mars dernier, le Mouvement européen antiraciste (EGAM - voir la page Facebook ici), fondé sous l'impulsion de SOS Racisme en novembre 2010, a organisé une grande première sur tout le continent: la Nuit européenne du Testing (voir le rapport joint à l'article). Dans 14 pays, de l'Espagne à la Pologne et de l'Albanie à la Suède, en passant par la Roumanie et la France, quelque 300 militants antiracistes ont testé les discriminations raciales à l'entrée de plus de 70 bars, restaurants et boîtes de nuit des principales villes européennes. Le bilan est simple et préoccupant: une soirée testée sur deux était «Whites only». Les populations discriminées varient d'une région à l'autre: Roms en Europe centrale et balkanique, personnes originaires du Moyen-Orient en Europe du nord, noirs et arabes en Europe de l'est et de l'ouest.

Ce constat est symptomatique d'une tendance lourde: l'Europe connaît, sur l'ensemble de son territoire, un renforcement des pratiques discriminatoires dans tous les secteurs de la vie. Ainsi, ce sont non seulement des millions de Français, comme le dénonçait récemment Robert Badinter, mais plusieurs dizaines de millions de citoyens européens qui sont stigmatisés, de facto interdits de lieux de sortie, tenus à l'écart du monde du travail ou incapables de trouver un logement à cause de leur origine, de leur religion ou de la couleur de leur peau.

Tout se passe comme si les programmes des partis politiques d'extrême-droite ou nationaux populistes commençaient déjà à être appliqués dans les faits, alors que ceux-ci ne sont pas (encore?) au pouvoir dans la plupart des pays européens. C'est une funeste victoire par anticipation pour ces partis en progression, qui sont les soutiens indispensables de coalitions au pouvoir à l'image du Parti du peuple danois ou du Parti de la liberté néerlandais, ou qui exercent une forte influence sur l'exécutif, à l'instar, notamment, du Jobbik en Hongrie ou du Front National en France.

Ce phénomène n'arrive pas par hasard: à la faveur de la crise, se développe un courant idéologique, intellectuel et politique, qui dépasse ces partis et qui prône une société européenne où les discriminations raciales feraient loi. Cette idéologie, c'est celle d'Eric Zemmour, acclamé par une partie des députés de l'UMP non pas en dépit de, mais en raison de sa récente condamnation pour incitation à la discrimination raciale. C'est celle de Thilo Sarrazin, du SPD allemand, dont le livre figure parmi les meilleures ventes en Allemagne non pas en dépit de, mais en raison de ses déclarations racistes à connotation biologique sur les juifs et les musulmans. C'est celle des ultranationalistes serbes, nostalgiques du génocide de Srebrenica, et qui sont responsables du meurtre du supporter de football Brice Taton à Belgrade en 2009.

Comme le disait Martin Luther King, «l'intégration véritable signifie le partage du pouvoir». A l'inverse, l'exclusion de tous les secteurs de la vie, et a fortiori des lieux de pouvoir, dont sont victimes des dizaines de millions de citoyens européens signifie pour eux une véritable désintégration de la société dont ils font partie.

Face à cette idéologie de haine qui se montre conquérante, la première Nuit européenne du Testing apporte également un enseignement porteur d'espoir et de justice: une dynamique est en train de naître au sein de la société civile européenne antiraciste. Plusieurs dizaines de milliers de militants et de citoyens de tous les pays européens, de tous horizons, de toutes religions, de toutes origines et de toutes couleurs de peau sont décidés à interpeller les pouvoirs publics nationaux et européens, beaucoup trop passifs face à l'urgence de la situation, et surtout à agir concrètement pour faire vivre notre rêve européen d'un continent débarrassé du racisme et de l'antisémitisme.

André Glucksmann le disait bien avant que le printemps arabe ne vienne le montrer à la face du monde avec éclat: s'il y a un conflit de civilisations, ce n'est pas entre le «monde musulman» et l'Occident, mais, au sein de chaque société, et en Europe même, entre les tenants du totalitarisme et ceux de la démocratie. Au sein de ce conflit, notre engagement est clair: l'avenir que nous voulons pour l'Europe, celui que nous construisons déjà aujourd'hui par nos mobilisations communes, celui pour lequel nous nous battons avec enthousiasme et un sentiment de justice, c'est sans conteste un espace démocratique où le racisme n'a pas droit de cité.

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Mitsuko 27/03/2011 17:14



Bonjour Dan,


Je préfère Martin Luther King ..."L'intégration véritable signifie le partage du pouvoir" ...
Franchement, j'aime beaucoup ... Il est disparu trop tôt ce grand monsieur ... J'ai moins d'atomes crochus avec Zeihmour ... Je ne sais pas trop pourquoi mais bon ... question de feeling
peut-être ...


Bonne fin de journée, ensoleillée cet après-midi ...


@bientôt. Bises ...


Mitsuko